Sommet de Rambouillet

17 novembre 1975
01m 22s
Réf. 05000

Notice

Résumé :

En 1975, à l'initiative du président français Valéry Giscard d'Estaing, se tient au château de Rambouillet une rencontre entre les chefs d'Etat des principaux pays de monde occidental. Cette première réunion baptisée « sommet », est consacrée aux problèmes économiques et monétaires. Elles prendront ensuite le nom de G6 puis de G7.

Date de diffusion :
17 novembre 1975
Source :
FR3 (Collection: FR3 dernière )

Contexte historique

La réunion qui se déroule du 15 au 17 novembre 1975 au château de Rambouillet est une initiative française. Le président Valéry Giscard d'Estaing l'avait proposée au président américain Gerald Ford en juillet 1975, en marge de la conférence internationale d'Helsinki sur la sécurité et la paix en Europe. La tenue d'un sommet s'imposait par la nécessité de trouver une réponse coordonnée aux désordres monétaires et économiques apparus depuis le début de la décennie.

En août 1971, la suppression de la parité fixe entre le dollar et l'or et la remise en cause du système de Bretton Woods engendrent des désordres monétaires. En octobre 1973, le premier choc pétrolier perturbe les économies occidentales qui doivent faire face à un ralentissement de l'activité industrielle, une montée du chômage et une hausse des prix inflationniste. En ce qui concerne les problèmes monétaires, les ministres des finances des cinq pays les plus industrialisés (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni et France) avaient pris l'habitude de se rencontrer d'une manière informelle dans le cadre du FMI. Ces échanges de vue n'ont pas été suffisants pour stabiliser le cours des devises qui connaissent d'importantes variations. Le dollar, qui flotte depuis 1971, est dévalué de 10 % en février 1973. En 1972, les pays européens ont créé un « serpent monétaire européen » qui limite les fluctuations d'une monnaie par rapport à l'autre dans une fourchette de + ou – 2,5 %. Cette crise a aussi des effets négatifs sur les pays du tiers-monde exportateurs de matières premières dont le commerce s'effectue en dollars. Il faut donc se réunir au plus haut niveau et donner une visibilité internationale à l'action des six pays les plus industrialisés contre la crise. Les participants sont Gerald Ford, qui vient de succéder à Richard Nixon, le premier ministre japonais Takeo Mikki, et les Européens Valéry Giscard d'Estaing (France), Helmut Schmidt (Allemagne), Harold Wilson (Royaume-Uni) et Aldo Moro (Italie) ; ce dernier a été invité pour renforcer le pôle européen. Plus tard, les Etats-Unis imposeront la présence du Canada et le G6 deviendra alors le G7.

Les trois jours de discussion, préparés en amont par la rencontre des conseillers des chefs d'Etat, débouchent sur une déclaration finale qui énumère les principales décisions et l'esprit dans lequel elles ont été prises. Les six se définissent comme des « démocraties industrielles » qui vivent dans « un monde marqué par une interdépendance croissante » qui les conduit à une « coopération internationale accrue».

Sur les problèmes monétaires, le principal différend opposait La France aux Etats-Unis à propos du flottement des monnaies. Les Américains acceptent d'en limiter l'ampleur par une action des banques centrales mais ils refusent le retour à une parité fixe.

En ce qui concerne le commerce international et l'énergie, les six réaffirment leur attachement au libre-échange et au refus du protectionnisme. La France se fait aussi le porte-parole des pays du tiers-monde en obtenant la tenue d'une conférence Nord/Sud.

Au regard des problèmes posés, les résultats peuvent paraître décevants, surtout pour les Français qui devront accepter la généralisation du flottement des monnaies par le FMI en janvier 1976 (accords de la Jamaïque). En revanche, on peut parler de Rambouillet comme la première manifestation d'une forme de « gouvernance mondiale » qui oblige les grandes puissances à des négociations multilatérales pour trouver des solutions aux problèmes économiques. Rien n'avait été décidé à Rambouillet sur l'avenir de cette réunion, pourtant les sommets du G7 puis du G8 et se sont renouvelés. Le G20 est l'héritier de cette institution.

Claude Robinot

Éclairage média

Ce sujet du journal télévisé a pour but d'informer les téléspectateurs français des conclusions du sommet de Rambouillet qui vient de se tenir les jours précédents. La première image montre les six drapeaux des pays présents qui indiquent le caractère international de la réunion. Aucune image des discussions, elles sont à peine suggérées par un plan sur les fenêtres illuminées d'un salon du château. Le commentaire n'en précise pas la forme, réunion plénière ou négociations bilatérales. La caméra n'enregistre que le « ballet diplomatique » et l'arrivée officielle des chefs d'Etat et de leurs délégations. On peut remarquer que le président Valéry Giscard d'Estaing a tenu à donner à au sommet un caractère solennel en respectant le protocole diplomatique et républicain. La présence de la presse et d'un public de curieux montrée par quelques plans respecte les lois du genre. Le commentaire commence par évoquer un « esprit de Rambouillet », formule employée par le président Giscard d'Estaing pour souligner les aspects positifs de la réunion, c'est-à-dire la volonté de coopération. Pour le reste, le journaliste se contente, avec une pointe de scepticisme, de reprendre le texte de la déclaration finale qui marque la volonté de sortir de la crise, de lutter contre le chômage et l'inflation et surtout de stabiliser le cours du dollar. Il prête peu d'attention aux mesures sur le commerce international et aux droits de douanes qui seront plus tard partie prenante de la mondialisation.

Claude Robinot

Transcription

Journaliste
Valéry Giscard d’Estaing avait eu raison de prendre l’initiative de ce sommet. Il est né ici un esprit de Rambouillet : responsabilité et coopération. Les six hommes d’Etat ont constaté que leurs pays sont déjà plus ou moins en marche vers la reprise économique. Mais ils ne veulent pas qu’elle soit compromise par l’inflation. Ils sont résolus à en finir avec ce gaspillage de richesses humaines qu’est le chômage. Alors que faire ? Concertation tous azimuts tout d’abord avec les pays socialistes, avec les pays du Tiers-monde. Volonté de développer le commerce international ensuite. « Nous renonçons aux droits de douane qui accordent un abri abusif aux prix de revient excessifs ». Et surtout un code de bonne conduite monétaire. Que l’on sache, par exemple, qu’un dollar vaut 4 francs 50 et qu’on en reste là. Que la monnaie mondiale cesse d’être élastique. Parce que cette insécurité amène les industries exportatrices à prélever une lourde assurance risque de change d’où vie chère, jusqu'à ce que les acheteurs se désistent. Et alors, c’est le chômage. Et puis, j’ai noté qu’Helmut Schmidt, l’Allemand, Harold Wilson, le Britannique et Gerald Ford, l’Américain ont souvent employé ce même mot anglais « confidence », confiance. Eh bien, acceptons-en l’augure.

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