Exercice de prévention contre les risques d'attaques terroristes

23 octobre 2003
02m 15s
Réf. 04683

Notice

Résumé :

Face à la menace d'attentat, les exercices de simulation d'une attaque terroriste permettent de démontrer l'efficacité des dispositifs mis en oeuvre et de rassurer l'opinion publique.

Date de diffusion :
23 octobre 2003
Source :
(Collection: 13 heures le journal )

Contexte historique

La France a été touchée par plusieurs attaques terroristes durant ces trente dernières années : attentats du groupe d'extrême gauche Action Directe dans les années 80, actions menées par des groupes islamistes dans les années 90 (détournement d'un vol Alger-Paris par des membres des Groupes Islamistes Armés en décembre 1994, attentat à la station RER saint-Michel en juillet 1995).

Depuis le 11 septembre 2001, la menace que le groupe Al Qaida fait peser sur les pays occidentaux alliés des Etats-Unis obligent les pouvoirs publics à renforcer les mesures de prévention des risques terroristes. Les attentats de Madrid en mars 2004 et de Londres en juillet 2005 ont montré que l'Europe était directement visée.

Pour se prémunir contre de telles attaques, la France a mis en place de nombreuses lois renforçant les contrôles. Créé en 1978, le plan Vigipirate est activé en cas de menace. L'intensité de celle-ci est évaluée et la réponse apportée est adaptée au niveau d'alerte. Une loi adoptée en 2006 permet de renforcer les contrôles. Différentes formes de coopération policière et judiciaire se sont par ailleurs nouées à l'échelle européenne et dans le cadre des Nations Unies afin de lutter plus efficacement contre les réseaux terroristes internationaux.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Afin de capter l'attention des télespectateurs, le présentateur du journal de France 2, Daniel Bilalian, simule l'annonce d'une attaque terroriste, avant de signaler qu'il s'agissait en fait d'un exercice. Le reportage qui suit est consacré à un exercice d'entrainement pour faire face à l'éventualité d'une attaque au gaz toxique dans le métro. La probabilité qu'un tel évènement se produise n'est pas négligeable puisqu'en mars 1995, des terroristes (liés à une secte) ont répandu du gaz sarin dans le métro de Tokyo. Il faut noter que les images diffusées ont été tournées par des agents de la préfecture de police : les journalistes sont tenus éloignés du dispositif comme le montrent les dernières images du reportage (les reporters entrent dans le métro à la fin de l'exercice).

Le spécialiste interrogé explique que les attentats sont avant tout une menace psychologique : les terroristes jouent sur l'atmosphère de psychose qui peut s'installer au sein des populations sous menace d'un attentat. Il faut donc rassurer l'opinion publique sur l'efficacité des dispositifs mis en place, comme le rappelle Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l'Intérieur et présent sur place.

Emeline Vanthuyne

Transcription

Daniel Bilalian
Madame, monsieur, bonjour, à minuit hier soir à la station de métro Invalides, en plein centre de la capitale, un homme interpellé par la police s'est débarrassé d'un récipient contenant un gaz toxique mortel. Heureusement, il ne s'agissait que d'un exercice simulant une attaque terroriste au moyen de gaz chimique, en plein Paris. D'après le Premier ministre, présent sur place, cet exercice ne répond pas à une menace actuelle, mais au cas où, eh bien policiers, pompiers, médecins, doivent s'habituer à travailler ensemble car, dans de telles circonstances, eh bien la rapidité d'intervention est un facteur essentiel pour éviter une tragédie. Loïc de la Mornais, Edouard Perrin, Thierry Breton, reportage.
Loïc (de la) Mornais
En pleine station, des policiers interpellent 2 suspects. Mais dans la poursuite, l'un des fuyards lance une sacoche remplie de gaz Sarin. Au même moment, un train entre en gare et très vite, toute la station est contaminée. Inspiré de l'attentat de Tokyo en 1995, c'est le scénario de départ de l'exercice " Piratox ". En 10 minutes, l'esplanade des Invalides voit défiler pompiers, unité spéciale de la police, SAMU, et même un blindé de l'armée. Dès lors, seules les équipes habillées de combinaison de protection peuvent descendre dans la station, elles y trouvent 50 personnes, prises de convulsions ou dans le coma. Un premier mort, le policier ; le corps du terroriste gît quelques mètres plus loin, foudroyé lui aussi par le poison. La coordination est réussie, sur ce plan l'exercice est un succès.
Nicolas Sarkozy
L'objectif, c'est que l'an prochain, toutes les grandes agglomérations françaises aient fait un exercice grandeur nature.
Loïc (de la) Mornais
Point négatif, les tentes et les chaînes de décontamination, trop lentes à installer. Ces exercices grandeur nature sont-ils utiles ? Sans doute, répondent les spécialistes, mais ils répondent à une menace essentiellement psychologique.
Olivier Lepick
On a constaté au cours des derniers mois que, un certain nombre d'entités terroristes s'intéressait à ces substances, peut-être pas d'ailleurs pour leur capacité de destruction massive, mais plutôt pour le seuil psychologique et médiatique que leur permettrait de franchir l'utilisation de ces armes...
Loïc (de la) Mornais
Et comme côté dramatisation, les figurants de la préfecture de police n'y vont pas à moitié, à la fin de l'exercice, près de 200 journalistes s'engouffrent dans la station RER, pour vérifier que tout ceci n'est bien que du cinéma.