Le Grenelle de l'Environnement

25 octobre 2007
02m 29s
Réf. 04813

Notice

Résumé :

La conclusion du Grenelle de l'Environnement, après 6 mois de travaux associant l'État et la société civile, adopte des mesures destinées à promouvoir le développement durable.

Type de média :
Date de diffusion :
25 octobre 2007
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Contexte historique

Annoncé quelques jours après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le Grenelle de l'Environnement répond notamment au pacte écologique présenté par Nicolas Hulot au cours de la campagne électorale, et signé par les candidats principaux. Le 6 juillet 2007, le Grenelle de l'environnement est officiellement lancé. Six groupes de travail de 40 membres représentant les acteurs du développement durable (l'État, les collectivités locales, les Organisations Non Gouvernementales, les employeurs et les salariés) sont chargés d'effectuer des propositions sur 6 thèmes principaux : "lutter contre les changements climatiques et maîtriser la demande d'énergie", "préserver la biodiversité et les ressources naturelles", "instaurer un environnement respectueux de la santé", "adopter des modes de production et de consommation durables", "construire une démocratie écologique" et "promouvoir des modes de développement écologiques favorables à l'emploi et à la compétitivité". Le 25 octobre 2007, Nicolas Sarkozy conclut par un discours volontariste les travaux du Grenelle de l'Envionnement à l'Elysée en présence de l'ancien vice-président américain Al Gore et du président de la Commission Européenne José Manuel Barroso.

Les principaux objectifs des 268 engagements du Grenelle sont définis dans la loi de programme, dite "Grenelle 1", définitivement adoptée par le Parlement le 23 juillet 2009. Elle inscrit dans le droit français les grands objectifs en matière de développement durable. Le Gouvernement s'engage alors à lutter contre le changement climatique et prévoit de diminuer de 20% les émissions de CO2 dans le secteur des transports à l'horizon 2020 en privilégiant par exemple les investissements ferroviaires et maritimes, en limitant les nouvelles structures autoroutières et en réduisant les impacts des transports aériens. Il prévoit également une baisse de 50% de la consommation de carburant et des émissions de CO2 par passager d'ici à 2020. A plus long terme, la France espère diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Parallèlement, la France s'engage à lutter contre la perte de biodiversité à l'horizon 2010 en constituant une "trame verte" et une "trame bleue" facilitant la circulation des espèces dans les milieux naturels et aquatiques et en créant de nouvelles aires protégées. Le gouvernement encourage également la progression de l'agriculture biologique qui devra atteindre 6% de la surface agricole en 2012 et 20% en 2020. Enfin, la politique de réduction des déchets est renforcée et le taux de recyclage devra atteindre 75% dès 2012 pour les déchets des ménages et des entreprises.

Les modalités techniques de mise en œuvre de ces engagements, développées dans le projet de loi dit "Grenelle 2" font toujours l'objet d'une discussion au Parlement à l'automne 2009. La loi Grenelle 2 devrait mettre en place l'obligation pour les entreprises de plus de 500 salariés d'établir un bilan carbone, l'intégration d'objectifs environnementaux dans les schémas de cohérence territoriaux, le renforcement de l'encadrement de l'utilisation des pesticides, ou encore la très débattue "taxe carbone".

Julie Le Gac

Éclairage média

Ce reportage présente de manière classique les principales conclusions du Grenelle de l'Environnement. Après un bref rappel des différents types d'acteurs ayant participé à ces groupes de travail sur l'environnement, il souligne le rôle majeur dévolu au président de la République, Nicolas Sarkozy. En ce sens, le reportage alterne entre des plans larges sur l'audience et des gros plans sur Nicolas Sarkozy, énonçant les grandes conclusions retenues. Ce document rappelle donc le rôle dominant et le volontarisme du président qui recourt à des exemples concrets afin d'expliciter sa pensée et privilégie l'emploi de la première personne. Parallèlement, des incrustations présentent les principales décisions retenues à l'issue de ce travail collectif, tout en soulignant les points qui ne sont pas encore tranchés. Ainsi, comme le révèle ce document, si le Grenelle de l'environnement est le fruit de réflexions et de travaux collectifs, le président de la République reprend à son compte ces travaux et s'engage à les mettre en œuvre. La présence discrète, au premier rang de l'assemblée, du Premier ministre François Fillon à l'issue du reportage rappelle plus encore l'omniprésence présidentielle, qui à bien des égards, constitue de fait, le véritable chef du gouvernement.

Julie Le Gac

Transcription

Audrey Pulvar
Le Grenelle de l'environnement s'est achevé ce soir à l'exception d'un atelier qui continuera demain matin. Il revenait, c'était prévu, à Nicolas Sarkozy de trancher les points les plus sensibles. Le chef de l'Etat a livré sa vision de la lutte contre le réchauffement climatique devant un parterre de personnalités et en présence de deux prix Nobel. Il annonce le gel de construction de sites nucléaires en France, suspend les cultures commerciales de maïs transgénique et étudie la possibilité d'instaurer une taxe carbone. Sandrine Rigaud.
Sandrine Rigaud
Agriculteurs, patrons, syndicats, associations écolos, ils attendent tous son arbitrage. Après 2 jours de table ronde, Nicolas Sarkozy vient conclure le Grenelle de l'environnement. Il reste encore des points controversés et c'est à lui de trancher. Des décisions qui devront désormais s'inspirer de cette nouvelle philosophie présidentielle.
Nicolas Sarkozy
Tous les grands projets publics, toutes les décisions publiques seront désormais arbitrés en intégrant leur coût pour le climat, leur coût en carbone. Très clairement, un projet dont le coût environnemental est trop lourd sera refusé.
Sandrine Rigaud
On attendait une décision sur la taxe carbone. Le président s'engage seulement à étudier la question. L'éco-pastille, elle, devra financer une prime à la casse pour renouveler le parc automobile. Pour limiter les émissions de CO2, d'autres mesures sont annoncées : écotaxe pour les poids-lourds qui ne roulent pas sur l'autoroute et construction de 2000 kilomètres de lignes TGV d'ici 2020. Quant à la réduction de moitié des pesticides, ce sera, si possible, dans 10 ans. Déception des écologistes. Sur les OGM, en revanche, ils ont gain de cause. Le président suspend leur culture jusqu'à nouvelle expertise.
Nicolas Sarkozy
La vérité est que nous avons des doutes sur l'intérêt actuel des OGM pesticides. La vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de la dissimulation des OGM. La vérité est que nous avons des doutes sur les bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM. Dans le respect du principe de précaution, je souhaite que la culture commerciale des OGM pesticides soit suspendue.
Sandrine Rigaud
Enfin, sans renoncer à l'énergie nucléaire, Nicolas Sarkozy promet de geler le nombre de site. L'objectif affiché : développer les énergies renouvelables au-delà des prévisions européennes de 20% d'ici 2020. Des engagements pris devant le président de la commission européenne et le nouveau prix Nobel de la paix, Al Gore, qui en a profité pour lancer un appel à un Grenelle mondial.

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