Les ravages de la tempête Xynthia sur les côtes vendéennes et charentaises

01 mars 2010
03m
Réf. 04918

Notice

Résumé :

Les étapes de la tempête Xynthia sont retracées de manière chronologique, depuis l'alerte donnée par Météo-France jusqu'aux ravages provoqués par la montée de la mer sur les côtes de Charente-Maritime et de Vendée dans la nuit du 27 au 28 février 2010.

Date de diffusion :
01 mars 2010
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

Même si elle apparaît beaucoup moins exposée aux risques naturels (séismes, cyclones, tempêtes, inondations...) que de nombreuses autres régions du monde, la France métropolitaine subit occasionnellement des catastrophes naturelles de grande ampleur. Ainsi, les 26, 27 et 28 décembre 1999, les tempêtes Lothar et Martin avaient ravagé le territoire français et provoqué la mort de 92 personnes. Elles avaient également dévasté les massifs forestiers, détruisant 270 millions d'arbres. Elles avaient conduit Météo-France à mettre en place un système d'alerte des tempêtes fondé sur des cartes de vigilance.

Un peu plus de dix années après, une autre tempête d'une grande violence, baptisée Xynthia, atteint l'ouest de la France dans la nuit du 27 au 28 février 2010. Après avoir frappé le Portugal et l'Espagne, elle déferle sur la côte atlantique française et touche plus particulièrement la Charente-Maritime et la Vendée. Conjugués aux effets d'une marée aux forts coefficients et d'une dépression atmosphérique, les vents très violents, soufflant jusqu'à 160 kilomètres par heure, provoquent une rapide montée des eaux le long du littoral charentais et vendéen. Les digues rompues, la mer submerge ces côtes. Les habitants des maisons construites dans les terres basses situées sous le niveau de la mer sont alors surpris dans leur sommeil par la montée des eaux. Si Météo-France avait bien prévu la tempête Xynthia et avait ainsi placé dès la veille quatre départements en vigilance rouge - la Vendée, la Charente-Maritime, les Deux-Sèvres et la Vienne -, la montée des eaux n'avait pas été anticipée.

Le bilan humain de cette catastrophe naturelle s'avère très meurtrier : la tempête coûte la vie à 47 personnes. La grande majorité des victimes résidaient sur le littoral atlantique, 29 en Vendée et 12 en Charente-Maritime. Avec 29 morts, c'est la petite commune balnéaire vendéenne de La Faute-sur-Mer, dont une partie a été submergée par les eaux, qui paie le plus lourd tribut à la tempête. Les dégâts matériels causés par Xynthia sont également très importants : 1 510 habitations ont été sinistrées en Vendée et en Charente-Maritime et 195 kilomètres de digues ont été détruits par la montée de la mer.

Dès le lendemain de la catastrophe, la polémique éclate sur les constructions en zones submersibles. L'entretien des digues fait lui aussi l'objet de critiques. Une enquête est alors ouverte par la justice pour établir les responsabilités dans la catastrophe et une mission d'information parlementaire est constituée. Quelques semaines après la tempête, le gouvernement de François Fillon annonce que 1 510 maisons situées en zone inondable, surtout dans les deux communes vendéennes de La Faute-sur-Mer et L'Aiguillon-sur-Mer, les plus sinistrées, vont être détruites. Malgré la promesse d'une indemnisation, cette décision provoque d'abord la colère des habitants concernés. Un accord portant sur quelque 1 100 habitations de Vendée et de Charente-Maritime en vue d'une acquisition à l'amiable par l'État est finalement obtenu.

Après la catastrophe, la politique de prévention des risques est en outre renforcée. La ministre de l'Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet présente ainsi en février 2011 un plan de prévention des inondations et des submersions maritimes. Il s'agit surtout de renforcer les digues sur le littoral français, d'améliorer les systèmes de prévision et d'alerte et de durcir les règles concernant les constructions situées en zone inondable.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Diffusé immédiatement après un plateau réalisé sur les lieux de la catastrophe par un envoyé spécial, ce sujet propose une rétrospective du passage de la tempête Xynthia sur la France la veille, dans la nuit du 27 au 28 février 2010. Il se veut exhaustif : il retrace les différentes étapes de la tempête de manière chronologique par le biais d'un montage, ce que le présentateur David Pujadas appelle le « film des événements, heure par heure ».

Le parti pris du journaliste est de montrer que la tempête a bien été anticipée et que des mesures préventives ont été prises mais que cela n'a pas suffi à éviter les destructions. Le système d'alerte des tempêtes est ainsi illustré par les images de la réunion organisée à la préfecture de Charente-Maritime, de la carte vigilance publiée par les prévisionnistes de Météo-France ainsi que par les actions de la sécurité civile. Le journaliste insiste lui-même sur l'anticipation de la tempête : « elle est arrivée à l'heure dite ».

Le sujet met toutefois surtout l'accent sur les ravages provoqués par Xynthia et par conséquent davantage sur les limites du système d'alerte. Le traitement de la tempête est ainsi semblable à celui de la plupart des sujets consacrés aux catastrophes naturelles : des images factuelles des secouristes et des dévastations alternent avec plusieurs brefs témoignages de sinistrés. Les images comme les propos des réfugiés mettent en valeur la rapidité de la montée des eaux. Filmées depuis un hélicoptère, les images saisissantes des côtes vendéennes submergées par la mer visent précisément à témoigner de l'ampleur de la catastrophe. Le reportage passe sous silence le bilan humain de la tempête, sans doute en raison de l'absence d'un décompte précis du nombre des victimes au lendemain de son passage.

Christophe Gracieux

Transcription

David Pujadas
Nous allons essayer de comprendre précisément ce qui s’est passé. Météo France avait certes très bien anticipé la violence de la tempête. Mais personne n’imaginait un tel déferlement des eaux. Juste avant cette explication, je vous propose de revivre le film des événements heure par heure, chronologie d’une tempête avec Olivier Carow.
Olivier Carow
Elle est arrivée à l’heure dite en pleine nuit. Une tempête particulièrement violente qui va trouver un allié en atteignant la France, l’Océan Atlantique et ses grandes marées.
Inconnu 1
C’est assez inquiétant, on n’a jamais vu l’eau aussi haute.
Olivier Carow
Xynthia est née vendredi dernier sous les tropiques, les satellites la voient se diriger vers l’Espagne et le Portugal. Quand ces images sont prises, elle n’a même pas 24 heures d’existence, ses vents atteignent 147 km/h par endroits.
Inconnu 2
Il y a quelqu’un ?
Olivier Carow
En France, 68 départements, les 2/3 du pays se retrouvent en état d’alerte orange.
Inconnu 2
Vous arrimez tout, vous fermez tout et vous vous mettez à l’abri.
Olivier Carow
Mais dans l’après-midi du samedi, les prévisions s’aggravent.
Inconnu 3
Voilà, on vient de passer en rouge effectivement ainsi que la Vendée.
Olivier Carow
L’alerte rouge n’a été déclenchée qu’une fois ces dix dernières années. Xynthia va frapper très fort, c’est déjà à ce moment-là une certitude.
Inconnu 4
Non, la voiture qui [inaudible]
Inconnue 1
[inaudible] c’est très dangereux là, c’est dangereux, on va pas vous chercher, vous restez ici.
Inconnu 5
Pour l’instant, voila, c’est un peu la panique là sur le port.
Olivier Carow
En Vendée, une digue a cédé sur la petite commune de l’Aiguillon-sur-Mer ; L’eau s’engouffre dans les rues, les maisons ; Les habitants sont surpris dans leur sommeil, certains doivent la vie aux secouristes, d’autres à un bon réflexe.
Inconnue 2
On est sorti par la fenêtre et on a nagé jusqu’à chez les voisins, et là, tous les meubles flottaient.
Inconnu 6
C’est monté très vite, très très vite, très très très vite, en l’espace de 1/4 d’heure, c’était incroyable.
Olivier Carow
Au matin, la mer est partout ; Sur des kilomètres, la côte a disparu. Il reste des îlots que les services de secours mettront parfois plusieurs heures à atteindre. Dans ce camping de Charente-Maritime, l’aide ne peut venir que du ciel. Ce lotissement, lui, était occupé par des nombreuses personnes âgées, que les sinistrés eux-mêmes viennent secourir.
Inconnu 7
Là, je sors Monsieur, qu’on met hors de l’eau au chaud.
Olivier Carow
Xynthia, elle a encore des forces, elle traverse le pays, cap au Nord-Est ; Elle sème le chaos depuis les montagnes pyrénéennes.
Inconnu 8
J’ai vu depuis le couloir le pylône s’effondrer et tomber sur les maisons. J’ai vu la cabane de ski se détruite totalement, il ne reste plus rien.
Olivier Carow
Jusqu’aux côtes bretonnes qui se voyaient mieux protégées que cela.
Inconnu 9
Vers les huit heures, déjà, ça commençait à monter dans la rue, j’ai jamais vu ça.
Olivier Carow
Xynthia est la tempête la plus meurtrière depuis celle de 1999. Et malgré les alertes, la France a été une fois encore prise de court.
David Pujadas
Alors, pourquoi de tels dégâts ?