L'entrée en vigueur du protocole de Kyoto

16 février 2005
01m 35s
Réf. 04604

Notice

Résumé :

Le protocole de Kyoto prévoit la réduction de plus de 5% des émissions de six gaz à effet de serre pour les pays industrialisés. Insuffisant, cet accord constitue le premier pas d'une politique globale de lutte contre le réchauffement climatique

Date de diffusion :
16 février 2005
Source :

Contexte historique

La communauté internationale prend progressivement conscience du réchauffement climatique de la planète et de la nécessité d'une action internationale globale. A cet égard, la conférence de Kyoto qui réunit 159 pays en décembre 1997, constitue une avancée majeure. En effet, le protocole signé à Kyoto prévoit à l'horizon de 2012 une réduction moyenne de 5,2% de l'émission des six principaux gaz à effet de serre pour les pays industrialisés. A l'inverse, il ne fixe pas d'objectifs pour les pays en voie de développement, mais propose le financement de mécanismes de développement propre.

Les limites de l'accord sont patentes. Les objectifs fixés sont faibles, un tiers seulement des émissions mondiales sont couvertes par l'accord et les principaux émetteurs ne sont pas soumis à l'accord ou ne l'ont pas ratifié (Etats-Unis, Chine et Inde). Toutefois, il constitue un premier pas essentiel. L'action de l'Europe permet en effet de démontrer la possibilité de mettre en place une politique climatique globale.

Depuis, la prise de conscience du réchauffement climatique s'est accrue. Le rapport Stern fourni au gouvernement britannique en novembre 2006 et le 4ème rapport du groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat publié en février 2007 attestent à la fois de l'existence d'un réchauffement climatique et de son imputabilité aux activités humaines. Les experts estiment en outre que pour limiter le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius, l'humanité doit diviser par 2 ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050, ce qui implique une division par 3 ou 4 pour les pays développés, les pays émergents étant quant à eux censés stabiliser leurs émissions. En 2003, Jacques Chirac, président français, s'est engagé à diviser par 4 les émissions nationales de gaz à effet de serre d'ici à 2050.

Parallèlement, l'action collective se renforce. La conférence de Montréal en 2005 et celle de Nairobi en 2007 réaffirment la nécessité d'un processus global de lutte contre le changement climatique. La communauté internationale réunie à Bali en décembre 2007 négocie la fixation de nouveaux objectifs, au delà de 2012, date limite d'application du protocole de Kyoto. Elle s'interroge également sur une plus grande implication des pays en voie de développement. Si l'objectif de croissance, reste toujours considéré comme prioritaire, ces derniers, plus vulnérables encore que les pays développés, seront en effet très concernés par les conséquences économiques et humaines du réchauffement climatique.

Julie Le Gac

Éclairage média

Ce reportage, diffusé lors du journal télévisé de 20 heures de France 2, s'efforce, le jour de son entrée en vigueur, le 16 février 2005, d'expliquer le principe du protocole de Kyoto.

De prime abord, un artifice rhétorique souligne la méconnaissance des accords de Kyoto par le grand public.

Dès lors, ce reportage, s'attache de manière très pédagogique, par le biais de l'insertion d'incrustations et de graphiques, à présenter les principes et enjeux du protocole signé en 1997. Ainsi, un planisphère animé distingue de manière claire quels sont les pays ayant ratifié le protocole, ceux l'ayant signé sans l'acceptation de sanctions, et ceux ayant refusé de le signer.

Parallèlement, des gros plans récurrents sur des fumées d'usines mettent en lumière le rôle prépondérant de l'activité industrielle dans l'émission de gaz à effet de serre. Néanmoins, la référence au rejet de méthane par les vaches, à vocation comique, tend à dédramatiser la question du réchauffement climatique, ainsi qu'à limiter la responsabilité des activités humaines.

Ce reportage, par ailleurs, ne s'intéresse absolument pas aux effets du réchauffement climatique. Aucune image n'est consacrée à la fonte des glaciers ou à l'élévation du niveau des eaux. En ce sens, la question du réchauffement climatique demeure abstraite. A l'inverse, plus récemment, des documentaires réalisés par l'ancien vice président américain Al Gore en 2006 ou encore par l'acteur écologiste Léonardo di Caprio en 2008, présentent de manière catastrophiste les conséquences désastreuses des activités humaines sur le climat. Depuis 2005, la prise de conscience des dangers liés au réchauffement climatique s'est en effet profondément accrue.

Julie Le Gac

Transcription

David Pujadas
L'environnement avec l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto, signé il y a 8 ans , il devient applicable aujourd'hui même, il s'agit, vous le savez, de réduire les émissions de gaz à effet de serre, qui expliquent en partie le réchauffement de la planète ; les explications d'abord de Frédéric Monteil et Laurent Dy.
Frédéric Monteil
Kyoto, un million et demi d'habitants, des temples en pagaille et surtout, un protocole international signé en 1997 par 38 pays industrialisés. Vous savez ce que c'est le protocole de Kyoto ?
Inconnu
Non. Il faut le savoir ?
Frédéric Monteil
Eh oui ce serait mieux de savoir ce que dit le protocole de Kyoto car il nous concerne tous. Le texte impose une réduction des émissions de gaz à effet de serre d'environ 5% d'ici 2012. Mais depuis 1990, les rejets de CO2 de l'Europe - en bleu - et des Etats-Unis - en rouge - augmentent, la baisse espérée semble utopique. Mais au fait, les gazs à effet de serre qu'est-ce que c'est ? Kyoto en compte 6, le plus courant, le dioxyde de carbone est émis par les voitures, les usines ou les centrales thermiques mais il y a aussi du méthane dégagé entre autres par les vaches. Qui a signé le protocole ?
Inconnue
Il y a des pays qui sont d'accord, pas d'accord mais c'est tout.
Frédéric Monteil
Tout le problème est là. 141 pays ont signé mais seulement 30 s'engagent à réduire leur émission. Les Etats-Unis, principal pollueur de la planète, et l'Australie, refusent l'accord jugé trop contraignant. D'autres comme la Chine, l'Inde ou le Brésil ont ratifié mais sans obligation de résultat. Pour l'instant, aucune sanction financière n'est prévue en cas de non respect du texte.

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