La présidence française de l'Union européenne durant le second semestre 2008

16 décembre 2008
02m 18s
Réf. 04838

Notice

Résumé :

Le 16 décembre 2008, à Strasbourg, devant le Parlement européen, Nicolas Sarkozy dresse le bilan de la présidence française de l'Union européenne exercée au cours du second semestre 2008.

Type de média :
Date de diffusion :
16 décembre 2008
Date d'événement :
01 juillet 2008
Source :

Contexte historique

L'Union européenne fonctionne selon un système de présidence tournante exercée pour une période de six mois par chacun de ses Etats membres. La France assume ainsi la présidence du Conseil de l'Union européenne du 1er juillet au 31 décembre 2008 sous la direction du chef d'Etat français Nicolas Sarkozy. Le soir même de son élection à la présidence de la République française, le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy avait annoncé le "retour de la France en Europe". Il signifiait par là-même sa volonté de faire de nouveau de la France un des pays moteurs de la construction européenne, par contraste avec la présidence de Jacques Chirac, marquée par la victoire du "non" au référendum sur la constitution européenne en 2005.

"Hyperprésident" sur la scène intérieure de son pays, Nicolas Sarkozy déploie de fait la même suractivité sur le théâtre européen pendant la présidence française de l'Union européenne. Au cours des six derniers mois de 2008, il tente ainsi d'exercer un véritable leadership de l'Union européenne en prenant une série d'initiatives. Sur le plan institutionnel, il est à l'origine de la création de l'Union pour la Méditerranée, fondée au sommet de Paris le 13 juillet 2008 : cette nouvelle organisation rassemblant tous les pays de l'Union européenne et l'ensemble des pays riverains de la Méditerranée a pour but de relancer le partenariat euro-méditerranéen autour de projets communs. Son avenir et ses contours paraissent toutefois encore assez incertains, ceci d'autant plus que les conflits entre Etats, entre Israéliens et Palestiniens notamment, sont passés sous silence.

Président en exercice de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy s'est par ailleurs efforcé de gérer deux crises majeures : le conflit russo-géorgien et la crise financière mondiale. Il tente d'abord d'imposer la voix de l'Union européenne lors de la guerre entre la Russie et la Géorgie, survenue début août 2008, à la suite de l'offensive russe de grande ampleur en réaction à la décision du président géorgien Mikhaïl Saakachvili d'envoyer des troupes dans les deux provinces séparatistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. Nicolas Sarkozy parvient à négocier un plan prévoyant un cessez-le-feu entre les deux belligérants. Prenant effet à partir du 12 août, le cessez-le-feu prévoit un retrait de l'armée russe sur ses positions antérieures au 12 août mais n'exige pas son retrait d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. Nicolas Sarkozy retourne le 8 septembre 2008 à Moscou, la Russie tardant à retirer ses troupes de Géorgie.

Il tente également de prendre des initiatives face à la crise financière qui éclate à l'automne 2008. Il convoque ainsi le 12 octobre un sommet des quinze chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro, en compagnie du président de la Commission européenne José Manuel Barroso et de celui de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, afin d'adopter des mesures communes. Un plan d'action en trois volets est défini : injection de liquidités dans le système financier, garantie d'Etat des prêts interbancaires pour restaurer la confiance entre les banques et recapitalisation des banques par les Etats. Nicolas Sarkozy joue également un rôle notable dans la convocation de deux réunions du G20, à Washington en novembre 2008, puis à Londres, en avril 2009, dans le but là aussi de trouver des solutions communes à la crise financière.

A travers sa gestion des crises géorgienne et financière, Nicolas Sarkozy, en qualité de président en exercice de l'Union européenne, a manifesté une certaine capacité d'initiative et de réaction unie de l'Europe.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Consacré au bilan de la présidence française de l'Union européenne lors du deuxième semestre 2008, ce sujet ne prend pas la forme usuelle d'une rétrospective composée d'images d'archives. Il donne à entendre Nicolas Sarkozy faire lui-même le bilan de cette présidence devant les parlementaires européens. La plupart des images du président français à son arrivée dans l'hémicycle de Strasbourg, pendant son discours et à son issue, le montrent particulièrement à l'aise : il donne l'image d'un homme fier de son bilan et sûr de la portée de son action à la tête de l'Union européenne pendant six mois. Le témoignage d'un député socialiste néerlandais vient d'ailleurs appuyer l'aspect positif de ce bilan, d'autant plus qu'il émane d'un membre d'une famille politique adversaire de Nicolas Sarkozy.

L'action de ce dernier à la tête de l'Union européenne n'a cependant pas suscité que des éloges. Dans le reportage, la critique n'émane pas du journaliste mais de l'ancien dirigeant du mouvement étudiant de Mai 1968, Daniel Cohn-Bendit. Député européen pour les Verts, il critique Nicolas Sarkozy pour son attitude face à la Chine. Il lui reproche implicitement sa présence à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin en août 2008 et son absence de fermeté face à la répression des émeutes au Tibet de mars 2008. On sort à ce moment du cadre du simple discours officiel pour entrer dans celui d'une passe d'armes politique classique, d'une véritable joute oratoire entre les deux hommes.

Christophe Gracieux

Transcription

Audrey Pulvar
Nicolas Sarkozy s'exprimait pour la dernière fois en tant que président de l'Union Européenne devant le parlement européen, à Strasbourg, ce matin. Sous les applaudissements, il a fait le bilan de ses 6 mois de présidence. Le chef de l'Etat français affirme avoir gagné en tolérance et en ouverture d'esprit. Il n'entend pas en rester là. Pascal Verdeau, Tahar Nasri.
Pascal Verdeau
Il est reparti un peu à contrecoeur sous les applaudissements de jeunes lycéens avec l'envie encore et encore de prolonger l'instant. Pour sa dernière visite de président du conseil aux députés européens, Nicolas Sarkozy n'a pas boudé son plaisir. " L'Europe m'a passionnée ", dit-il. Alors il sacrifie volontiers au rituel du bilan d'étape sans fausse modestie mais avec un aveu singulier.
Nicolas Sarkozy
J'ai essayé de bouger l'Europe mais l'Europe m'a changé.
Pascal Verdeau
Premier enseignement, l'esprit de compromis et une méthode saluée par les socialistes européens.
Thijs Berman
Je pense que le style Sarkozy a été adapté à l'époque extraordinaire que nous vivons, une crise très profonde financière et économique, une crise alimentaire, une crise climatique, une crise politique avec la Russie au début de cette présidence. Et grâce à cette crise, il a su s'imposer parce qu'il fallait prendre des décisions très rapidement.
Pascal Verdeau
Sur la Chine, en revanche, les critiques sont plus acerbes. Hésitations, manque de cohérence. La passe d'arme avec le tribun des verts était inévitable.
Daniel Cohn-Bendit
Ici, vous nous avez dit : " Il ne faut pas humilier les Chinois ". Vous n'avez pas humilié les Chinois, c'est les Chinois qui vous ont humilié. C'est les Chinois qui vous ont marché dessus.
Nicolas Sarkozy
Vous êtes un vrai Européen, lorsque vous parlez de l'Europe. Mais quand vous parlez comme vous m'avez parlé, vous n'êtes pas Européen. Parce que l'outrance n'est pas européenne. Rester celui qu'on aime et qu'on connaît. Ce qui me permet de dire à monsieur Schulz : Vous voyez ? J'ai pu un peu changer l'Europe. Pas Daniel Cohn-Bendit.
Pascal Verdeau
Dernier échange dans un parlement européen vivant où la politique est de retour. Et avant de passer le flambeau, Nicolas Sarkozy a rappelé qu'il ne resterait pas inerte sur la scène européenne. Le leadership européen est à prendre. Et ça, le président français l'a bien compris.

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