La Déclaration universelle des droits de l'homme

09 décembre 1963
05m 02s
Réf. 04661

Notice

Résumé :

Cette émission spéciale de l'ORTF revient sur les circonstances de l'élaboration et les principes constitutifs de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948.

Type de média :
Date de diffusion :
09 décembre 1963
Date d'événement :
10 décembre 1948
Source :

Contexte historique

Le 10 décembre 1948, les membres de l'Assemblée générale de l'ONU réunis au Palais de Chaillot à Paris ont adopté un des textes fondateurs de l'après-guerre, la Déclaration universelle des droits de l'homme. Les principaux auteurs du texte sont René Cassin, juriste français, Eleonor Roosevelt, veuve du président américain et John Peters Humphrey, avocat canadien [cf René Cassin présente la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme à la tribune de l'ONU]. Le texte se compose d'un préambule suivi de 30 articles. En préambule, on peut lire que cette Déclaration est "l' idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations". Certains articles réaffirment des principes fondamentaux déjà présents dans des textes dont elle s'inspire (comme la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789). On peut citer parmi ces droits la liberté, l'égalité et la fraternité entre les hommes, le refus de toute discrimination (sociale, politique ou ethnique), le droit à une justice équitable, le refus de la torture, la liberté d'opinion, de circulation, de pensée et de religion. On constate également la présence d'articles rappelant la nécessité d'une durée de travail limitée, le "droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille", le droit à l'assistance, à l'éducation.

Ce texte n'a pas de portée juridique mais symbolise la volonté des Etats signataires de garantir des droits et des libertés gravement bafoués au cours du second conflit mondial. Deux pactes (le Pacte international relatif aux droits économiques, culturels et sociaux ainsi que le Pacte relatif aux droits civils et politiques adoptés en 1966), réaffirment les principes de cette déclaration et leur donnent un caractère obligatoire et applicable dans les pays signataires. Depuis 1948, la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme est une source d'inspiration pour de nombreux pays : c'est le document le plus traduit (en plus de 360 langues). Le 10 décembre est aujourd'hui célébré dans le monde comme la "Journée des droits de l'homme".

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Cette édition spéciale de l'ORTF consacrée à l'évolution des droits de l'homme est présentée par Pierre Crénesse, un des acteurs de la Libération des ondes en août 1944. Il rappelle les circonstances de l'adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme à l'aide d'images d'archives montrant notamment Mme Roosevelt et René Cassin, rédacteurs du texte. Il fait ensuite en plateau une présentation très pédagogique de l'évolution des droits de l'homme vers l'universalité au cours de siècles, de la révolte de Spartacus à la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789.

La diction du journaliste apparait quelque peu emphatique (expressions importantes très accentuées). La présence sur le plateau d'un des plus célèbres comédiens de l'époque, Jean-Louis Barrault, ajoute encore à cette théâtralisation. Celui-ci lit le préambule de la Déclaration Universelle alors que défilent des images de crimes expliquant la nécessité de réaffirmer de tels droits en 1948. On voit par exemple des images d'Hitler et des déportés qu'il envoya dans les camps de concentration et d'extermination ou d'enfants irradiés après les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki. Ces images d'illustration interpellent le téléspectateur sur la violation des droits fondamentaux. Elles lui rappellent l'importance et la portée symbolique d'un texte à vocation universelle : réaffirmation de l'accès au vote de tous les citoyens, reconnaissance du droit de refuge, amélioration des droits de l'enfant...

Emeline Vanthuyne

Transcription

Journaliste
En janvier 1947, la Commission des Droits de l'Homme, créée par le conseil économique et social de l'Organisation des Nations Unies, commence ses travaux sous la présidence de madame Eléonore Roosevelt. Le professeur Cassin y représente activement la France. La commission rédige une déclaration universelle qui est soumise à l'assemblée générale, siégeant à Paris au palais de Chaillot. Elle est adoptée par 48 voix, sans opposition, et 8 abstentions, le 10 décembre 1948. L'homme n'a pas attendu 1948 pour définir ses droits, mais c'est la première fois, après 6 siècles d'efforts qu'un caractère universel est accordé à ses besoins de liberté, d'égalité, de justice. C'est la première fois que les nations envisagent de faire suivre une déclaration des droits de l'homme d'un pacte qui les obligerait à le respecter. Dans la révolte de Spartacus, il y avait déjà le ferment d'une déclaration des droits. La grande charte que Jean Sans Terre dut accorder en 1215 à 2000 barons anglais était déjà une déclaration des droits, de certains droits. La pétition des droits, que Charles 1er Stuart se voit imposer par le parlement en 1628, comme la déclaration des droits de 1688, que le parlement impose après le départ de Jacques II, et qui résume les droits accordés aux anglais depuis la Grande Charte, sont des efforts confus mais fondamentaux. Le premier document qui mentionne la liberté et les droits de l'homme est la déclaration d'indépendance américaine, adoptée le 4 juillet 1776 par le congrès continental réuni à Philadelphie. Cette déclaration est précédée d'un très beau préambule : Tous les hommes sont nés égaux, ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables et parmi ceux-ci la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Mais c'est une déclaration limitée à la justification de l'indépendance vis-à-vis de la couronne britannique. C'est la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen patronnée par La Fayette et Sieyès, adoptée par la Constituante et placée en tête de la constitution de 1791 qui se rapproche le plus de l'universalité parce qu'elle ne mentionne aucune nation, aucun régime, aucune époque. Elle est certes, l'oeuvre d'une classe, mais elle est si vaste qu'aucune limite sociale ne peut lui être imposée. Elle est la conclusion d'une évolution qui passe par le cartésianisme, les philosophes, les physiocrates, les humanistes, les encyclopédistes. C'est pour cela qu'elle est l'inspiratrice de la nouvelle déclaration universelle des droits de l'homme. Jean-Louis Barrault.
Jean-Louis Barrault
Considérant que la reconnaissance de la dignité, inhérente à tous les membres de la famille humaine, et de leurs droits égaux inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde, Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité, et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme, Considérant que dans la charte, les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclaré résolus à favoriser le progrès social, instaurer de meilleures conditions de vie, dans une liberté plus grande, Considérant que les Etats membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales, L'assemblée générale proclame la présente déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations.
Journaliste
La déclaration universelle des droits de l'homme comprend 30 articles classés en 2 grandes catégories. Les droits de la personne, droits civils et droits politiques, et les droits économiques, sociaux et culturels. Quantité de décisions de l'Organisation des Nations Unies se sont inspirées, depuis 1948, de certains aspects de la déclaration universelle des droits de l'homme. La convention sur les droits de la femme, de l'enfant. Sur la discrimination raciale. Sur les réfugiés, sur les apatrides, sur l'esclavage, sur le travail forcé.

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