Discours de politique générale de François Fillon

03 juillet 2007
02m 50s
Réf. 04809

Contexte historique

Nommé Premier ministre par le nouveau président de la République Nicolas Sarkozy le 17 mai 2007, François Fillon prononce son discours de politique générale devant les députés le 3 juillet suivant, après les élections législatives et un premier remaniement de son gouvernement. Pendant plus d'une heure, lors de cet exercice obligé pour tout nouveau Premier ministre, il présente les grandes orientations de son gouvernement et les principales réformes envisagées. Il annonce en particulier une modernisation des institutions, envisageant notamment la possibilité d'intervention du président de la République devant les députés. François Fillon évoque également le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, la mise en place de l'autonomie des universités et une réforme de la carte judiciaire des tribunaux et cours d'appel. Il fait en outre part aux députés de son objectif de réduction du chômage à 5% de la population active.

A l'issue de son allocution, François Fillon engage sa responsabilité sur le fondement de l'article 49.1 de la Constitution : 321 députés approuvent sa déclaration de politique générale, 224 votent contre. Ce discours, dans lequel François Fillon se contente d'annoncer les propositions faites par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle, illustre les nouveaux rapports institutionnels entre le président de la République et le Premier ministre mis en place depuis l'entrée à l'Elysée de Nicolas Sarkozy. Le Premier ministre s'efface désormais très largement derrière ce dernier au point de ne plus apparaître aux yeux de nombre d'observateurs de la vie politique que comme un adjoint ou un simple exécutant du président de la République. Omniprésent, Nicolas Sarkozy dirige de fait la politique du gouvernement, ne se contentant pas comme ses prédécesseurs d'interventions ponctuelles dans la politique intérieure.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet de facture classique propose des plans habituels du type d'exercice imposé pour tout nouveau chef de gouvernement que constitue le discours de politique générale, mais également de tout débat parlementaire : le président de l'Assemblée nationale qui joue le rôle de maître de cérémonie, le Premier ministre prononce son allocution depuis le "perchoir", les députés qui expriment leurs réactions, ceux de la majorité qui l'applaudissent et ceux de l'opposition qui marquent leur désapprobation, et l'intervention de François Hollande, chef du principal parti d'opposition en réaction au discours de François Fillon. Comme lors des séances hebdomadaires de questions au gouvernement, le reportage présente aussi des images des ministres sur le banc du gouvernement. La caméra les prend quelquefois sur le fait tels des écoliers, en train de discuter ou de plaisanter pendant le discours, tandis que d'autres ministres apparaissent beaucoup plus attentifs.

Christophe Gracieux

Transcription

Marie Drucker
Après la rupture, la fusion. Pendant 1 heure et 7 minutes, François Fillon s'est employé, dans son discours de politique générale, à faire passer pour siennes des réformes et des orientations politiques déjà tracées par Nicolas Sarkozy. Le Premier ministre a également revendiqué une entente idyllique avec le président de la République voulant ainsi mettre fin aux critiques de ceux qui le renvoient à un rôle subalterne. Morceaux choisis, réactions, Catherine Demangeat, Laurence Houaut.
Bernard Accoyer
La parole est à monsieur le Premier ministre.
Catherine Demangeat
Aujourd'hui, c'était son heure. 1 heure 7, précisément, pour exister face à Nicolas Sarkozy. François Fillon avait promis d'éviter le catalogue, le copier-coller des promesses de campagne. Et pourtant, c'est bien une succession de réformes qu'il décline avec un impératif : réduire la dette.
François Fillon
Nous maintiendrons le cap du désendettement et du retour à l'équilibre budgétaire. Nous ramènerons notre dette publique en-deçà de 60% du produit intérieur brut et nous rétablirons une situation budgétaire à l'équilibre en 2012.
Catherine Demangeat
François Fillon se pose en garant de la rupture sarkozienne. Même méthode : réformer tous azimuts avec une priorité : l'université. Le gouvernement y consacrera 5 milliards d'euros d'ici 2012. Autre mesure phare : la construction de 500 000 logements neufs par an dont 120 000 logements sociaux. Education, logement, santé. Pour financer les réformes, le Premier ministre compte sur une hausse de la croissance. Et au chapitre des institutions, il promet de donner à l'opposition un vrai statut au parlement.
François Fillon
L'ouverture n'est qu'une étape. Sous l'autorité du président de la République, je vous propose de poser les bases d'une démocratie mieux équilibrée et plus transparente, une démocratie au sein de laquelle le pouvoir exécutif agit avec clarté dans l'unité du couple formé par le chef de l'Etat et le Premier ministre.
Catherine Demangeat
Mais pour François Hollande, ce n'est pas un couple mais un homme et un seul qui est à la manoeuvre : Nicolas Sarkozy.
François Hollande
Omniprésent, omnipotent, omniscient, le chef de l'Etat décide de tout, parle de tout, intervient sur tout, évoque tout. Et quand il ne le fait pas (ça peut lui arriver), monsieur le Premier ministre, ce n'est pas vous qui intervenez. C'est le secrétaire général de l'Elysée qui donne le calendrier.
Catherine Demangeat
Sans surprise, les députés ont voté la confiance. La session extraordinaire est donc ouverte. Dès demain, l'assemblée débattra du traité simplifié adopté au dernier sommet de Bruxelles.
Marie Drucker
Et sans détour...

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