Attaques terroristes à Bombay en novembre 2008

01 décembre 2008
02m 55s
Réf. 04836

Notice

Résumé :

Les habitants de Bombay rendent hommage aux victimes des attentats qui ont frappé la ville le 26 novembre 2008 et expriment leurs réactions devant ce drame.

Type de média :
Date de diffusion :
01 décembre 2008
Date d'événement :
26 novembre 2008
Source :
FR3 (Collection: Soir 3 journal )
Lieux :

Contexte historique

Le 26 novembre 2008, Bombay, deuxième ville la plus peuplée d'Inde avec 17 millions d'habitants, est la cible d'une série d'attentats simultanés qui touchent plusieurs lieux symboliques : deux prestigieux hôtels, le Taj Mahal et l'Oberoi, la gare de Victoria Terminus, un restaurant, un cinéma, deux hôpitaux et un centre culturel juif. Des hommes armés se rendent dans chacun de ces lieux et tirent sur les personnes se trouvant sur place. Certains se sont ensuite retranchés dans le Taj Mahal et l'Oberoi, retenant des dizaines d'otages dont de nombreux touristes occidentaux. Au bout de trois jours de combats, les commandos des forces spéciales indiennes viennent à bout des terroristes. Au total, les attentats font 195 victimes, dont neuf terroristes, et 295 blessés selon un bilan établi trois jours après les attaques. Celles-ci ont été revendiquées par un groupe jusque-là inconnu, Moudjahidin du Deccan, sans doute djihadiste. Le gouvernement indien met quant à lui en cause des groupes basés au Pakistan, pays rival depuis la partition de l'Inde en 1947. Mais la majorité de l'opinion accuse les autorités indiennes de ne pas avoir pris de mesures préalables pour lutter contre le terrorisme.

Capitale de l'Etat indien du Maharashtra et coeur économique de l'Inde, Bombay avait déjà été visée par différents attentats dans les années précédentes. En juillet 2006, 186 personnes avaient ainsi péri, victimes de l'explosion de bombes placées dans des gares et trains de banlieues. Toutefois, les attaques de novembre 2008 présentent un caractère sans précédent de par leur organisation et leur ampleur. Elles s'apparentent en effet davantage à un assaut de type militaire conduit par des groupes armés. En outre, pour la première fois, ce n'est pas uniquement une communauté, hindoue ou musulmane, qui est visée : en s'attaquant au Taj Mahal et à l'Oberoi, les terroristes cherchaient également à viser l'Occident, leurs ressortissants étant nombreux parmi les clients de ces deux hôtels de luxe.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Diffusé cinq jours après les attaques terroristes qui ont frappé Bombay, ce sujet réalisé par une équipe de France 3 envoyée sur place ne montre aucune image de l'assaut initial ou des combats entre terroristes et forces spéciales indiennes qui ont eu ensuite lieu. De même, il ne précise pas en détail leur déroulement et ne s'interroge pas sur leurs auteurs. Le choix a ici été fait de traiter exclusivement les réactions des habitants de Bombay à ces attentats. Aussi le reportage est-il en grande partie construit à partir d'interviews recueillies auprès d'habitants qui expriment à la fois leur incompréhension et leur colère. Il met également en valeur leur deuil. Le témoignage d'une mère qui a perdu son fils dans les attaques ainsi que les images d'affiches avec les photos de victimes visent à rendre ce deuil plus concret pour les téléspectateurs français et les victimes moins anonymes.

Christophe Gracieux

Transcription

Carole Gaessler
La tension continue de monter entre l'Inde et le Pakistan. Ce dernier est toujours soupçonné de complicité dans les attentats qui ont fait 183 morts la semaine dernière, à Bombay. Sur le plan intérieur, les autorités indiennes sont accusées de ne pas avoir anticipé les risques terroristes, des risques apparemment connus depuis février dernier. Sur place, nos envoyés spéciaux : Régis Nusbaum, Michel Anglade.
Régis Nusbaum
Il s'appelait Harrish. Il avait 25 ans. Et ses voisins sont encore sous le choc de sa disparition. Harrish vivait dans cette maison en compagnie de ses soeurs et de sa mère qui ne comprend toujours pas pourquoi elle a perdu son fils.
Damyanti Gohal
On était ici avec mon fils. Je suis rentrée. Il est sorti en bas. Il a été touché. Je suis descendue, je l'ai serré contre moi. La balle l'avait traversé de part en part. Et je lui ai donné de l'eau. Il est mort.
Régis Nusbaum
Harrish a été tué par un des terroristes retranchés dans cet immeuble, en face. Nariman House, le centre culturel juif orthodoxe de Bombay. C'est ici qu'ont été abattus 8 Israéliens. Aujourd'hui, l'accès des lieux est toujours interdit par les policiers déployés en nombre.
Deepak Vishwastao
La population ne devrait pas avoir peur. On est ici, prêts à les protéger, à les guider.
Régis Nusbaum
Un optimisme qui est loin d'être partagé par tout le monde dans ce quartier populaire où vivent, côte à côte, Hindous et Musulmans.
Habitant
C'est vrai, ils sont ici, maintenant. Mais ils ne sont pas venus le jour où il y a eu les attaques.
Habitant 2
C'est de la faute aux hommes politiques. Ils devraient assurer plus de sécurité pour Bombay. Les policiers sont mal équipés. Nous, on ne sait jamais d'où les balles vont arriver.
Régis Nusbaum
Près de 200 personnes sont mortes dans les attaques terroristes. Les portraits des victimes sont affichés un peu partout dans la ville. A Bombay, c'est le temps du recueillement mais aussi celui des manifestations presque spontanées. Les Indiens se retrouvent dans la rue pour condamner la violence terroriste et la passivité des autorités.
Habitante
Nous, les gens ordinaires, nous souffrons de tout ce qu'il se passe. On voudrait dire au gouvernement : ce n'est pas une plaisanterie. Ne jouez pas avec nos vies. Au contraire, prenez la chose au sérieux car c'est évident que ce gouvernement n'a rien fait pour assurer notre sécurité.
Régis Nusbaum
Dans le passé, Bombay a déjà connu le terrorisme et les vagues de violence entre les communautés hindoues et musulmanes. Mais cette fois, il semble que les habitants de cette mégalopole sont décidés à faire entendre leur voix. Mais les dernières révélations de la presse indienne ne sont pas de nature à calmer les esprits. On apprend ainsi que les services secrets indiens disposaient d'informations précises sur la préparation d'attentats contre des hôtels de luxe à Bombay et qu'ils en auraient averti à plusieurs reprises les autorités. Ce qui fait qu'ici, en Inde, on parle de plus en plus de scandale et même de crise politique.