La transmission de l'histoire de la Grande Guerre : l'Historial de Péronne

13 mars 2008
01m 59s
Réf. 04820

Notice

Résumé :

L'historial de Péronne, inauguré en 1992, héberge un musée et un centre de recherches sur la Première Guerre mondiale.

Type de média :
Date de diffusion :
13 mars 2008
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Contexte historique

L'historial de la Grande Guerre est inauguré à Péronne, le 1er août 1992. A la fois musée et centre de recherches, il propose un récit historique et pédagogique sur la Première Guerre mondiale. Trois postulats guident cette démarche. Tout d'abord, l'historial de Péronne adopte un point de vue international guidé par la neutralité scientifique. Ainsi, les collections du musée sont à la fois françaises, anglaises et allemandes tandis que le ton, délibérément neutre, entend échapper à la fascination des combats et aux partis prix nationaux, et à l'inverse proposer une réflexion sur la guerre. L'historial héberge en effet un centre de recherches en histoire culturelle comparée des pays en guerre réunissant une quarantaine de spécialistes de la Grande Guerre du monde entier et présidé par l'historien Jean-Jacques Becker.

L'historial propose par ailleurs un récit pédagogique de la Grande Guerre : il s'agit d'expliquer le conflit à l'aide de nombreux objets, cartes, photos, films ou autres illustrations. Les 1800 mètres carrés du musée imaginé par l'architecte Henri Ciriani sont divisés en 4 sections chronologiques : l'immédiat avant guerre et les origines diplomatiques et économiques du conflit, les deux premières années du conflit, de la bataille de la Marne à celle de la Somme en 1916, la fin de la guerre de Verdun à l'offensive générale alliée et enfin ses conséquences sur les soldats démobilisés comme sur les civils.

Enfin et surtout, l'historial de Péronne retrace tant l'histoire des combattants sur le front que celle des civils à l'arrière. La muséographie met en valeur les liens unissant le front et l'arrière. Les armes, costumes et équipements militaires sont présentés au centre des salles, à même le sol ou dans des fosses et soulignent les souffrances des combattants. Des vitrines, à la périphérie des salles, rendent compte à partir d'objets, de photos ou d'illustrations de la vie à l'arrière et de la mobilisation de l'ensemble des sociétés européennes pour l'effort de guerre.

Julie Le Gac

Éclairage média

La mort de Lazare Ponticelli, dernier survivant de la Première Guerre mondiale, décédé à l'âge de 110 ans le 12 mars 2008 soulève la question de la transmission de l'histoire et de la mémoire de ce conflit. Le reportage présenté ici s'efforce de répondre à cette question en suivant le parcours d'une classe de Première visitant l'historial de la Grande Guerre de Péronne. En ce sens, il interroge les lycéens sur leur perception et leur connaissance du conflit, questions auxquelles les adolescents, un peu impressionnés par la caméra, s'efforcent de répondre de leur mieux, en récitant les connaissances apprises en classe. Ce document souligne par ailleurs l'intérêt des étudiants pour le premier conflit mondial, un intérêt partagé par l'ensemble de la société française, comme en témoignent les nombreuses publications scientifiques ou de fiction qui lui sont consacrées. Ce reportage souligne également l'utilisation de l'histoire comme outil de compréhension du présent, en évoquant la "leçon" de la Première Guerre mondiale.

Les images des collections exposées par l'historial de Péronne, des costumes, des armes, des masques à gaz, des objets construits par les soldats ou encore une plaque mortuaire symbolisant l'hécatombe générée par le conflit, sont utilisées uniquement à titre d'illustration. En effet, la question essentielle soulevée par ce reportage réside dans la transmission de l'histoire et de la mémoire de la Première Guerre mondiale à l'heure de la disparition du dernier témoin français. Comme le rappelle le directeur de l'historial, interrogé à la fin du reportage, les Anciens Combattants étaient les mieux à même de transmettre la dimension humaine des combats, les peurs des soldats, ou encore leurs sensations, comme le froid ou la faim. Ils permettaient dès lors d'accéder à une meilleure compréhension du conflit

Julie Le Gac

Transcription

Elise Lucet
Et la mort du dernier des Poilus a, bien sûr, reçu un écho très particulier ce matin, à l'Historial de la Grande guerre qui se trouve à Péronne, dans la Somme où des classes de lycéens qui étudient cette période, en ce moment, visitent, aujourd'hui, ce lieu de mémoire. Pour eux, la disparition de Lazare Ponticelli veut vraiment dire quelque chose. Sur place, Nicolas Lemarignier, Damien Louvet.
Nicolas Lemarignier
A l'Historial de la Grande guerre, c'est le drame d'une génération qui est expliquée aux visiteurs. Et pour les lycéens présents ce matin, l'histoire et le témoignage de Lazare Ponticelli doivent servir de leçon.
Elève
Ça reste quelque chose qui ne doit pas se reproduire et donc tout le monde doit savoir ce qu'il s'est vraiment passé pour éviter que ça ne recommence.
Nicolas Lemarignier
C'est en 1ère qu'on apprend 14-18. La petite histoire et les grands drames, voilà ce qui marque surtout les jeunes. Est-ce que tu sais qui étaient les Poilus ?
Elève 2
C'est des soldats dans les tranchées. On les appelait les Poilus parce qu'ils ne pouvaient pas se raser. Ils n'avaient pas l'occasion de se raser.
Elève 3
Dans les tranchées et tout ça, ils avaient beaucoup... ils souffraient beaucoup, les soldats, et au niveau psychologique, c'était un gros traumatisme.
Nicolas Lemarignier
Cette classe est venue de Rouen pour en apprendre un peu plus sur cette période sombre. Le professeur d'histoire qui accompagne les élèves serait presque surpris par l'intérêt des lycéens.
Philippe Cadot
Je viens de donner des devoirs supplémentaires sur la Première Guerre mondiale, et beaucoup... plus de la moitié de la classe a daigné faire cet effort à la maison alors que ce n'était pas obligatoire.
Nicolas Lemarignier
Désormais, l'histoire de 14-18 va s'écrire sans le témoignage des Poilus. Pour le directeur de l'Historial, la disparition des derniers soldats va forcément changer la façon de travailler.
Guillaume (de) Fontlare
C'est vraiment eux qui permettaient de comprendre réellement ce que, humainement, était la guerre de 14. Aujourd'hui, c'est très difficile pour nos générations de comprendre ce grand cataclysme. Et eux étaient une porte sur cette compréhension. Maintenant, cette porte s'est refermée.
Nicolas Lemarignier
Comprendre l'incompréhensible, c'est le défi difficile mais nécessaire qui attend les jeunes générations.