Création de l'Union pour la Méditerranée au sommet de Paris en 2008

13 juillet 2008
01m 53s
Réf. 04825

Notice

Résumé :

Le 13 juillet 2008, lors d'un sommet organisé à Paris, l'Union pour la Méditerranée souhaitée par le président français Nicolas Sarkozy est créée. Le sommet réunit notamment les dirigeants israélien Ehud Olmert, syrien Bachar Al-Assad, et palestinien Mahmoud Abbas.

Type de média :
Date de diffusion :
13 juillet 2008
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

L'idée d'une Union pour la Méditerranée est lancée par Nicolas Sarkozy dès le soir de son élection à la présidence de la République française, le 6 mai 2007, et formalisée un peu plus tard, en octobre 2007, dans un discours prononcé à Tanger. Le président français souhaite ainsi créer une nouvelle organisation internationale regroupant l'ensemble des Etats riverains de la Méditerranée, membres de l'Union européenne (UE) ou pas. Cette initiative suscite toutefois quelques réticences. La chancelière allemande Angela Merkel s'oppose au projet car elle refuse que les Etats de l'Union européenne se répartissent des zones d'influence et d'intervention diverses, ceux du Nord se tournant vers l'Europe de l'Est et ceux du Sud vers le rivage méditerranéen. La proposition de Nicolas Sarkozy soulève également des interrogations sur la répartition des tâches entre l'Union européenne et cette Union pour la Méditerranée. Nicolas Sarkozy doit finalement réviser son projet initial : rebaptisé "Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée" en mars 2008, de façon à tenir compte du programme lancé par l'UE en 1995, il intègre désormais l'ensemble des 27 Etats de l'Union européenne.

L'Union pour la Méditerranée est officiellement fondée le 13 juillet 2008, à l'occasion d'un sommet tenu à Paris, au Grand Palais, dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne. Outre Nicolas Sarkozy, 43 chefs d'Etat et de gouvernement sont présents à cette conférence. Le président syrien Bachar Al-Assad, pourtant à la tête d'un régime régulièrement mis au banc de la communauté internationale, participe ainsi au sommet. Seul le dirigeant libyen Mouammar Khadafi, opposé au projet car il l'estime contraire aux solidarités arabe et africaine, refuse d'y prendre part. Forte de 44 membres, l'Union pour la Méditerranée alors créée est co-dirigée par le président français Nicolas Sarkozy et son homologue égyptien Hosni Moubarak, lui aussi très favorable à ce projet.

Une co-présidence de l'Union pour la Méditerranée par un président issu d'un pays de l'Union européenne et l'autre issu des pays méditerranéens non membre de l'UE est instituée, de même que la tenue tous les deux ans d'une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement. Par la suite, Barcelone est choisie comme lieu d'implantation du secrétariat général de l'Union pour la Méditerranée. L'objectif principal de cette nouvelle organisation est de relancer le partenariat entre les pays de l'Union européenne et ceux du pourtour méditerranéen autour de projets concrets communs, notamment liés à l'environnement : la dépollution de la Méditerranée, l'énergie solaire, les autoroutes maritimes et terrestres, la protection civile, le soutien aux PME et la création d'une université méditerranéenne. Plusieurs sujet sensibles sont en revanche passés sous silence lors du sommet fondateur, tels que l'immigration des habitants des pays de la rive Sud vers les Etats de l'Union européenne. De même, les nombreux conflits qui déchirent la région depuis des années, à commencer par le conflit israélo-palestinien, ne sont pas évoqués. L'avenir de l'Union pour la Méditerranée apparaît donc relativement incertain, en raison du silence sur ces questions délicates, et de l'imprécision des contenus et des projets de la nouvelle organisation régionale.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Consacré au sommet fondateur de l'Union pour la Méditerranée qui s'est tenu le matin même, ce reportage propose des images coutumières de ce type de conférence diplomatique. Il donne ainsi à voir une partie du minutieux protocole en usage pour toute rencontre internationale, à commencer par le ballet diplomatique inaugural : la réception de chaque dirigeant participant par l'hôte du sommet, en l'occurrence ici le président français Nicolas Sarkozy. Ce dernier accueille chacun par une longue poignée de mains immortalisée par de nombreux photographes. Nicolas Sarkozy est parfois accompagné du président égyptien Hosni Moubarak, en sa qualité de co-président de la future Union pour la Méditerranée.

Autres images usuelles des rencontres internationales : celles de la table des négociations ou de la conférence de presse tenue par les principaux dirigeants. Le sujet illustre également le fait qu'un sommet international est souvent l'occasion de rencontres bilatérales en dehors du cadre même de la conférence. C'est ici le cas entre le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas, non plus au Grand Palais, lieu du sommet, mais à l'Elysée, sous les auspices de la présidence française.

De manière surprenante, ce reportage évoque à peine l'Union pour la Méditerranée. Rien n'est dit dans le commentaire sur son origine, ses buts, son fonctionnement et ses principaux projets. Le journaliste de France 2 a en effet préféré axer son traitement sur la participation d'Etats du pourtour méditerranéen aux relations très conflictuelles : la Syrie, Israël et l'Autorité palestinienne.

Christophe Gracieux

Transcription

Laurent Delahousse
La journée de toutes les diplomaties, aujourd'hui, à Paris. Outre le lancement de l'union pour la Méditerranée souhaitée par le président Nicolas Sarkozy, que faudra-t-il retenir de ce sommet ? Autour d'une même table, des frères ennemis d'une même région, l'une des plus sensibles du monde, toujours en proie à s'enflammer à la moindre étincelle. Des mots, des gestes symboliques ou concrets. On voit cela avec Philippe Rochot et Thomas Donzel.
Philippe Rochot
Le chef du gouvernement israélien, Ehud Olmert, est arrivé au grand palais 15 minutes avant le président syrien, Bachar al-Assad. Après la poignée de main donnée au président de la République, chacun était orienté vers sa place. Les témoins disent que Ehud Olmert aurait cherché sans succès le regard de Bachar al-Assad. A la table de conférence, ils étaient assis à 10 mètres l'un de l'autre mais Assad est sorti avant le discours du premier Israélien. Le chef du gouvernement turc, qui joue les intermédiaires entre Syrie et Israël, les a rencontrés séparément dans deux hôtels parisiens. Pour Nicolas Sarkozy, ce sommet rapproche les pays de la Méditerranée.
Nicolas Sarkozy
Le monde entier vous regarde. Il regarde du côté de la Turquie et de la Grèce, il regarde du côté de l'Algérie et du Maroc, il regarde du côté de la Palestine et d'Israël. Il faut surmonter nos désaccords. Il faut surmonter nos divisions pour construire un instrument de paix au service de notre mer commune : la mer Méditerranée.
Philippe Rochot
Ce matin, Nicolas Sarkozy avait donné un coup de pouce au rapprochement entre l'autorité palestinienne et Israël en recevant Mahmoud Abbas et Ehud Olmert. Une rencontre qui s'ajoute aux promesses de réconciliation entre le Liban et la Syrie.
Ehud Olmert
Nous n'avons jamais été aussi proches d'un accord.
Philippe Rochot
Mais les 43 chefs d'Etat ont eu du mal à rédiger la résolution finale à cause des termes définissant le caractère de l'Etat palestinien. La plupart se retrouveront demain, au défilé du 14 juillet.
Laurent Delahousse
Les appels à la paix...

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