Le patrimoine mondial de l'UNESCO

03 janvier 2006
02m 50s
Réf. 04688

Notice

Résumé :

L'inscription de certains sites naturels et culturels au patrimoine mondial de l'UNESCO permet d'en assurer la préservation et d'en accroître l'attrait touristique.

Date de diffusion :
03 janvier 2006
Source :

Contexte historique

Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, une réflexion s'est ouverte sur la nécessaire préservation du patrimoine naturel et culturel de l'humanité. Dans les années 60, la menace qu'a fait peser le barrage d'Assouan sur les temples égyptiens d'Abou Simbel a déclenché une vaste campagne internationale, qui a abouti au déplacement de ces témoignages irremplaçables de la civilisation de l'Egypte ancienne. Cela a nécessité une coopération financière internationale. Par la suite, d'autres opérations ponctuelles ont été menées afin de préserver des sites exceptionnels en danger, notamment Venise et sa lagune.

Plusieurs propositions ont été émises à la fin des années 60 afin de préserver de manière plus systématique les sites internationaux ayant une valeur historique et / ou esthétique. En 1972, une Conférence des Nations Unies sur l'Environnement humain se tient à Stockholm et aboutit à l'adoption par la Conférence générale de l'UNESCO d'une convention internationale prévoyant la protection du patrimoine mondiale de l'humanité. On décide d'établir une liste de sites naturels ou culturels afin d'en assurer la préservation. Début 2008, 185 Etats ont ratifié ce texte. La liste des sites à protéger est mise à jour une fois par an par le "Comité du patrimoine mondial". Elle comprend actuellement 851 sites. Le Comité se compose de 21 des Etats ayant signé la convention de 1972 : une rotation entre les représentants des différents Etats s'établit tous les six ans mais cette durée a été volontairement réduites à quatre ans par les actuels représentants des Etats, afin de favoriser une meilleure représentativité des pays signataires de la convention. L'inscription des sites sur la liste du patrimoine mondial permet aux pays signataires de bénéficier d'un Fonds du patrimoine mondial (4 millions de dollars par an). Cela permet d'entretenir les sites concernés, mais aussi d'en assurer la préservation ou la restauration en cas de menaces ou de dommages causés par des catastrophes naturelles ou par l'activité humaine. Une liste du patrimoine mondial en péril a d'ailleurs été rédigée afin d'accentuer ses efforts de conservation sur certaines zones à risques. L'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO donne une valeur ajoutée au site, qui encourage le tourisme.

En 1994, face à la sur-représentation des sites appartenant aux pays développés sur la liste, le Comité du patrimoine mondial a adopté une stratégie globale qui se veut plus équitable : élargissement de la définition de patrimoine (notion de "patrimoine immatériel"), simplification des modalités d'inscription sur la liste. En ce qui concerne la France, outre la ville du Havre, de célèbres monuments sont inscrits sur la liste du Patrimoine mondial dressée par l'UNESCO : le mont Saint-Michel, les châteaux de la Loire, la cathédrale Notre Dame de Paris et certaines fortifications de Vauban (depuis juin 2008).

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Ce reportage est diffusé dans la rubrique "Notre Epoque" du journal de la nuit de France 3. Cette partie du Soir 3 fournit un éclairage sur certains faits de société dépassant le cadre de l'actualité immédiate. Dans son reportage, la journaliste évoque le classement de la ville du Havre au patrimoine de l'UNESCO. Elle revient sur les origines, le fonctionnement et les limites de cette liste de chefs-d'œuvre de la planète à sauvegarder. Le sujet est constitué d'images d'archives (déplacement du temple d'Abou Simbel) et d'une succession de vues assez brèves sur les plus célèbres sites classés.

Notons que les chiffres avancés par la journaliste (180 pays signataires, 812 sites classés) ont évolué depuis deux ans (185 pays membres et 878 sites classés en en 2008). Cela traduit l'effort d'ouverture évoqué en fin de reportage. Les membres du Comité chargés de dresser la liste de l'UNESCO entendent élargir la définition de "patrimoine". Ils prennent désormais en considération des éléments des cultures traditionnelles principalement fondées sur la transmission orale grâce aux danses, aux chants. La fin du sujet consacré à la destruction en 2001 des bouddhas de Bamiyan d'Afghanistan par les talibans démontre les obstacles auxquels se heurte cependant ces efforts de coopération internationale visant à la conservation des richesses naturelles et culturelles du globe.

Emeline Vanthuyne

Transcription

Marie Drucker
En revanche, les splendeurs classées au patrimoine mondial de l'Unesco sont bien réelles. Que faut-il pour accéder à cette liste ultra privilégiée, et quel bénéfice en tirent les pays, éléments de réponses avec Nathalie Hayter et Olivier Thiet.
Nathalie Hayter
Juillet 2005, la ville du Havre est proclamée chef d'oeuvre du patrimoine mondial de l'Unesco. Une reconnaissance officielle de l'architecture en béton armé signée Auguste Perret. Désormais, Le Havre est inscrit, comme l'on dit, au patrimoine mondial de l'humanité. Tout a commencé dans les années soixante, avec le déplacement très spectaculaire du temple d'Abou Simbel en Egypte, menacé par la construction du barrage d'Assouan. Un projet entièrement financé par l'Unesco, et qui sera bientôt suivi par d'autres sauvetages de chef-d'oeuvres en péril.
Mounir Bouchenaki
Il y a eu toute une série de sites qui ont été portés à l'attention de l'Unesco, et ils ont été considérés non pas comme des sites égyptiens, indonésiens, italiens, mais des sites de l'humanité. Et c'est cette notion d'appartenance du patrimoine à nous tous, ça veut dire que les pyramides, le temple d'Abou Simbel, ne sont pas simplement égyptiens, ils aussi à nous.
Nathalie Hayter
En trente deux ans, cent quatre vingt pays ont ratifié la convention du patrimoine mondial, et huit cent douze sites sont aujourd'hui classés. Du Taj Mahal au temple d'Angkor, du Machu Picchu au Mont Saint-Michel, mais aussi les îles Galapagos, les chutes Victoria ou encore les fjörds norvégiens. Merveilles de la nature ou chefs-d'oeuvres nés de la main de l'homme. En 2001, l'Unesco élargit l'horizon de son patrimoine. Il est désormais question de chefs-d'oeuvres immatériels. Chants, danses, dialectes, traditions, autrement dit le patrimoine vivant de l'humanité. Le 25 novembre dernier avait lieu la troisième proclamation. Des musiciens poètes berbères au théâtre kabuki japonais, en passant pas la samba brésilienne, quarante trois chefs-d'oeuvres ont été inscrits.
Rieks Smeets
Quand on exécute le patrimoine immatériel, on utilise le corps, le corps humain qui est l'outil le plus important. On danse, on chante, on fait des rituels. Le problème primordial de ce patrimoine, c'est la transmission d'une génération à une autre génération.
Nathalie Hayter
Une transmission de plus en plus compromise par l'exode rural, la modernisation ou encore le tourisme. L'inscription au patrimoine mondial, c'est aussi l'espoir d'une certaine protection. L'Unesco dispose d'un budget annuel de 250 millions d'euros dont une partie est consacrée à la sauvegarde du patrimoine. Aides aux populations, restauration des sites. Mais rien n'est jamais garanti. En 2001, la communauté internationale assistait, impuissante, à la destruction par les Talibans des bouddhas de Bamiyan, chef-d'oeuvre vieux de quinze siècles.

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