La multiplication des attentats en Irak

04 février 2007
01m 58s
Réf. 04617

Notice

Résumé :

Quatre ans après le début des hostilités en Irak, les attentats et les affrontements entre communautés forment le quotidien de la population. Les Etats Unis, qui ne parviennent pas à éradiquer le terrorisme, accusent la Syrie.

Date de diffusion :
04 février 2007
Source :
France 2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

Alors que les Américains ont conquis Bagdad en moins de 3 semaines en avril 2003, 4 ans après, ils doivent à nouveau s'y battre pour tenter de pacifier la capitale irakienne, sous la menace permanente d'attentats, et d'une guerre civile.

En mars 2007, le secrétaire à la défense américain, Robert Gates estime la formule de guerre civile trop réductrice et préfère analyser la situation en Irak sous le prisme de 4 guerres se déroulant en même temps. La première et la plus ancienne est celle qui oppose les Américains à l'insurrection sunnite, depuis les semaines qui suivent la chute de Bagdad en avril 2003. Afin de renforcer leur position, les Américains créent, arment et entraînent une police irakienne, chargée de lutter contre la guérilla sunnite. Ce faisant, ils précipitent le deuxième conflit, celui opposant la minorité sunnite qui supporte difficilement de perdre sa séculaire domination, à la majorité chiite. La destruction en février 2005 de la Mosquée d'or, l'un des 4 grands lieux saints chiites d'Irak avive la guerre civile dans toutes les provinces mixtes du pays, et en particulier à Bagdad. Le 3ème conflit demeure à l'état latent et oppose entre elles les différentes factions chiites, avec notamment l'essor de l'Armée du Mahdi du jeune chef nationaliste Moqtada al-Sadr. Enfin, la 4ème guerre en Irak est celle menée par al-Qaida qui fait de l'Irak son principal terrain d'opérations. La mort d'Abou Moussad al-Zarqaoui n'a pas freiné la vigueur de l'organisation.

Parallèlement, les Etats Unis, confrontés à des attentats permanents, accusent la Syrie de tolérer sur son territoire des bases et des mouvements d'insurgés irakiens et de contrôler trop mollement sa frontière pour prévenir les incursions en territoire irakien. Le président Al-Assad dément ces accusations et invoque pour sa défense, l'immensité de la frontière syro-irakienne et son caractère désertique.

Le bilan des quatre premières années de la guerre est lourd : l'Armée américaine déplore près de 4 000 morts et 24 000 mutilés tandis que plus de 200 000 civils Irakiens ont été tués. Surtout, malgré l'augmentation des forces américaines en février 2007, les Etats Unis semblent totalement impuissants à faire respecter l'ordre et à empêcher la progression des attentats.

Julie Le Gac

Éclairage média

Au lendemain d'un attentat particulièrement meurtrier le 3 février 2007, ce document diffusé lors du journal télévisé de France 2 analyse le terrorisme comme l'affirmation de la guerre civile en Irak.

Les images d'une rue de Bagdad dévastée par l'explosion et de familles pleurant leurs morts dénoncent les violences quotidiennes qui sévissent en Irak et dont la population civile est la première victime. Cet attentat qui a frappé un quartier chiite de Bagdad est attribué aux sunnites. Le reportage explique alors l'opposition entre les deux communautés par des différences religieuses essentielles mais s'abstient de préciser que celles-ci se doublent d'une forte rivalité politique.

Dans un second temps, ce document relaie les accusations des autorités irakiennes et américaines à l'égard de la Syrie, jugée responsable d'une grande partie du terrorisme irakien, eu égard à la porosité de sa frontière. Rappelant les difficultés inhérentes au contrôle d'une frontière longue de 700 km en plein désert, il stigmatise les faibles moyens mis en oeuvre par le gouvernement de Damas. Cette seule explication proposée par le reportage semble cependant insuffisante pour comprendre les fractures de la société irakienne et les violences de la guerre civile qui s'installe.

Julie Le Gac

Transcription

Béatrice Schönberg
En Iraq, aucun répit dans l'escalade de la terreur, de nouveaux attentats ont encore eu lieu aujourd'hui, alors que Bagdad a connu hier une des attaques terroristes les plus sanglantes de ces 4 dernières années, 130 morts, plus 300 blessés, une guerre civile qui ne dit pas son nom. L'Etat iraquien accusent les partisans de Saddam Hussein et la Syrie. Sama Soula, Nadine Picart.
Sama Soula
Une rue entière dévastée, le camion conduit par un kamikaze contenait une tonne d'explosifs ; la volonté de faire le maximum de victime, 135 morts, 300 blessés, tous sont des habitants de ce quartier chiite, un samedi noir pour l'Iraq, un dimanche d'enterrement. Un pas de plus dans la guerre civile entre chiites et sunnites, ils ont la même religion mais pas les mêmes croyances. Les sunnites extrémistes considèrent les chiites comme des infidèles. Les autorités iraquiennes accusent les partisans de Saddam Hussein mais elles pointent aussi du doigt Damas. Selon elles, 50% des attentats sont commis par des combattants qui passent par la Syrie.
Ali Al-Dabbagh
Les leaders syriens savent très bien ce qui se passe sur leur territoire, ils savent tout sur le financement et l'aide aux groupes terroristes qui visent les iraquiens.
Sama Soula
Les voici, ces 700 km de frontière avec l'Iraq que la Syrie est accusée de contrôler mollement ; il y a quelques mois, nous avions pu suivre une patrouille de l'armée syrienne. Effectif dérisoire, équipement rudimentaire ce point de contrôle est pourtant l'un des mieux dotés. Visiblement cette frontière n'est pas une priorité pour Damas .
Raleb Hassan
Ecoutez, même les américains, avec leurs équipements sophistiqués et leurs moyens, n'arrivent pas à contrôler leur frontière avec le Mexique. Alors comment voulez vous que nous on n'y arrive ?
Sama Soula
Frontière passoire et laxisme des autorités syriennes, ces accusations tendent à nouveau les rapports entre Bagdad et Damas ; les deux pays viennent pourtant de rétablir leur relations diplomatiques, après 26 ans d'interruption.

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