Les ravages du cyclone Katrina

14 septembre 2005
02m 39s
Réf. 04610

Notice

Résumé :

Le cyclone Katrina, survenu le 30 août 2005, a dévasté la Louisiane et le Mississipi. Biloxi, dans le Mississippi, est en ruines. Le bilan des victimes demeure très incertain.

Date de diffusion :
14 septembre 2005
Date d'événement :
29 août 2005
Source :
(Collection: 13 heures le journal )

Contexte historique

Le 29 août 2005, le cyclone Katrina dévaste plusieurs Etats du Sud des Etats-Unis, et plus particulièrement la Louisiane et le Mississippi. D'une ampleur exceptionnelle, il ravage La Nouvelle-Orléans. Le lendemain du passage de Katrina, la ville est en outre très largement inondée en raison de la rupture des digues qui la protègent. Les autorités, aussi bien celles de la municipalité que l'Agence fédérale chargée des secours d'urgence, ont grandement tardé à prendre la mesure de la catastrophe. En effet, alors que la violence du cyclone était prévue, aucune mesure d'évacuation collective n'avait été envisagée. Et, après le passage de Katrina et la rupture des digues, les secours ne sont arrivés sur les lieux dévastés qu'avec un grand retard et dans une totale désorganisation. Les habitants qui n'avaient pu quitter La Nouvelle-Orléans étaient pourtant démunis de tout, privés d'électricité et d'eau potable.

Le président George W. Bush a particulièrement été critiqué pour son manque de réactivité: il s'est dans un premier temps contenté de survoler le 31 août 2005 les zones dévastées et de faire mobiliser la Garde nationale américaine pour empêcher les pillages et rétablir l'ordre. Après avoir refusé le 2 septembre l'aide proposée par de nombreux pays, le gouvernement américain change d'avis le lendemain et l'accepte. La Nouvelle-Orléans est finalement entièrement évacuée le 3 septembre par un pont aérien. Un bilan officiel publié un an après le passage de Katrina a fait état de plus de 1 400 victimes en Louisiane.

Hormis le nombre des victimes et l'ampleur des dévastations, c'est surtout la désorganisation totale des secours et le grand retard de l'évacuation des habitants de La Nouvelle-Orléans qui a frappé l'opinion américaine et internationale dans cette catastrophe. Ceci d'autant plus que la plupart des victimes étaient des Noirs vivant sous le seuil de pauvreté.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet a été réalisé par des envoyés spéciaux de France 2 à Biloxi, dans l'Etat du Mississippi, deux semaines après le passage de l'ouragan Katrina. Il s'attache à montrer l'ampleur de la catastrophe par de nombreuses images de maisons totalement détruites et de décombres éparpillées dans les rues. Il propose notamment un rapprochement saisissant entre un plan de ruines d'un complexe d'appartements et un autre d'un bâtiment identique encore debout de l'autre côté de la rue.

Hormis la diffusion de ces images frappantes, le reportage est centré sur le problème de l'évaluation du nombre de victimes. Didactique, il donne à entendre différents témoignages sur cette question. Toutefois, aucun membre des services fédéraux, pourtant directement concernés puisque mis en cause par une grande partie de la population, n'a été interrogé par les envoyés spéciaux de France 2. Il manque donc un point de vue essentiel pour saisir l'ensemble des aspects de la polémique déclenchée au sujet du recensement des victimes du cyclone Katrina.

Christophe Gracieux

Transcription

Elise Lucet
Cette inefficacité des services fédéraux explique en grande partie la difficulté de comptage des victimes, d'autant que l'eau qui a submergé de nombreux quartiers est en cours de pompage et que les opérations prennent beaucoup de temps. Reportage de nos envoyés spéciaux : Claude Sempère et Philippe Jasselin.
Claude Sempère
Des croix rouges sur les maisons, le signe du passage des équipes de secours, le chiffre 0 en bas signifie aucun mort découvert. Sur toute la côte de la Louisiane et du Mississipi, sur des kilomètres, les équipes de secours ont déjà fouillé des milliers d'habitation. Parfois ils ont inscrit sur l'une d'entre elles le niveau de l'eau le jour de l'ouragan. Le bilan des morts ne cesse d'augmenter, 513 hier après midi, 657 cette nuit, mais toute une partie de la population ne croit plus aujourd'hui en ces chiffres.
Inconnue
Ils ne savent pas combien il y a de morts, il y en a sûrement beaucoup, mais ils nous disent rien. Moi je ne retrouve pas certains de mes amis, il y en a qui manquent.
Claude Sempère
Vous pensez qu'on ne vous dit pas la vérité ?
Inconnue
Ils ne nous diront jamais la vérité même quand la situation sera normale.
Claude Sempère
Côté autorités, côté médecins, on comprend ces reproches d'une partie des victimes, mais on affirme qu'il n'y a aucune volonté de cacher la vérité.
Médecin
La zone touchée est immense. Les autorités ne connaissent pas le bilan final, toutes les équipes de recherche avancent jour après jour, maison après maison.
Claude Sempère
Dans la ville de Belovesea, au Mississipi, les pelleteuses sont presque partout entrées en action. On ne voit plus aucune équipe spécialisée dans la recherche des corps. En ville, les rumeurs les plus folles ont couru sur le nombre des morts. Ici par exemple, au numéro 1382 de la rue Saint Charles, existait un complexe d'appartements identique à celui-ci.
Inconnue 2
La mer a balayé tous les appartements ici, jusqu'à l'autre côté de la rue. Tout est parti. Il y a une rumeur selon laquelle il y a eu 30 morts ici, mais en fait, il n'y en a eu que 8.
Claude Sempère
De toute évidence il faudra des semaines voire des mois avant d'obtenir un bilan définitif. Tant qu'il y aura de l'eau à la Nouvelle Orléans et des zones non explorées, il sera impossible d'avancer un décompte précis. Aujourd'hui, en tout cas les autorités semblent avoir une vision plus claire de la catastrophe et plus personne n'évoque aujourd'hui, comme au début, la possibilité d'avoir un bilan proche des 10000 morts.