Romano Prodi remporte les élections législatives italiennes de 2006

11 avril 2006
02m 44s
Réf. 04613

Notice

Résumé :

Après vingt-quatre heures d'incertitude, les résultats des élections législatives italiennes des 9 et 10 avril 2006 sont proclamés: la coalition de centre gauche dirigée par Romano Prodi devance de justesse la droite menée par Silvio Berlusconi.

Date de diffusion :
11 avril 2006
Date d'événement :
10 avril 2006
Source :
Lieux :

Contexte historique

Les élections législatives qui se sont déroulées en Italie les 9 et 10 avril 2006, à l'issue de cinq années de gouvernement dirigé par l'homme d'affaires et président du parti Forza Italia Silvio Berlusconi, ont été l'un des scrutins les plus serrés de l'histoire de la péninsule italienne depuis 1945. Elles ont vu s'affronter la Maison des libertés, alliance de droite conduite par Silvio Berlusconi, et l'Unione, coalition de centre gauche dirigée par Romano Prodi, chef du gouvernement italien de 1996 à 1998 et président de la Commission européenne de 1999 à 2004, qui avait été désigné comme candidat de toute la gauche lors de primaires organisées en octobre 2005.

Les résultats du scrutin demeurent longtemps incertains. En dépit d'une victoire de l'Unione annoncé dans les sondages de sortie des urnes, l'écart entre les deux camps ne cesse de se réduire au fil des dépouillements des bulletins de vote. Finalement, la coalition conduite par Romano Prodi devance celle de Silvio Berlusconi de seulement quelque 25 000 voix, soit 49,81% contre 49,74% des suffrages. La prime à la majorité donne toutefois 340 sièges à la Chambre des députés à l'Unione contre 277 à la Maison des libertés.

La coalition de Romano Prodi remporte également de justesse la majorité au Sénat avec 158 sièges contre 156. Malgré la confirmation des résultats définitifs des élections législatives prononcée le 19 avril par la Cour de cassation italienne, Silvio Berlusconi refuse d'accepter ce résultat et de reconnaître sa défaite. Le 17 mai 2006, Romano Prodi devient président du Conseil. Il ne dispose toutefois pas d'une majorité claire pour gouverner. Mis en minorité au Sénat sur les orientations de sa politique étrangère, il remet ainsi dès le 21 février 2007 la démission de son gouvernement au président de la République, Giorgio Napolitano. Cependant, ce dernier la refuse et lui demande de présenter un nouveau gouvernement devant le Parlement. Prodi obtient de nouveau la confiance des parlementaires mais sa marge de manoeuvre demeure très étroite.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Composé d'une alternance d'images factuelles et d'interviews, ce reportage traite des résultats des élections législatives qui se sont déroulées la veille en Italie. Il propose ainsi des plans habituels de soirées électorales, telles que celles des partisans de l'Unione dans l'attente des résultats. Autres images classiques : celles de la liesse des supporters du camp victorieux, en l'occurrence le centre gauche.

Par-delà ces scènes classiques des soirées électorales, le sujet s'emploie surtout à montrer la confusion provoquée par l'incertitude sur le résultat définitif du scrutin, ainsi que la profonde division de l'Italie en deux. De manière significative, des extraits d'une allocution de Romano Prodi évoquant sa victoire devant la presse puis devant des journalistes français, et d'une déclaration de Silvio Berlusconi refusant de reconnaître sa défaite sont juxtaposés.

Christophe Gracieux

Transcription

David Pujadas
L'Italie a eu chaud, l'Italie a vécu dans la confusion et les volte-faces pendant plus de vingt quatre heures, et ce n'est peut être pas tout à fait terminé, les résultats officiels viennent de tomber, ils donnent Romano Prodi, vainqueur d'extrême justesse dans les deux assemblées. Quelques minutes plus tard, Sylvio Berlusconi est apparu pour la première fois, il ne reconnaît pas sa défaite. A Rome, Gérard Grizbec, Karine Guillaumain.
Gérard Grizbec
Ce matin Romano Prodi annonçait qu'il avait gagné les élections à l'Assemblée nationale et au Sénat, mais il ne niait pas la difficulté de sa tâche avec une majorité si faible.
Romano Prodi
Toute la campagne électorale a donné le visage de l'Italie très, très divisée, mais nous avons gagné.
Gérard Grizbec
Il y a une heure à peine, Sylvio Belusconi s'exprimait pour la première fois depuis les élections.
Silvio Berlusconi
Nous n'hésiterons pas à reconnaître la victoire politique de l'adversaire, mais seulement après la procédure légale de vérification ; maintenant personne ne peut dire qui a gagné.
Gérard Grizbec
Aujourd'hui les italiens semblaient conscients de la confusion créée par ce scrutin. Je suis très inquiet nous dit cet homme car un pays coupé en deux n'est utile pour personne. C'est l'aboutissement d'une longue nuit où les sondages ont d'abord donné Romano Prodi vainqueur puis vaincu puis encore vainqueur ; un suspens qui a usé les nerfs des partisans des deux camps. Ceux du centre gauche sont restés toute la nuit mobilisés devant le siège de leur leader.
Inconnu
On pensait qu'il allait gagner largement et maintenant on espère qu'il fera au moins jeu égal.
Inconnue
Les informations changent de minute en minute et donnent une angoisse terrible, vraiment terrible.
Gérard Grizbec
Ceux du centre droit se sont peu mobilisés, il faut dire que les premiers sondages ne leur laissaient aucune chance. Le siège du parti de Silvio Berlusconi est resté presque vide toute la nuit.
Inconnu 2
Il faut attendre, tout montre que le pays est divisé en deux.
Gérard Grizbec
A trois heures du matin Romano Prodi prend la parole, entouré des principaux leaders de sa coalition.
Romano Prodi
Chers amis, nous avons gagné, maintenant il faut commencer à travailler. Il annonce donc que le centre gauche a gagné la majorité à l'assemblée nationale, mais l'autre camp conteste la victoire.
David Pujadas
Pour être précis voici les chiffres tels qu'ils ont été donnés il y a quelques instants par le ministère de l'intérieur italien, à gauche la chambre des députés : 49,8% pour Romano Prodi, c'est en rouge, 49,7 pour Sylvio Berlusconi, en bleu, il n'y a donc que 0,1% entre les deux coalitions ; à droite le Sénat et cette fois c'est l'écart en siège, vous le voyez, qui est minime, 158 contre 156.