L'hommage du Parti Communiste à Paul Eluard [muet]

22 novembre 1952
02m 05s
Réf. 04620

Notice

Résumé :

Les obsèques de Paul Eluard se déroulent le 22 novembre 1952 au cimetière du Père Lachaise et sont l'occasion pour ses amis écrivains et politiques de rendre hommage à un poète engagé, figure de la poésie surréaliste et de la Résistance littéraire.

Date de diffusion :
22 novembre 1952
Source :
RTF (Collection: JT 20H )

Contexte historique

Eugène Grindel (1895-1952), dit Paul Eluard du nom de sa grand-mère maternelle, rejoint dans les années 20 le mouvement dadaïste et devient l'ami de Breton, Soupault et Aragon. Il est l'une des principales figures du surréalisme, mouvement littéraire et artistique, théorisé en 1924 par André Breton, qui se propose de rompre avec les conventions esthétiques en faisant ressortir dans leur création la part de l'inconscient et du rêve.

Ses engagements politiques, notamment pendant la guerre du Rif, l'entraînent à adhérer au Parti Communiste Français en 1927. Refusant de mettre sa poésie au service de la Révolution bolchevique, il en sera cependant exclu en 1933 (tout comme les autres surréalistes à l'exception d'Aragon).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rompt rapidement avec les revues collaborant avec l'Occupant (telle la NRF de Drieu La Rochelle) et s'engage dans la Résistance intellectuelle: il écrit notamment des poèmes pour Les Lettres Françaises clandestines et publie en 1942 l'ouvrage Poésie et vérité. Son poème Liberté, qui ouvre le recueil est aujourd'hui passé à la postérité ("Sur mes cahiers d'écoliers/ Sur mon pupitre et les arbres/ Sur le sable de neige/ J'écris ton nom…") [cf InaEdu04641]. A la Libération, il participe également au Comité National des Ecrivains (CNE).

Devenu après guerre, un des poètes officiels du Parti Communiste qu'il a réintégré en 1936, il se rend dans de nombreux pays socialistes et participe notamment avec Aragon au Congrès International des Intellectuels pour la Paix.

Tout au long de sa vie, ses compagnes sont ses principales sources d'inspiration, notamment Gala, sa première épouse, puis Nusch à qui il destine ses poèmes d'amour écrit dans la clandestinité.

En 1946, il refuse la Légion d'Honneur. A sa mort en 1952, le gouvernement n'accorde pas d'obsèques nationales à ce poète communiste très engagé au sein du parti.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Ces images des obsèques de Paul Eluard ont été diffusées au journal télévisé de 20 heures du 22 novembre 1952. Le commentaire sonore était alors réalisé en direct et non enregistré. La version muette conservée permet de prendre la mesure du retentissement de l'événement.

La forme du reportage est traditionnelle pour ce genre d'événements. Les plans montrent tour à tour l'arrivée du cercueil au Père Lachaise, l'attente de la foule venue nombreuse, la levée de drapeaux et le dépôt de gerbes sur le cercueil. On remarque la présence d'un portrait géant de l'écrivain et de son masque mortuaire sur le cercueil

La caméra opère un plan resserré sur les gerbes qui rappellent l'engagement politique du poète au sein de la Résistance intellectuelle (participation au CNE) puis après guerre en tant que militant communiste (Lettres Françaises, Comité Central du PCF).

De nombreuses personnalités du monde littéraire et politique sont présentes pour rendre hommage à Paul Eluard: on reconnaît Aragon et Vercors venus faire un discours sur une estrade installée pour l'occasion; Jacques Duclos, secrétaire général du PCF; Cocteau et Picasso assis au premier rang dans la tribune. Le sujet s'achève avec les images de l'entrée d'une foule compacte à l'intérieur du cimetière pour l'inhumation.

Emeline Vanthuyne

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