Manifestation pour le maintien des emplois en Europe

10 juin 1997
02m 04s
Réf. 04672

Notice

Résumé :

A la suite de la fermeture de l'usine Renault de Vilvorde prévue pour juillet 1997, les syndicats manifestent pour réclamer une règlementation sociale plus stricte en Europe.

Date de diffusion :
10 juin 1997
Source :
France 3 (Collection: SOIR 3 )
Lieux :

Contexte historique

L'annonce de la fermeture de l'usine Renault de Vilvorde (au Nord de Bruxelles) le 27 février 1997 a provoqué une vague de protestations à l'échelle européenne. Le vendredi 7 mars 1997 a eu lieu la première "eurogrève" : tous les sites européens du conducteur automobile ont ainsi été invités à débrayer pendant une heure pour montrer leur solidarité envers les 3100 employés de l'usine belge et contre la suppression d'un peu moins de 3000 postes en France. Les ouvriers des autres entreprises automobile belges se sont également joints au mouvement.

Cette forte mobilisation répond à des inquiétudes profondes face à la gestion opérée par les grandes entreprises en Europe. Au sein de la classe politique française, une discussion s'engage alors autour de la construction d'une "Europe sociale" : face aux délocalisations et aux plans sociaux européens, beaucoup d'hommes politiques expriment alors une volonté de mieux règlementer le champ d'action des entreprises. Depuis 1997, cette question reste au coeur du débat européen. Quant au site de Vilvorde, il a été reconverti : dans un tiers de l'usine, 400 employés continuent de produire des pièces détachées pour Renault (châssis, pot d'échappement...) alors que les deux-tiers du bâtiment abritent une société spécialisée dans la logistique.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Cette manifestation intersyndicale pour une Europe sociale intervient quelques jours seulement après la constitution du gouvernement de Lionel Jospin (2 juin 2007). Les leaders syndicaux entendent rappeler au nouveau Premier Ministre socialiste ses engagements de campagne et faire pression pour obtenir des mesures concrètes. Le reportage est articulé autour d'entretiens auprès des principaux dirigeants syndicaux (Louis Viannet pour la CGT ; Nicole Notat pour la CFDT). La journaliste insiste dans son commentaire sur la présence d'ouvriers de l'usine de Renault-Vilvorde, devenus en quelques mois les symboles des problèmes sociaux européens. Les propos de deux manifestants montrent la virulence des eurosceptiques : ils rendent l'Europe responsable de la dégradation de leur situation sociale ("C'est le chômage, l'Europe" ; "Je suis contre l'Europe car je n'ai plus d'argent pour voyager en Europe !" ). Ces arguments seront repris au cours de la campagne électorale de 2005 concernant le projet de Constitution européenne.

Ce sujet nous permet également de comprendre la montée des revendications concernant la réduction du temps de travail (aujourd'hui remise en cause). Les lois Aubry sur les 35h votées en 1998 et 2000 répondent à la volonté exprimée ici de partager le temps de travail de manière plus équitable : les manifestants évoquent même les 32 heures. On peut également noter que d'autres fermetures d'usines ont provoqué par la suite des mouvements sociaux similaires (par exemple celui lié à la fermeture de Metaleurop en 2003).

Emeline Vanthuyne

Transcription

Henri Sannier
Il faut mettre l'emploi au coeur de la construction européenne. C'est le message direct envoyé aujourd'hui par plusieurs dizaines de milliers de salariés qui ont défilé dans les rues de Paris. A quelques jours du sommet d'Amsterdam, tous les syndicats, à l'exception de Force Ouvrière, se sont retrouvés côte à côte cet après-midi ; Reportage de Martine Thiebaut ; les images sont signées Stéphane Taponier et Christian Gaudin.
Louis Viannet
Bonjour. Comment allez-vous ?
Inconnu
Camarades de la CSC.
Louis Viannet
C'est une, une bonne chose qu'on soit ensemble aujourd'hui à Paris.
Martine Thiebaut
Louis Viannet y tenait, rencontrer les salariés de Vilvoorde venus manifester à Paris aujourd'hui. Vilvoorde, le symbole de la lutte syndicale pour une Europe sociale
Louis Viannet
On a eu en 6 mois, plus d'initiatives de caractère européen qu'il y en avait eu pendant les 4 ou 5 années précédentes.
Martine Thiebaut
Louis Viannet, mais aussi tous les leaders syndicaux - à l'exception de Marc Blondel - ont défilé à Paris pour faire de l'emploi une priorité de l'Europe
Nicole Notat
Les Français attendent simplement que ce soit leur Europe et pas seulement l'Europe des produits qui s'échangent, des entreprises, mais que ce soit aussi leur Europe, de l'emploi, du travail pour tous.
Marc Vilbenoit
Cette manif, elle avait été prévue sous Juppé, elle se déroule sous Jospin ; c'est pas un avertissement à Jospin, c'est un encouragement à la fermeté vis-à-vis de l'Europe.
Martine Thiebaut
Fermeté vis-à-vis de l'Europe, c'est ce que demandent ces dizaines de milliers de manifestants, venus de l'étranger et de toutes les provinces françaises. Une Europe qui fait peur à certains.
Inconnu
La merde... eh, eh. C'est le chômage, c'est tout, l'Europe. On veut rester gaulois !
Inconnue
Avant l'Europe, avant qu'on parle d'Europe, je voyageais en Europe. Aujourd'hui j'ai plus d'argent pour voyager en Europe, je n'ai plus de travail, je peux plus voyager. Donc avant je pouvais dire l'Europe, oui, aujourd'hui je dis l'Europe, non, pas celle-là, pas celle qu'on nous propose.
Martine Thiebaut
Un espoir : la réduction et le partage du travail. Tous plaidaient pour les 32 heures. 5 jours après la formation du gouvernement, 6 jours avant le conseil européen, cette manifestation revêt un relief très particulier.
Henri Sannier
L'es...

Les enseignants de l'Éducation nationale disposent d'un accès gratuit à la version intégrale de Jalons depuis le portail Éduthèque.

Se connecter:

eduthèque