La crise d'EADS entraîne le remplacement de Noël Forgeard par Louis Gallois

02 juillet 2006
02m 13s
Réf. 04591

Notice

Résumé :

EADS traverse une crise importante à la suite de l'annonce des retards de l'A380 et de la révélation d'une affaire de stocks options impliquant son co-président Noël Forgeard. Ce dernier est remplacé par le président de la SNCF Louis Gallois.

Date de diffusion :
02 juillet 2006
Source :

Contexte historique

Depuis sa création en 1970, le constructeur aéronautique européen Airbus a connu un développement spectaculaire au point de dépasser pour la première fois son concurrent Boeing en 2003. Devenu en 2000 une filiale d'EADS, groupe européen de défense et d'aéronautique né de la fusion des constructeurs français Aérospatiale Matra, allemand Dasa et espagnol Casa, Airbus lance l'A380, plus grand avion de ligne au monde, qui effectue avec succès son premier vol d'essai le 27 avril 2005.

Cette croissance jusque-là sans heurts subit pourtant un net coup d'arrêt en 2006: EADS est frappé par une crise principalement due aux importants retards de fabrication de l'A380. Des problèmes de câblage expliquent en grande partie ces retards. Dès le lendemain de l'annonce de ces retards, faite le 13 juin 2006, le titre d'EADS chute lourdement en bourse. Les actionnaires principaux d'EADS, à savoir Lagardère, DaimlerChrysler et l'Etat français, décident alors de changer la direction d'EADS et de sa filiale Airbus. Le co-président français d'EADS Noël Forgeard, ancien président d'Airbus de 1998 à 2005, est remplacé par le président de la SNCF Louis Gallois, tandis que la direction d'Airbus est confiée à Christian Streiff. En février 2007, Louis Gallois et les nouveaux dirigeants d'EADS mettent en place un plan de restructuration d'Airbus, appelé "Power 8", qui doit permettre de réaliser 5 milliards d'euros d'économies d'ici à 2010. L'objectif du plan est de réduire les coûts provoqués par l'allongement des délais de livraison de l'A380 et par l'investissement nécessaire pour développer le futur avion long-courrier A 350 XWB.

Le plan "Power 8" prévoit la suppression de 10 000 emplois et la vente de plusieurs sites d'Airbus à des équipementiers aéronautiques. EADS a de la sorte décidé en décembre 2007 de céder les sites français de Méaulte et de Saint-Nazaire au groupe Latécoère. Outre une crise industrielle, EADS faite face à un scandale à partir de juin 2006: Noël Forgeard et d'autres hauts dirigeants d'EADS et d'Airbus sont mis en cause dans une affaire de délits d'initiés, qui conduit l'Autorité des marchés financiers et la justice française à ouvrir une enquête. Noël Forgeard a de fait vendu la moitié de ses stock options et en a retiré une plus-value de 2,5 millions d'euros, en mars 2006, soit trois mois avant l'annonce des retards de l'A380, et donc de la chute brutale de l'action.

En outre, des transactions financières impliquant le groupe Lagardère et la Caisse des dépôts et consignations sont jugées suspectes. La Caisse des dépôts et consignations a en effet racheté à Lagardère une partie du capital d'EADS en avril 2006, peu avant l'effondrement du titre du groupe aéronautique européen.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet rend compte du remplacement de Noël Forgeard par Louis Gallois à la tête d'EADS, annoncé le jour même. Adoptant la forme usuelle des reportages consacrés aux changements à la tête d'entreprises ou de ministères, il se découpe en deux parties: la première est centrée sur le démissionnaire, Noël Forgeard, et la seconde sur le nouveau PDG, Louis Gallois. Outre l'insertion de témoignages du ministre de l'Economie et des Finances Thierry Breton et d'un délégué syndical, le sujet se compose en grande partie d'un montage d'images d'archives. Celles-ci sont exclusivement utilisées comme illustrations des commentaires de la journaliste, tels que les plans des usines d'Airbus, du bâtiment de l'Autorité des marchés financiers ou de l'A380.

Par ailleurs, des images infographiques sont également insérées pour expliquer les répercussions en chaîne du remplacement de Noël Forgeard par Louis Gallois. C'est là aussi un procédé fréquemment utilisé dans les sujets consacrés aux changements de dirigeants politiques ou de chefs d'entreprises.

Christophe Gracieux

Transcription

Béatrice Schönberg
EADS prend les grands moyens pour face à la crise que traverse le groupe depuis l'annonce des retards de l'A380 et c'est le grand chambardement à la tête du groupe. Noël Forgeard démissionne, embarrassé par l'affaire des stocks option, il choisit de partir tout comme le président d'Airbus. Parmi les entrants Louis Gallois, patron de la SNCF, qui devient le co-président français du groupe, il retrouve l'aéronautique, un domaine qu'il connaît bien. Séverine Lebrun, Emmanuel Lambert.
Séverine Lebrun
Il disait encore il y a quelques jours qu'il ne démissionnerait pas. Noël Forgeard, co-président d'EADS a finalement quitté son poste. En cause, deux épisodes qui ont plongé son entreprise dans la crise. Mi-juin, Airbus annonce des retards de 6 à 7 mois dans la livraison de l'A380. Aussitôt, le titre plonge en bourse et perd plus d'un quart de sa valeur en une seule journée. Le lendemain, on apprend que Noël Forgeard avait vendu trois mois plus tôt plus de 150000 titres pour une plus value de 2 millions et demi d'euros. Y a-t-il eu délit d'initié, une enquête est en cours. En tout cas pour sortir EADS de la crise, il fallait qu'il parte.
Thierry Breton
Il y avait évidemment des problèmes, qui ont été mis sur la table. Ils vont être réglés, il y a maintenant une nouvelle équipe pour l'assumer.
Séverine Lebrun
C'est le jeu des chaises musicales, Noël Forgeard quitte EADS. Il est remplacé par Louis Gallois, l'actuel président de la SNCF. Anne Marie Idrac, patronne de la RATP lui succède, enfin c'est Pierre Mongin, Directeur de cabinet du Premier Ministre qui dirigera la RATP. L'arrivée de l'emblématique Louis Gallois à la tête d'AEDS marque la volonté du changement. A la SNCF, il a la réputation d'un homme rigoureux, soucieux du dialogue. Chez Airbus, on attend surtout de lui qu'il agisse au plus vite.
Jean-François Knepper
Je pense que ce changement était peut-être nécessaire pour qu'on dépasse cette crise médiatique et qu'on en arrive enfin à régler nos problèmes industriels. Parce que au bout du bout, ce qui est important, c'est de surmonter nos problèmes industriels sur le programme A380, c'est ça qui compte.
Séverine Lebrun
Faute de pouvoir accélérer la livraison des A380, ces nominations devraient au moins sortir l'entreprise de la tempête médiatique.

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