Les cérémonies du 11 novembre et la réconciliation franco-allemande

11 novembre 2009
02m 55s
Réf. 04913

Notice

Résumé :

Le 11 novembre 2009, le président de la République, Nicolas Sarkozy, commémore la fin de la Première Guerre mondiale qui eut lieu quatre-vint-onze ans auparavant. Pour la première fois, le président de la République français est accompagné par le chef du gouvernement allemand, en la personne de la chancelière Angela Merkel.

Date de diffusion :
11 novembre 2009
Source :

Contexte historique

Le 11 novembre 1918, l'armistice qui met fin aux combats entre la France et l'Allemagne est signé à Rethondes. Le pays est en liesse car après quatre ans de durs combats, 1,4 millions de morts, des millions de blessés et de mutilés, la France a gagné la guerre.

Le 11 novembre devient à partir de 1922 un jour férié, le jour de la commémoration nationale. Les Français sont appelés à se souvenir de ceux qui sont morts pour leur patrie, de ceux qui ont combattu, de ceux qui ont été blessés. Ces commémorations ont lieu dans toutes les communes de France, autour de monuments aux morts sur lesquels sont inscrits les noms de ceux qui ont perdu la vie lors des combats.

A partir du 11 novembre 1923, une flamme du souvenir est allumée sous l'Arc de Triomphe, à l'endroit où a été enterré un soldat inconnu mort pendant la Première Guerre mondiale. Tous les jours, à 18h30, des associations d'Anciens Combattants ravivent la flamme qui ne s'éteint ainsi jamais. La flamme symbolise le sacrifice des Français morts sur des champs de bataille pour leur patrie.

Le 11 novembre 2009, comme tous les ans, le président de la République vient lui-même raviver la flamme sous l'Arc de Triomphe. Parallèlement, dans chaque commune française, des commémorations sont organisées : dépôt de fleurs devant les monuments aux morts, discours des autorités. La commémoration du 11 novembre 2009 est cependant marquée par une nouveauté. Pour la première fois, le chef du gouvernement allemand, Angela Merkel, participe à cette cérémonie. Cette présence est un événement car le 11 novembre 1918 marque également la défaite de l'Allemagne, l'ennemi de la France lors de nombreux conflits (en 1870, en 1939-1945). L'Arc de Triomphe marque lui-même la rivalité entre les peuples séparés en partie par le Rhin. C'est Napoléon Ier qui a ordonné la construction de ce monument en l'honneur des victoires françaises outre-Rhin contre les armées prussiennes, autrichiennes, russes et anglaises.

Cet événement s'insère dans l'histoire de la réconciliation franco-allemande depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945. Cette histoire est faite de nombreux symboles et de gestes : du traité de l'Elysée de 1963, signé par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, au couple constitué par François Mitterrand et Helmut Kohl, main dans la main, à Douaumont près de Verdun, en 1984.

Victor Pereira

Éclairage média

Ce reportage évoque à la fois un événement ordinaire et extraordinaire. Ordinaire, car tous les ans, depuis 1923, la flamme du souvenir est ravivée par un représentant de l'Etat. Ce sont des images habituelles comme celles des défilés militaires du 14 juillet. Les plans convenus des Anciens Combattants placés derrière le président de la République, des soldats jouant la Marseillaise et présentant leurs armes, les drapeaux tricolores brandis, de la foule massée le long des Champs-Elysées sont connus des téléspectateurs.

Mais cette cérémonie du 11 novembre ne ressemble à aucune autre cérémonie du 11 novembre. La voix off l'annonce : « l'image restera dans l'histoire ». En effet, la chancelière allemande, Angela Merkel assiste à ces commémorations, aux côtés de Nicolas Sarkozy. Elle y prononce un discours en allemand et, avec le président français, ravive la flamme du souvenir.

Les discours de Nicolas Sarkozy et de Angela Merkel évoquent tous deux l'amitié franco-allemande. Bien que le pupitre installé sous l'Arc de Triomphe comporte les drapeaux de la France, de l'Allemagne et de l'Europe, l'Europe n'est jamais évoquée par Nicolas Sarkozy ou Angela Merkel. C'est l'un des spectateurs venu assister à cette cérémonie qui mentionne, au cours d'un micro-trottoir, l'Europe. Ce spectateur replace ainsi cet événement au-delà des relations franco-allemandes : il l'inscrit dans la construction européenne qui résulte, en grande partie, de la volonté d'éloigner définitivement la guerre du continent européen.

Victor Pereira

Transcription

(Musique)
Nathanaël Rincquesen (de)
48 heures après les cérémonies de Berlin, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont donc retrouvés ce matin à Paris. C’est la première fois qu’un Chef de gouvernement allemand assistait à la commémoration de l’armistice qui célèbre la fin de la Première Guerre mondiale et donc la défaite de l’armée allemande. Voyez ce reportage réalisé ce matin sur les Champs-Elysées par Claude Sempere, Loubna Anaki et Alain Locascio.
Claude Sempere
L’image restera dans l’histoire. Au coté de Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Chancelière d’Allemagne. C’est la première fois depuis la fin de la Grande Guerre de 14-18 qu’un Chef de gouvernement allemand participe ici devant la tombe du soldat inconnu à la commémoration de l’armistice. Après la mort l’an dernier du dernier poilu français, Lazare Ponticelli, à l’âge de 110 ans ; Nicolas Sarkozy a souhaité faire de ce 11 novembre 2009 une journée de réconciliation franco-allemande pour bâtir un avenir partagé. Ensemble, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont ravivé la flamme du soldat inconnu. Avant d’écouter quelques instants plus tard la Marseillaise et l’hymne allemand.
(Musique)
Nicolas Sarkozy
Madame la Chancelière, en acceptant l’invitation de la France, vous avez fait ce matin un geste historique qui honore la France, qui honore les Français. Vous êtes reçue ce matin, Madame, comme une grande amie de la France. Vive la France ! Vive l’Allemagne ! Vive l’amitié entre nos deux pays qui plus jamais ne devront connaître la guerre.
Claude Sempere
Quelques applaudissements et c’est au tour d’Angela Merkel.
Angela Merkel
La France et l’Allemagne qui étaient autrefois des ennemis jurés sont aujourd’hui des alliés ; et des alliés qui agissent dans le monde pour franchir les passerelles et pour abattre les murs. Vive la France ! Vive l’Allemagne ! Vive l’amitié franco-allemande !
Claude Sempere
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont assisté à la cérémonie.
Inconnu
C’est formidable, c’est l’Europe qui réconcilie l’Allemagne et la France.
Inconnue
Cette présence allemande, il faut savoir pardonner mais ne pas oublier.
Claude Sempere
Il y a moins d’une heure, cette cérémonie inédite s’est terminée par un joyeux bain de foule pour le Président français et la Chancelière allemande.
(Bruit)

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