L'Université Populaire de Caen

13 février 2003
01m 22s
Réf. 04636

Notice

Résumé :

Le philosophe Michel Onfray présente le projet dont il est l'initiateur : l'Université Populaire de Caen, qui dispense un savoir gratuit et ouvert à tous.

Type de média :
Date de diffusion :
13 février 2003

Contexte historique

La naissance des premières "universités populaires" est liée à l'affaire Dreyfus. Face aux menaces qui pèsent sur la République, quelques intellectuels cherchent à favoriser le dialogue avec la classe ouvrière. L'idée a été reprise par la suite : il s'agit de démocratiser le savoir en le rendant accessible gratuitement au plus grand nombre. La forme universitaire permet de structurer les enseignements mais le cours magistral est abandonné au profit de l'échange et du débat.

L'initiateur du projet à Caen n'est autre que le philosophe Michel Onfray. Né en 1959, docteur en philosophie puis enseignant au lycée technique de Caen de 1983 à 2002, il démissionne de l'Education Nationale, montrant ainsi son désaccord avec les méthodes actuelles d'enseignement de la philosophie. Il s'est fait connaître par la publication d'ouvrages parfois polémiques comme un Traité d'athéologie. Il se définit comme un philosophe hédoniste s'intéressant à la place du corps et à l'utilisation des sens au sein de la civilisation contemporaine ( L'Oeil nomade paru en 1993; La Philosophie du goût en 1995). Il a publié en 2006 les premiers tomes d'une Contre histoire de la philosophie où il s'intéresse aux philosophes oubliés par les manuels traditionnels. Les cours qu'il dispense chaque mardi à l'Université populaire de Caen sont diffusés sur la radio France Culture. Depuis le reportage, d'autres Universités Populaires ont ouvert leurs portes suivant le modèle caennais (notamment à Argentan et Lyon).

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Animée par Nadjette Maouche, le programme matinal "C'est mieux ensemble" (2003-2008) était composé de reportages issus des antennes régionales de France 3. Il s'agissait d'illustrer pendant 20 minutes, à l'aide d'exemples, les initiatives citoyennes prises à l'échelle locale.

Ce reportage sur l'Université Populaire de Caen a pour objectif de promouvoir l'idée défendue par Michel Onfray. Les vues à l'intérieur d'un amphithéâtre ou dans la cour du Musée des Beaux-Arts sont des images d'illustration. Elles servent avant tout à appuyer les propos très élogieux du journaliste : il s'agit d'attirer le public vers cette Université d'un nouveau genre. Cette publicité indirecte est relayée par l'entretien avec le philosophe Michel Onfray. Il répond aux questions du journaliste en extérieur, dévoilant derrière lui un des quartiers de la ville. Il critique l'université traditionnelle - reproductrice d'inégalités - et entend, de manière assez idéaliste, non pas une transmettre un savoir mais échanger des connaissances avec son auditoire souvent composé de néophytes ("plus on donne,plus on obtient").

Emeline Vanthuyne

Transcription

Journaliste
L'Université populaire, une idée noble, lancée à la fin du 19è siècle par des intellectuels qui voulaient démocratiser la culture, la rendre accessible au plus grand nombre, et notamment à la classe ouvrière. C'est ce même principe réactualisé qu'a repris à Caen Michel Onfray. Enseignant, philosophe et auteur de plus de vingt livres traduits en une douzaine de langues. Fidèle à sa démarche : répondre au besoin de connaissance mais sans les pesanteurs d'un système.
Michel Onfray
L'esprit c'est la gratuité, c'est le don, c'est l'espèce de circulation du savoir, quand on dispose de savoir, il n'y aucun intérêt à thésauriser, à garder ça pour soi, donc l'intérêt c'est le partage. Donc c'est le partage. Je ne suis pas l'intellectuel qui va voir la classe ouvrière, ça n'a pas grand sens, j'essaie de donner ce que j'ai, de partager ce que j'ai, parce que de toute façon dans ces cas-là, plus on donne plus on obtient. Il y a la place pour deux façons de faire, une université qui elle reproduit le système social, et puis une autre qui est gratuite, ludique, joyeuse et qui fait circuler le savoir pour lui-même et pas pour fabriquer des diplômes ni des pions dans une société.
Journaliste
Moins contraignante que l'université traditionnelle, plus structurée que les café-philo, c'est entre ces deux démarches que se situe cette université. Elle a trouvé son lieu d'accueil idéal, un autre temple du savoir qu'est le Musée des Beaux-Arts.