Attentats islamistes à Londres le 7 juillet 2005

09 juillet 2005
01m 39s
Réf. 04608

Notice

Résumé :

Témoignages de Londoniens rendant hommage aux victimes des attentats du 7 juillet 2005 à la station de métro de King's Cross.

Date de diffusion :
09 juillet 2005
Date d'événement :
07 juillet 2005
Source :
(Collection: 13 heures le journal )

Contexte historique

Le 7 juillet 2005, au lendemain de l'attribution à Londres de l'organisation des Jeux Olympiques d'été de 2012, la capitale britannique est frappée par une série d'attentats islamistes. Des attentats suicides sont ainsi commis dans trois rames de métro et un autobus vers 9 heures, faisant 58 morts et des centaines de blessés.

La piste d'Al-Qaida est immédiatement retenue, le mode opératoire rappelant notamment celui utilisé à Madrid le 11 mars 2004 contre des trains de banlieue. Un mouvement inconnu, "Organisation secrète du djihad d'Al-Qaida en Europe", revendique du reste les attentats. La police identifie rapidement les quatre kamikazes qui ont fait exploser une bombe: ce sont de jeunes islamistes de nationalité britannique et d'origine pakistanaise. Le 21 juillet 2005, une nouvelle tentative d'attentats a lieu dans le métro de Londres, mais les seules victimes sont les terroristes porteurs des bombes. Jusque-là, le Royaume-Uni avait été épargné par le terrorisme islamiste, en dépit de son engagement en Irak aux côtés des Etats-Unis depuis 2003 et de la présence sur son territoire d'islamistes extrémistes.

Un peu plus d'un an après avoir frappé Madrid, le 11 mars 2004, Al-Qaida montre ainsi de nouveau sa capacité à agir en Europe, après avoir commis de nombreux attentats dans le monde depuis les attentats contre le World Trade Center à New York le 11 septembre 2001. L'opinion britannique fut surprise de découvrir que son modèle communautariste libéral n'avait pas préservé le pays d'être à son tour atteint par le terrorisme islamiste, et que de jeunes gens britanniques d'origine pakistanaise avaient pu être séduits par l'idéologie d'Al-Qaida.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce bref sujet réalisé deux jours après les attentats qui ont touché la capitale britannique s'intéresse aux réactions des Londoniens. Il passe ainsi sous silence l'enquête de Scotland Yard sur les responsables des attentats, que seules les sirènes de voitures de police laissent deviner. De même, il ne montre aucune image des dégâts provoqués par les explosions. Le reportage s'emploie en fait par le recours à des interviews à montrer à la fois l'hommage rendu par les Londoniens aux victimes des attentats et leur stoïcisme face aux événements. Le journaliste compare même leur attitude avec celle des habitants de Londres au cours du Blitz durant la Seconde Guerre mondiale. Cette comparaison, évoquée par de nombreux commentaires dans les jours suivant les attentats, apparaît totalement disproportionnée. Le sujet permet par ailleurs de se rendre compte de la couverture des attentats par les chaînes de télévision internationales : à l'instar l'équipe de France 2, des envoyés spéciaux de toutes nationalités réalisent un reportage devant King's Cross Station.

Christophe Gracieux

Transcription

Béatrice Schönberg
A présent sur l'un des lieux touchés par les attentats, à King's Cross Station, où a explosé la deuxième bombe, des fleurs ont été déposées en hommage aux victimes. Yann Fronty, Dominique Marotel.
Yann Fronty
C'est devenu un lieu de recueillement et de souvenir. Certains y ont déposé des bougies, des bouquets, des journaux ou encore des poèmes écrits à la hâte. Il y a deux jours, l'une des bombes a explosé dans cette station de métro au coeur de Londres. 21 personnes y ont trouvé la mort. Aujourd'hui, le drapeau est en berne. La gare est de nouveau ouverte et les voyageurs n'oublient pas ce qui s'est passé là.
Inconnue
J'ai trouvé que c'était vraiment important d'être là, de faire un geste, rien de plus. Au nom de ma famille, de mes proches, d'avoir une pensée pour les victimes, c'est horrible ce qui s'est passé là.
Yann Fronty
Ce matin, King's Cross station est devenue le lieu de rendez-vous de toute la presse internationale. Au milieu de la cohue des caméras, ce père de famille a tenu à se déplacer avec sa jeune fille.
Inconnu
C'est tellement triste tous ces gens qui sont morts. Je voulais laisser des fleurs, tout simplement.
Yann Fronty
A quelques mètres de là, la ligne de bus numéro 30 a repris du service. Elle aussi a été visée par les terroristes, mais les voyageurs sont de retour.
Inconnue 2
On ne s'arrête pas comme ça. Il faut continuer à croire à la vie.
Yann Fronty
Ce matin, tous les commentateurs soulignent le caractère stoïque dont ont fait preuve les britanniques face aux attentats, un état d'esprit qui n'est pas sans rappeler celui du blitz lors des bombardements sur Londres durant la seconde guerre mondiale ; hasard du calendrier, c'est demain que seront commémorés ces évènements lors de cérémonies officielles.