L'épidémie de grippe aviaire

20 février 2006
02m 58s
Réf. 04589

Notice

Résumé :

La France est relativement peu touchée par la grippe aviaire. Néanmoins la découverte de quelques oiseaux infectés suscite de vives craintes au sein de la population, dont la confiance à l'égard de la filière agro-alimentaire est entamée.

Date de diffusion :
20 février 2006
Date d'événement :
18 février 2006
Source :

Contexte historique

A partir de décembre 2003 en Asie puis de l'automne 2005 en Europe, l'apparition de la grippe aviaire conduit à l'abattage de très nombreux élevages. Les premiers cas de contamination humaine en Asie font craindre le risque d'une pandémie et suscitent une défiance des consommateurs à l'égard de la filière avicole.

Le virus aviaire H5N1, hautement pathogène, n'est pas nouveau. Il est signalé pour la première fois en 1959 en Ecosse, puis une nouvelle fois en Grande Bretagne en 1991 et à Hong Kong en 1997. Il ressurgit au Vietnam en décembre 2003, puis se propage à travers l'Asie. Dès le 14 janvier 2004, l'Organisation Mondiale de la Santé appelle à la plus grande vigilance. De fait, 23 cas de décès au Vietnam et 12 en Thaïlande sont recensés entre décembre 2003 et la fin de l'année 2004. Afin de circonscrire l'épidémie, des millions de volailles sont abattues.

Très vite alors, émerge la crainte d'une pandémie. Au XXe siècle, 3 épisodes de pandémie grippale ont été recensés: la grippe espagnole en 1918 - 1919 qui provoqua un nombre de décès estimé à 40 millions dans le monde, la grippe asiatique en 1957 - 1958 et la grippe de Hong Kong en 1968 - 1969.

En Europe, les craintes sont avivées par la découverte en juillet 2005 d'un oiseau infecté en Sibérie, un haut lieu de passage des oiseaux migrateurs. Pour autant, la Commission Européenne qui se réunit le 25 août se refuse à adopter une position alarmiste. La France toutefois, à l'image de l'Allemagne, l'Autriche et des Pays Bas, en vertu d'une application stricte du principe de précaution, décide le confinement des volailles dans 26 départements en octobre 2005, puis dans 58 départements en janvier 2006.

Le 18 février 2006, un premier cas de virus H5N1 est confirmé sur un canard trouvé mort dans l'Ain le 13 février. Cette découverte conduit au confinement des volailles sur l'intégralité du territoire français le 15 février, et à l'autorisation, le 28 février de la vaccination préventive des canards et oies des élevages des Landes. Parallèlement, le 23 février, un élevage de volailles de l'Ain est euthanasié en raison de la présence d'un animal infecté. Au total, 62 cas d'oiseaux porteurs du virus H5N1 sont recensés en France au cours de l'année 2006. En 2007, seuls 2 cygnes retrouvés morts en Moselle ont été infectés par le virus.

Ainsi, au total, la France est relativement peu affectée par le virus de la grippe aviaire. Néanmoins, l'angoisse suscitée témoigne de la persistance d'une défiance de la population à l'égard de la filière agro-alimentaire depuis l'épisode de la vache folle. Ainsi, malgré les assurances formulées par les experts de la faiblesse du risque de transmission à l'homme en France, l'inquiétude grandit dans la population et dès l'automne 2005, la consommation de volailles chute de 20 à 30%, fragilisant de ce fait l'intégralité de la filière avicole.

La crise de la grippe aviaire, dont l'ampleur réelle est mesurée, souligne l'importance des peurs alimentaires en France au début des années 2000.

Julie Le Gac

Éclairage média

Ce reportage diffusé le soir de la confirmation du premier cas de grippe aviaire en France s'attache à démontrer que toutes les précautions sont prises par l'Etat pour gérer l'hypothèse d'une crise.

Il rappelle tout d'abord les mesures adoptées par le gouvernement, telles que le confinement des élevages de volailles, l'examen en laboratoire de tout oiseau retrouvé mort, ou encore le projet de vaccination préventive de certaines espèces. Il fait par ailleurs l'inventaire des différentes initiatives prises dans certaines régions, comme l'éloignement des visiteurs du zoo de Mulhouse des oiseaux, ou encore la mise en place au Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse d'une procédure applicable en cas d'arrivée d'un patient infecté par le virus H5N1. Parallèlement, il rappelle que les risques de transmission à l'homme en France sont extrêmement limités.

Ainsi, ce reportage, s'efforce de rassurer les consommateurs, en soulignant l'application très stricte du principe de précaution.

Julie Le Gac

Transcription

Jean-Claude Renaud
Madame, Monsieur, Bonsoir. Il a suffit d'un canard sauvage, infecté par le virus H5N1 et découvert à Joyeux, dans l'Ain, pour que la France adopte des mesures draconiennes pour mettre à l'abri des millions de volailles. Des mesures telles que le confinement, qui perturbe sérieusement toute la filière, mais pas autant que l'effet psychologique produit sur les consommateurs. On fait le point avec Marie-Pierre Cassignard.
Marie-Pierre Cassignard
Un oiseau mort repéré et c'est très vite l'alerte qui est donnée. Ici sur l'étang de Berre, comme dans d'autres régions de France, on prend un maximum de précaution. En cette saison, trouver des cadavres de volatiles est plutôt courant mais précaution oblige, ils seront tous envoyés en laboratoire pour analyse. Les chasseurs participent eux aussi à la surveillance des oiseaux.
Jacques Houart
De leur façon déjà dont ils se comportent, c'est facile de voir s'il est soufrant.
Marie-Pierre Cassignard
Certains zoos ou parcs ornithologiques ont décidé de fermer leurs portes ; d'autres de mettre les oiseaux sous haute surveillance comme ici à Mulhouse. Depuis samedi, on a rajouté des filets de protection, confiné certaines espèces, objectif : protéger les visiteurs.
Pierre Moisson
S'il y a une contamination, ça ne peut se faire que par éternuement ou bien par fiente, et donc plus le public est loin des oiseaux, moins il a de chance d'être contaminé.
Marie-Pierre Cassignard
Les grandes villes se mobilisent également. Ici à Toulouse, ce sont ces vieilles volières que l'on va réhabiliter cette semaine pour y confiner les oiseaux des jardins de la ville. Un central de réception d'appel pour informer les toulousains sur la grippe aviaire a même été créé, déjà une quarantaine d'appels en seulement une journée. Au CHU de Toulouse, on s'organise aussi pour l'éventuelle arrivée d'un patient infecté.
Anne Dec
Il se signale à l'interphone ici, le médecin et l'infirmière sortent, ils font l'interrogatoire et ensuite, si effectivement l'interrogatoire stipule des éléments qui font penser à un cas suspect de grippe aviaire, il est acheminé vers le service des maladies infectieuses de Purpan.
Marie-Pierre Cassignard
A ce jour, aucun cas de transmission du virus de l'animal à l'homme n'a été détecté en Europe. Du côté des éleveurs, comme ici dans les Landes, c'est l'autorisation de vaccination que l'on attend impatiemment. Ce spécialiste d'un fabriquant américain de vaccin sillonne le département pour rencontrer les vétérinaires et leur expliquer les modalités d'injection.
Hervé Le Galludec
Pour être totalement efficace, une primo vaccination à un jour et un rappel à 3 semaines vont permettre une installation de l'immunité très précoce puisqu'on vaccine dès un jour et un maintien dans le temps de l'immunité.
Marie-Pierre Cassignard
Pour l'instant, le Ministère de la Santé annonce un plan de vaccination pour 2000 élevages proches des zones humides de 3 départements Landes, Loire-Atlantique et Vendée. Mais attention, l'autorisation doit venir de Bruxelles, c'est ce mardi que l'on saura si la Commission Européenne donne son feu vert ou non à la vaccination.

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