Les dons aux pays d'Asie du Sud-Est dévastés par le tsunami

03 mars 2005
02m 47s
Réf. 04606

Notice

Résumé :

A la suite du tsunami qui a ravagé de nombreux pays d'Asie du Sud-Est le 26 décembre 2004, des dons très importants ont été récoltés. Leur coordination et leur utilisation pour la reconstruction des pays dévastés soulèvent de nombreuses difficultés.

Date de diffusion :
03 mars 2005
Date d'événement :
26 décembre 2004
Source :

Contexte historique

Le 26 décembre 2004, plusieurs pays d'Asie du Sud-Est sont ravagés par une immense catastrophe naturelle: un tsunami, provoqué par un séisme sous-marin d'une intensité de 9 sur l'échelle de Richter survenu au large de l'île indonésienne de Sumatra, dévaste les côtes de l'Indonésie, du Sri Lanka, de la Thaïlande, des Maldives, de la Malaisie et de l'Inde. Les vagues géantes emportent tout sur leur passage et détruisent des centaines de milliers d'habitations et d'infrastructures.

Au total, ce tsunami entraîne la mort d'environ 230 000 personnes, tandis que plus de 2 millions de personnes se retrouvent sans-abri. La région la plus meurtrie est la province d'Atjeh en Indonésie, dans laquelle 169 000 personnes ont péri ou disparu. Dans les jours suivant ce gigantesque raz-de-marée, un élan de solidarité internationale sans précédent se met en place, facilité par une médiatisation exceptionnelle: de nombreuses initiatives gouvernementales ou privées voient rapidement le jour.

Les contributions versées par les particuliers ont été si élevées que Médecins sans frontières a par exemple décidé de suspendre un temps sa collecte de dons, ce qui a suscité la critique de la plupart des autres organisations non-gouvernementales. 13,6 milliards de dollars de dons sont ainsi réunis dans l'année qui suit le tsunami par l'ONU, les Etats, la Croix-Rouge et les différentes ONG. L'argent collecté a prioritairement été affecté à l'aide des sinistrés, puis dans un second temps à la reconstruction des habitations et des équipements dans les régions détruites par le tsunami. En outre, un système d'alerte aux tsunamis dans l'Océan Indien a été créé en juin 2005.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet diffusé un peu plus de deux mois après le tsunami du 26 décembre 2004 traite bien davantage de la récolte des dons récoltés par les organisations humanitaires et différentes associations en France que de leur utilisation dans les pays frappés par la catastrophe. Il ne montre ainsi que très peu d'images de l'état et de la reconstruction des régions d'Asie du Sud-Est dévastées. Son parti pris est de recueillir une série de témoignages auprès de responsables officiels ou de membres d'ONG. Seules quelques images d'archives placées en ouverture du reportage montrent le tsunami.

Ces plans ont été réalisés par des amateurs, comme la quasi totalité des documents sur la catastrophe qui ont été présentés par les chaînes de télévision. A partir du 26 décembre 2004, et ceci pendant deux jours, avant que leurs envoyés spéciaux ne parviennent sur place, elles ont en effet diffusé massivement dans les journaux télévisés des images filmées par des touristes. Comme lors des attentats du 11 septembre contre le World Trade Center à New York, les images d'amateurs ont donc constitué la première source de la couverture médiatique du tsunami. Dans la majorité des cas, ce sont les journalistes des agences de presse qui ont pris contact sur place avec les touristes rescapés pour récupérer leurs films et qui les ont ensuite proposé aux médias internationaux.

Le tsunami d'Asie du Sud-Est a par ailleurs été l'objet d'une très importante médiatisation, due à l'ampleur de la catastrophe mais aussi à la présence sur place de nombreux touristes occidentaux. Les médias français y ont ainsi consacré une couverture exceptionnelle. Des équipes d'envoyés spéciaux ont été dépêchées sur tous les lieux sinistrés par le raz-de-marée. Dans les deux semaines qui l'ont suivie, la catastrophe a de la sorte occupé une très large place dans les journaux télévisés et de nombreuses émissions spéciales lui ont été consacrées. La médiatisation de ce drame explique en grande partie l'importance sans précédent des dons versés par les particuliers en faveur des pays sinistrés.

Christophe Gracieux

Transcription

Carole Gaessler
L'occasion pour nous de faire un point sur la situation dans ces pays touchés par le raz de marée. L'ONU estime aujourd'hui qu'il faudra 10 ans pour les reconstruire. 6 milliards d'euros ont été récoltés à travers le monde, dont 300 millions en France. Face à cet élan de générosité, des associations ont même dû stopper leurs appels aux don. Une petite partie de cet argent a déja servi à l'aide d'urgence. Le reste sera utilisé pour des actions à plus long terme. Loïc de la Mornais, Jean Yves Blanc.
Loïc Mornais (de la)
Mais ce sont les dons privés qui sont les plus élévés, 220 millions spontanément donnés par les français. Au total près de 300 millions d'euros récoltés, l'équivalent de 3 téléthons. Devant pareille somme, les organisations humanitaires vont régulièrement vérifer sur le terrain l'utilisation de cet argent.
François Charhon
J'ai vu des dizaines d'équipe au travail et donc je peux garantir que l'argent est utilisé à des choses très pratiques, très concrètes de tous les jours.
Loïc Mornais (de la)
Mais l'argent ne peut pas acheter le temps. La phase d'urgence passée, la reconstruction sera très longue. Comme ici au Sri Lanka, un pays où comme partout ailleurs, il y a des règles à respecter, des appels d'offre, des lois d'urbanisme. Et ce n'est pas la seule difficulté.
Jean-Claude Mallet
La grande difficulté, et je crois qu'il ne faut pas se la cacher, c'est qu'il y a énormément d'organisations, énormément d'organismes, d'associations, d'organisations internationales et que la mise en place - je dirais - l'organisation de cette myriade d'interlocuteurs pour les Etats prend également un certain temps parce qu'il faut bien organiser l'aide.
Loïc Mornais (de la)
Justement, à coté des grandes organisations humanitaires, aux réseaux bien rodés, les petites associations s'inquiètent : Est ce que toute l'aide envoyée parvient bien à destination ? Ces pêcheurs marseillais doivent prochainement réexpédier des filets de pêche, mais ils ont été un peu refroidis par leur premier envoi.
Mourad Kahoul
Mon souci aujourd'hui, il ne faudrait pas que cela se passe comme la première fois, que ça reste sous douane, que ça soit pillé sur les quais ou au service frêt et que le pêcheur qui est vraiment dans le besoin ne verra jamais la couleur. Ou alors ca devient un marché parallèle, ça risque d'être revendu.
Loïc Mornais (de la)
D'autres associations tirent la sonnette d'alarme.
Jean-Pierre Tabary
Aujourd'hui, plus d'une centaine de containers sont bloqués dans le port de Colombo. Imaginez qu'il y a peut être encore une centaine de containers en mer. Il faudra des mois et des mois pour aller vérifier cette marchandise. Il y a peut être derrière tout ça des problèmes qui m'échappent.
Loïc Mornais (de la)
Pour couronner le tout, des droits de douane élevés pourraient prochainement taxer les marchandises humanitaires. Dernière question : Que faire de l'argent inutilisé ? Médecins Sans Frontières, par exemple,a reçu trois fois plus que nécessaire, avec d'autres, l'organisation va demander à ses donateurs l'autorisation de réaffecter leurs dons.
Anne Avril
Si on dépensait cet argent par exemple, pour des programmes en faveur des malades du Sida où on a besoin cruellement de fonds sans consulter les donateurs, ce ne serait pas très juste, pas très honnête de notre part.
Loïc Mornais (de la)
L'argent du tsunami servira donc en partie à d'autres causes humanitaires.

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