Ouverture des Jeux Olympiques de Pékin 2008

08 août 2008
01m 48s
Réf. 04827

Notice

Résumé :

De nombreux Pékinois assistent dans les rues de la capitale chinoise à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, retransmise sur des écrans géants, le 8 août 2008.

Type de média :
Date de diffusion :
08 août 2008
Date d'événement :
06 août 2008
Source :
Personnalité(s) :
Lieux :

Contexte historique

A partir de l'attribution des Jeux Olympiques d'été de 2008 à Pékin, en 2001, par le Comité international olympique, face à quatre autres villes candidates (Toronto, Paris, Osaka et Istanbul), la Chine a mobilisé des moyens considérables pour en faire la vitrine de sa modernité et de la consécration de sa puissance économique et politique. Jamais dans l'histoire olympique un Etat n'avait déployé autant d'efforts et consacré autant d'énergie à la préparation de Jeux. Le Parti communiste chinois a également fait des Jeux un instrument d'intense mobilisation patriotique et de glorification du régime.

Désireux de présenter au monde l'image la plus lisse possible, le pouvoir chinois redoute particulièrement que les Jeux Olympiques ne servent de caisse de résonance pour attirer l'attention de l'opinion internationale sur la situation des opposants politiques et des minorités. Des milliers de journalistes étrangers sont en effet attendus à Pékin pour couvrir les Jeux, dans un pays où la propagande et la censure demeurent très fortes. Or, la répression des émeutes au Tibet par les autorités chinoises en mars 2008, à moins de cinq mois des Jeux Olympiques, replace de manière aigüe sur le devant de la scène internationale la question des droits de l'homme en Chine, sujet souvent abordé avec une grande frilosité par les pays occidentaux, désireux de ne pas nuire à leurs relations économiques avec Pékin. Alors que le pouvoir chinois accuse le dalaï-lama, en exil à Dharamsala, d'être à l'origine des émeutes au Tibet précisément dans le but de "saboter les Jeux Olympiques", l'opinion internationale s'émeut de la répression menée par l'armée chinoise contre les Tibétains. Les militants des droits de l'homme lancent des appels au boycott des Jeux Olympiques et certains dirigeants menacent même la Chine de ne pas assister à la cérémonie d'ouverture. Le relais de la flamme olympique hors de Chine est quant à lui l'occasion de nombreuses manifestations. Le départ de la flamme à Olympie est ainsi perturbé par des militants de Reporters sans frontières. Des incidents éclatent ensuite lors de son passage à Londres puis à Paris, en avril 2008. A Paris, la flamme olympique n'avance que sous protection policière, tandis que des heurts opposent militants pro-tibétains et Chinois venus applaudir son passage.

En dépit de la fermeté chinoise, la plupart des pays occidentaux ne boycottent finalement pas les Jeux et 90 chefs d'Etat et de gouvernement assistent dans le stade du Nid d'oiseau à la fastueuse et spectaculaire cérémonie d'ouverture. A l'image de cette dernière, les Jeux Olympiques de Pékin, organisés du 8 au 24 août 2008, ont été presque unanimement considérés comme un modèle d'organisation. Ils ont également représenté un succès politique pour le Parti communiste chinois. Si plusieurs incidents ont émaillé la quinzaine olympique, aucune contestation d'ampleur n'a vu le jour. Le régime chinois avait en effet pris de nombreuses mesures pour l'éviter : les opposants ont été éloignés de Pékin, les manifestations interdites sauf dans trois lieux désignés comme "espaces de protestation" et destinés à donner l'illusion du respect de la liberté d'expression, des étrangers ont été expulsés à la suite de tentative de manifestations et des journalistes empêchés de travailler. Plus largement la ville de Pékin avait été placée sous étroite surveillance, de même que le Tibet et le Xinjiang, région où des troubles menés par des Ouighours, minorité musulmane, avaient également éclaté au printemps 2008.

Les Jeux de Pékin ont enfin constitué un succès sportif pour la Chine : première au classement des nations avec un record de 51 médailles d'or et un total de 100 récompenses, elle a largement devancé les Etats-Unis, qui ont obtenu 36 médailles d'or. Ces victoires sportives ont incontestablement alimenté le nationalisme chinois.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet est un reportage d'ambiance : il saisit sur le vif l'atmosphère dans Pékin au moment de la retransmission sur des écrans géants de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de 2008. La journaliste qui a effectué ce reportage a donc essentiellement eu recours à la technique classique du micro-trottoir, c'est-à-dire à de brèves interviews de Pékinois rencontrés dans la rue qui font part de leurs réactions sur cette cérémonie. Le sujet s'intéressant exclusivement à l'opinion de l'homme de la rue, il ne propose aucune image de la cérémonie d'ouverture proprement dite hormis un bref plan sur un écran géant retransmettant le discours du président chinois Hu Jintao. De manière symbolique, la journaliste achève d'ailleurs son reportage au milieu d'un groupe de Chinois.

Les Pékinois rencontrés font preuve de nationalisme, sentiment largement partagé en Chine : tous portent les couleurs chinoises sur les joues, arborent des drapeaux de leur pays et des bandeaux en l'honneur des sportifs chinois. Les Jeux Olympiques de Pékin sont en effet pour le pouvoir communiste une occasion de célébrer devant le monde les succès et la modernité de la Chine. La propagande à la gloire à la fois des Jeux et du régime apparaît donc omniprésente.

Christophe Gracieux

Transcription

Sophie Le Saint
... tout au long de ce journal. Toute la Chine, en tout cas, retient son souffle. Et dans les rues de Pékin, c'est l'effervescence. Pour rien au monde, les Chinois ne rateraient cette cérémonie d'ouverture préparée depuis de très longs mois. Des écrans géants ont été installés un peu partout dans la capitale chinoise. Ambiance avec Samah Soula et Trisan Le Bras.
Samah Soula
C'est l'arrivée de la longue marche vers le 8-8-8. Ces Pékinois-là ne veulent pas affronter la foule et les mesures de sécurité draconiennes autour du stade mais ils veulent quand même partager l'émotion de la cérémonie d'ouverture. Chacun cherche son écran géant qui, pour l'heure, retransmet le discours de leur président devant les chefs d'Etat étrangers, tout un symbole.
Chinoise
Je suis très émue, très contente. C'est une grande fierté pour nous.
Chinoise 2
Notre pays était très fermé. Et ce jour est une bonne occasion, pour nous, de mieux nous faire connaître dans le monde.
Samah Soula
Le jour est décrété férié. Certains quartiers de la ville sont totalement déserts. Les lieux de retransmission de la cérémonie sont étroitement surveillés. Beaucoup de Pékinois regarderont la cérémonie chez eux. Les autorités les y ont incités. Près de la place Tian'anmen, équipée de drapeaux et de bandeaux encourageant leur pays, ces Chinois veulent être aux premières loges même s'il n'y a pas d'écran géant.
Chinois
On attend la cérémonie.
Chinois 2
Ça va être fantastique.
Chinoise 3
On est très émues, très excitées. On a attendu depuis tellement longtemps ce moment-là !
Chinoise 4
Moi, je suis là parce qu'il y a le feu d'artifice.
Samah Soula
Un jour de fête inédit pour tous les Chinois, mais les Pékinois auront la chance de vibrer au plus près de cette cérémonie d'ouverture à l'issue de laquelle 32 feux d'artifice seront tirés à travers la ville et il y aura beaucoup beaucoup de monde.