Incendies de logements insalubres à Paris en 2005

30 août 2005
02m 10s
Réf. 04587

Notice

Résumé :

Le 29 août 2005, un incendie a ravagé un immeuble délabré rue du Roi-Doré à Paris, dans lequel logeaient des familles immigrées, faisant sept morts. C'est le troisième incendie d'un immeuble parisien insalubre depuis avril 2005.

Date de diffusion :
30 août 2005
Date d'événement :
29 août 2005
Source :
Personnalité(s) :

Contexte historique

Au cours de l'année 2005, plusieurs incendies meurtriers ravagent des immeubles insalubres à Paris. Dans la nuit du 14 au 15 avril 2005, l'hôtel Paris-Opéra est détruit par un incendie. 25 personnes, dont 11 enfants, y trouvent la mort. Par la suite, dans la nuit du 25 au 26 août 2005, 17 personnes, dont 14 enfants, périssent à leur tour dans les flammes d'un immeuble du boulevard Auriol, dans le treizième arrondissement. Enfin, dans la nuit du 29 au 30 août 2005, un nouvel incendie ravage un immeuble parisien, rue du Roi-Doré, dans le troisième arrondissement, provoquant la mort de 7 habitants, dont 3 enfants.

Les victimes de ces trois incendies meurtriers appartiennent pour la plupart à des familles immigrées d'origine africaine, arrivées depuis peu en France. Ces incendies mettent en avant les conditions de vie très précaires de logement des plus démunis et plus particulièrement des immigrés. Les immeubles qui ont brûlé étaient en effet vétustes et les logements insalubres. A la suite des ces événements tragiques, des associations telles que Droit au logement (DAL) dénoncent la pénurie de logements sociaux en France.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Réalisé sur les lieux mêmes du sinistre qui a ravagé un immeuble rue du Roi-Doré à Paris dans la nuit précédente, ce reportage s'attache d'abord à montrer la colère et la vive émotion des rescapés. Certains crient leur indignation, une femme est en pleurs. Plus largement, le sujet s'intéresse à l'état de l'immeuble incendié et aux conditions de logement de ses habitants. Son insalubrité et sa grande vétusté sont ainsi dévoilées à l'aide d'un montage d'images d'archives, filmées en janvier 2004 lors d'un précédent reportage, de plans factuels de la façade délabrée de l'immeuble et de divers témoignages, dont celui d'une habitante dont le visage a été flouté. Le sujet donne ainsi à entendre plusieurs avis dans le but de rassembler le plus grand nombre d'éléments permettant d'expliquer l'incendie de l'immeuble.

Christophe Gracieux

Transcription

David Pujadas
Après l'hôtel Paris Opéra en avril, après le boulevard Vincent Auriol, la semaine dernière, il s'agit donc du troisième drame de ce genre, en quelques mois, ce matin autour de l'immeuble, les nerfs étaient à vifs. Karine Comazzi, Annick Rivoire.
Karine Comazzi
Passé le choc de la matinée, les rescapés laissent éclater leur colère. Dans cette salle surchauffée du Secours populaire, 11 familles attendent un relogement.
Inconnu
Il faut que on arrive à loger décemment tout le monde sans exception.
Karine Comazzi
Trouver les mots pour apaiser, cette voisine est révoltée par le drame. Révoltée mais pas étonnée.
Maria Oufkir
Au quotidien pendant 7 ans, on les voit sortir, puiser de l'eau, été comme hiver dans la rue, 3, 4 fois par jour parce qu'ils n'ont pas d'eau courante.
Karine Comazzi
Voici l'immeuble filmé il y a un an et demi. Murs délabrés, installation électrique sommaire, sans parler des insectes.
Inconnue
Quand je fais la cuisine, souvent, je ne ferme pas et quand tu ne fermes pas les cafards peuvent tomber dedans quand ils tombent dedans tu ne peux plus manger, tu es obligé de jeter.
Karine Comazzi
A l'époque le propriétaire de l'immeuble est un particulier qui cherche en vain à faire expulser les squatters car il ne veut ou ne peut pas faire de réhabilitation.
Jean Sannier
Un propriétaire qui souhaite rénover un appartement, qui souhaite rénover l'ensemble de l'immeuble, qui ne peut le faire, parce que les occupants sont dans le titre, sont maintenus sur place avec des soutiens juridiques récemment importants.
Karine Comazzi
Imbroglio juridique, la mairie finit par obtenir l'expropriation de ce propriétaire qui s'est pourvu en cassation et elle entame une procédure de relogement. L'immeuble était certes considéré comme dangereux, mais pour les services de l'Etat il n'y avait pas de caractère d'extrême urgence.
Rémi Enfrun
Il n'y avait pas de risque d'incendie en tant que tel, c'est-à-dire qu'il n'y avait pas de motif de déclenchement d'un incendie provenant de l'installation électrique par exemple. En revanche, le risque d'incendie pouvait exister comme tout bâtiment utilisé par des familles.
Karine Comazzi
Ce soir, 10 familles dormiront encore dans cet hôtel, elles intégreront demain un logement décent.