La grande foire du mouton d'Azrou

12 juillet 1939
48s
Réf. 04711

Notice

Résumé :

Azrou, au Maroc, accueille au printemps une foire au mouton. A cette occasion, d'importantes fêtes berbères sont organisées : démonstrations équestres, chants, danses. Des officiers français assistent à la manifestation et passent des troupes en revue.

Type de média :
Date de diffusion :
12 juillet 1939
Source :
Lieux :

Contexte historique

Située dans la province d'Ifrane, au cœur de l'Atlas, à une altitude de 1500 mètres, la ville d'Azrou est l'un des principaux centres d'artisanat (tapis, bois) et d'élevage (moutons, chèvres) du Maroc. C'est surtout l'un des principaux centres berbères du pays. Or, à partir de l'instauration du protectorat en 1912, la politique de la France se montre toujours très favorable aux tribus berbères afin de favoriser la division du Maroc et de ses deux principales communautés, selon le principe du "diviser pour mieux régner".

Dès 1912, Lyautey reconnaissait aux tribus berbères leurs droits coutumiers, ce qui dans le domaine juridique, les soustrait au droit coranique (chraa). Cette politique est renforcée le 16 mai 1930 avec la promulgation par la France du "dahir berbère", décret officialisant les djemaas, assemblées judiciaires berbères et soumettant aux tribunaux français les auteurs des crimes commis en pays berbère. Un collège est également créé à Azrou en 1927 afin de permettre la formation d'une élite berbère civile et militaire au Maroc.

Cette politique de la France favorable aux berbères est perçue par les nationalistes marocains comme une tentative de la France de désislamisation du pays et provoque de violentes émeutes dans les années 1930. Elle favorise ainsi l'émergence et la consolidation du nationalisme arabe au Maroc et est largement exploitée contre la France dans tout le monde arabe.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Plus que sur le déroulement de la grande foire du mouton d'Azrou, le reportage insiste surtout sur les fêtes traditionnelles berbères qui sont organisées à cette occasion. On peut ainsi apercevoir la traditionnelle fantasia, très importante dans la culture marocaine, consistant à chevaucher par groupes en tirant de manière régulière des coups de fusils. On peut également apercevoir les chants et danses de femmes portant des costumes traditionnels. La politique française au Maroc a toujours cherché à favoriser la culture berbère contre la culture arabe.

Les images témoignent également de la soif d'exotisme qui existe en métropole au cours de l'entre-deux-guerres et l'attrait des cultures orientales. Le succès de certains films (Le Bled de Jean Renoir en 1929, La Bandera de Julien Duvivier en 1935...), ayant pour décor l'Afrique du nord et offrant de nombreuses scènes du "folklore colonial", en témoigne. On remarquera aussi que si elle se fait discrète, la présence française n'en est pas moins rappelée et affirmée avec la présence de plusieurs officiers passant en revue les troupes indigènes. Si les scènes de fantasia peuvent véhiculer l'image d'un peuple rebelle et combattant, cette présence d'officiers français permet de montrer que le territoire et les populations sont totalement sous contrôle.

Emeline Vanthuyne

Transcription

Présentateur
La foire aux moutons d'Azrou, au Maroc, vient de s'ouvrir. Le mouton de cette région est assez semblable à celui des Alpes. Une revue des troupes et des réjouissances ont lieu à l'occasion de cette foire très populaire au Maroc.
(Musique)

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