Le fossé numérique entre pays riches et pays pauvres

22 juillet 2000
01m 56s
Réf. 04676

Notice

Résumé :

En 2000, le sommet du G8 se déroule sur l'île d'Okinawa au Japon : huit des pays les plus puissants économiquement évoquent notamment le fossé numérique entre pays du Nord et du Sud.

Date de diffusion :
22 juillet 2000
Source :
France 2 (Collection: MIDI 2 )
Lieux :

Contexte historique

Le sommet du Groupe des 8 (G8) réunit chaque année les dirigeants des huits pays les plus puissants économiquement (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada, Russie). Ouvert à 6 pays lors de sa création en 1975, il s'est ensuite élargi au Canada, l'année suivante puis à la Russie en 1998. Ces rencontres à l'origine informelles (la première eut lieu à Rambouillet sur l'initiative du président Giscard d'Estaing) ont pour but d'étudier des sujets économiques et sociaux précis.

En 2000, sur l'île d'Okinawa (Japon), les participants se sont ainsi entendus pour augmenter leur aide financière pour lutter contre les maladies infectieuses. Ils ont également adopté une charte sur les nouvelles technologies de l'information où ils s'engagent à combler le "fossé numérique" qui s'installe entre pays riches et pauvres dans l'utilisation des nouvelles technologies. Les sommets récents du G8 ont porté sur l'aide au développement (création d'un fonds mondial de lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose). Le sommet de 2008 était consacré au réchauffement climatique : l'engagement a été pris de réduire de 50% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050.

Les altermondialistes protestent contre ces réunions qui, selon eux, traduisent une volonté impérialiste des principales puissances économiques du Nord. D'autres critiquent le manque d'efficacité des mesures prises au terme de ces sommets. La France plaide en faveur de l'intégration des pays émergents du Sud (Inde, Chine, Brésil, Mexique, Afrique du Sud), afin de garantir une meilleure représentativité des grandes puissances mondiales. Des représentants des pays émergents et d'Organisations Non Gouvernementales (ONG) sont d'ores et déjà invités à participer aux discussions.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

En juillet 2000, Pascal Golomer est l'envoyé spécial de France 2 pour couvrir le sommet du G8 qui se déroule au Japon. Le reportage nous fait pénétrer dans les coulisses du sommet. On peut tout d'abord constater que le sommet du G8 est un tremplin commercial : certains responsables marketing japonais en profitent pour présenter leurs nouveaux produits devant la presse et les chefs d'Etat. On remarque Bill Clinton et Jacques Chirac devant les ordinateurs en fin de reportage. On aperçoit ensuite à la table des négociations Vladimir Poutine (président de Russie), Tony Blair (premier ministre britannique), Jacques Chirac (président français). Le commentaire du journaliste met en avant les limites de cette réunion. Les chefs d'Etat et de gouvernement profitent de ce sommet pour dénoncer les inégalités entre les pays face aux nouvelles technologies, mais aucune mesure concrète n'est adoptée (hormis une charte de principe).

Le reportage est assez pédagogique : un schéma de synthèse nous permet de visualiser le "fossé numérique" entre l'Afrique et les pays les plus riches du Nord. En fin de reportage, le journaliste intervient face caméra : il cherche à capter l'attention des téléspectateurs. Il adopte un point de vue assez critique sur la réunion. Selon lui, les dirigeants du G8 cherchent avant tout à rassurer leurs opinions publiques inquiètes face à une mondialisation mal contrôlée, mais derrière les déclarations d'intention, aucune décision importante n'a été prise. Ce manque d'efficacité est un des principaux reproches faits aux G8 qui se réunit chaque année pour traiter des problèmes d'actualité : aide au développement, réchauffement climatique, lutte contre les maladies infectieuses...

Emeline Vanthuyne

Transcription

Benoît Duquesne
On parle beaucoup à la réunion du G-8 au Japon. On parle sécurité alimentaire, lutte contre le Sida, et surtout nouvelles technologies. Les leader du G-8 s'inquiètent du fossé numérique qui se creuse, avec la révolution internet, entre pays pauvres et pays riches. A titre d'exemple, 5% seulement des internautes se trouvent dans les pays en voie de développement. Sur l'île d'Okinawa, au Japon, reportage de nos envoyés spéciaux, Pascal Golomer et Jean-Paul Chausset.
Pascal Golomer
Inutile de passer beaucoup de temps dans la salle de presse du sommet pour saisir à quel point les technologies de l'information révolutionnent l'économie. Ecrans, claviers et souris en pagaille, internet à volonté, certaines sociétés profitent même de l'occasion pour offrir plusieurs centaines de téléphones mobiles avec accès à internet.
Katsumi Mori
Tous les prix sont pour nous, rien n'est à votre charge.
Pascal Golomer
Et ce n'est pas trop cher pour vous ?
Katsumi Mori
Non, ça n'est pas cher parce que c'est une bonne opportunité pour nous.
Pascal Golomer
Générosité toute commerciale bien sûr, car s'il y a bien un domaine où les inégalités se creusent, c'est celui des hautes technologies et d'internet. C'est ce que les membres du G-8 ont baptisé le « fossé numérique ». Ils y ont consacré une partie de leurs travaux aujourd'hui. Sur les quelques 330 millions d'internautes dans le monde, ils sont en effet bien peu à résider dans les pays pauvres. Moins d'1% sur le continent africain, tous pays confondus, alors que plus d'un quart sont européens, et 44% d'Amérique du nord, américains ou canadiens. C'est ce fossé qu'il s'agit de combler, les 8 chefs d'Etat en font la promesse, sans pour autant prendre de grandes décisions. Il faudra pour l'instant se contenter d'une charte, appelant tous les acteurs, publics ou privés, à faire des efforts et d'un groupe d'experts qui présentera ses conclusions l'an prochain, lors du sommet de Gênes. Donner sa chance à tous, mieux répartir les richesses, bref, faire en sorte que la mondialisation ne laisse personne au bord du chemin, un idéal que Jacques Chirac a repris à son compte aujourd'hui et sur lequel se dégage sans peine un consensus parmi les chefs d'Etat. Comme si le G-8 voulait prouver à l'opinion publique qu'il sait prendre en compte ses inquiétudes. Encore faut-il à présent passer des belles paroles aux actes.

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