Le lancement de l'iPad en France

28 mai 2010
02m 19s
Réf. 04925

Notice

Résumé :

L'iPad est commercialisé en France à partir du 28 mai 2010. La tablette numérique tactile d'Apple est testée par un couple d'utilisateurs puis par le journaliste d'un magazine informatique. Philippe Jannet, le PDG du Monde interactif, voit dans l'iPad un moyen de relancer la presse écrite.

Date de diffusion :
28 mai 2010
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Contexte historique

Depuis le début des années 2000, le groupe américain d'informatique Apple, fondé en 1976 par Steve Jobs et Steve Wozniak, a multiplié les succès planétaires avec ses produits. Après avoir triomphé avec l'iPod, baladeur numérique lancé en 2001 et dont près de 250 millions d'exemplaires ont été vendus en dix ans, puis avec l'iPhone, téléphone sorti en 2007, Apple lance en 2010 l'iPad, support informatique d'un nouveau genre. L'iPad est en effet une tablette numérique tactile qui se présente comme un intermédiaire entre l'iPhone et un ordinateur portable. Équipé d'une connexion internet, il existe en deux versions, l'une Wi-Fi, c'est-à-dire utilisant un réseau sans fil, et l'autre 3G, plus onéreuse mais qui permet à l'iPad de rester constamment connecté. Il peut être utilisé pour écouter de la musique, regarder des photographies et des films et accéder à des applications très variées. Il peut également servir comme support pour la lecture de livres et de journaux.

L'iPad a ainsi été perçu comme un espoir pour la presse écrite. Celle-ci subit en effet une grande crise économique et une profonde remise en question depuis le début des années 2000. De fait, la presse écrite voit ses ventes s'effondrer en raison de la multiplication des journaux gratuits et de l'essor des sites d'information sur internet, tandis que son lectorat ne cesse de vieillir. Permettant d'intégrer des contenus enrichis aux articles (des vidéos, photographies ou sons), l'iPad et les autres tablettes tactiles apparaissent donc comme un moyen d'attirer les lecteurs réguliers de la presse et de gagner de nouveaux lecteurs habitués aux formats numériques.

D'abord commercialisé aux États-Unis à partir du 3 avril 2010 puis en Europe à partir du 28 mai suivant, l'iPad a connu un succès foudroyant dès ses débuts. Un million d'exemplaires s'en écoulent en un seul mois. En moins d'un an, d'avril à décembre 2010, Apple vend plus de 15 millions d'exemplaires de sa tablette numérique. Après les débuts réussis de l'iPad, l'iPad 2 est lancé en mars 2011. Plus puissante et légère, équipée de deux caméras, cette nouvelle version connaît également le succès.

L'iPad puis son remplaçant l'iPad 2 ne sont cependant pas hégémoniques. D'autres tablettes tactiles voient le jour, fabriquées par des concurrents d'Apple, tels qu'Archos, Samsung, Motorola ou Toshiba. Ces fabricants misent sur un prix moins élevé que celui de l'iPad. Celui-ci est en effet onéreux : sa version Wi-Fi coûtait 499 euros à son lancement. Le marché des tablettes numériques connaît ainsi une forte croissance. Selon une étude du cabinet Forrester parue en août 2011, il devrait s'en écouler quelque 48 millions dans le monde en 2011, l'iPad représentant 61 % des tablettes numériques vendues.

Grâce aux succès de ses différents produits, Apple obtient de très importants bénéfices. La multinationale de Cupertino devient même temporairement, début août 2011, l'entreprise la plus chère du monde, passant devant le groupe pétrolier ExxonMobil à la Bourse de New York, avant de revenir à la seconde place. La mort le 5 octobre 2011 de Steve Jobs, son emblématique directeur général et cofondateur, des suites d'une longue maladie qui l'avait contraint à quitter son entreprise au mois d'août précédent, ne devrait sans doute pas nuire à la réussite d'Apple.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Diffusé le jour même du lancement sur le marché français de l'iPad, ce sujet se montre très didactique. Composé d'une alternance d'images d'illustration et d'interviews, il vise à présenter la tablette numérique tactile d'Apple aux téléspectateurs. Il s'agit essentiellement de mettre en lumière son intérêt mais aussi ses limites.

Le reportage est donc composé de trois parties bien distinctes. La première est une séquence pratique : le journaliste a recours au témoignage d'un couple d'utilisateurs de l'iPad. Ceux-ci jouent le rôle habituellement dévolu à des consommateurs-types chargés de tester un nouveau produit avant sa mise sur le marché. L'objectif est d'offrir une véritable démonstration de cette tablette numérique. Il s'agit de rendre le test du produit plus accessible au téléspectateur que s'il était seulement effectué par un spécialiste. Au cours de cette séquence, le journaliste s'efface donc derrière les utilisateurs. Ce sont eux qui, après avoir en testé les différentes fonctionnalités, livrent leurs impressions sur l'iPad.

Suivant une progression classique de ce type de reportages dédiés à un produit, le sujet laisse ensuite la parole à un spécialiste. Celui-ci, journaliste d'un magazine informatique, a été choisi pour ses compétences techniques : filmé au sein de sa rédaction, il jouit du statut d'expert.

Après une première séquence pratique et une seconde technique, le sujet se conclut sur une séquence analytique : elle s'intéresse à l'espoir que représente l'iPad pour la presse écrite. Il s'agit donc de la seule partie du reportage qui se différencie d'une simple présentation d'un nouvel objet informatique.

Christophe Gracieux

Transcription

Catherine Matausch
Un million d’exemplaires déjà vendus aux Etats-Unis. Mais il faut reconnaître que le lancement de l’iPad aujourd’hui en France, ne déclenche pas le même engouement. Tout le monde en parle, pourquoi ? Elisabeth Bonnet, Guillaume Barbier.
Elisabeth Bonnet
Ils avouent que l’iPad est un luxe. Car écrire des mails, regarder des photos ou encore consulter des livres dans une bibliothèque virtuelle, ce couple pouvait le faire sur ordinateur.
Paul Dardel
Là, je peux aller au sommaire. Choisir directement l’acte que je veux. Dans le foyer, au lieu de se lever et d’aller sur un ordinateur qui soit portable ou non ; on cherche quelque chose sur Internet, on prend la tablette ; on l’a à portée de main, on se la passe, on dit tiens passe-le moi ; on se le transmet comme on se passerait le téléphone quand on a quelqu’un qui appelle et qu’on passe quelqu’un d’autre.
Elisabeth Bonnet
Tout juste, note-t-il quelques défauts de jeunesse.
Paul Dardel
Il lui manque l’impression, aujourd’hui on ne peut pas imprimer, ce qui est un vrai défaut.
Intervenante
Et puis il lui manque aussi une petite caméra pour pouvoir prendre soit des photos, soit filmer.
Elisabeth Bonnet
Ludique certes, l’iPad est-il vraiment une révolution ? Nous avons posé la question à cette rédaction informatique. Ils ont testé l’un des seuls concurrents sur le marché, la tablette Archos d’une PME française. Moins chère, elle offre les mêmes fonctions que l’iPad mais n’a pas convaincu nos journalistes.
Julien Guillot
L’écran de l’Archos est beaucoup moins agréable, les polices sont moins jolies, sont moins esthétiques ; alors que sur l’iPad, on voit que graphiquement c’est très abouti.
Elisabeth Bonnet
Dans ce confort de lecture, la presse y voit son salut. On peut par exemple consulter la version papier du monde en payant au numéro. Apple empoche 30 % sur chaque transaction. Mais c’est un espoir pour ce quotidien en difficulté.
Philippe Jannet
Là, effectivement on se dit que sur l’iPad les éditeurs ont peut-être une chance, une opportunité de rattraper cette mode du gratuit dans laquelle ils se sont tous engouffrés. On voit que les premières applications qui ont été proposées en France et qui ont été proposées aux Etats-Unis sont plutôt des applications payantes.
Elisabeth Bonnet
Le succès de la presse dépendra aussi du succès de l’iPad. Son prix, 500 € minimum peut freiner les enthousiasmes. D’autant que la concurrence fourbit ses armes et s’attaquera au prix.

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