Le Forum économique mondial de Davos

29 janvier 2005
02m 09s
Réf. 05008

Notice

Résumé :

À Davos, en Suisse, le Forum économique mondial réunit des hommes politiques, des chefs d'entreprise et des personnalités du monde du cinéma et de la musique. Les acteurs Sharon Stone, Angelina Jolie et Richard Gere et le chanteur Bono s'engagent ainsi pour différentes causes. Le ministre de l'Économie Hervé Gaymard et des patrons s'efforcent de leur côté de promouvoir les entreprises françaises.

Date de diffusion :
29 janvier 2005
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Contexte historique

C'est en janvier 1971 que Klaus Schwab, universitaire allemand établi en Suisse, jette les bases de ce qui va devenir le Forum économique mondial. Ce professeur d'économie organise pendant deux semaines, à Davos, station de sports d'hiver de luxe isolée au cœur des Alpes suisses, un symposium de management européen. Sous le patronage de la Commission européenne et d'organisations industrielles, 400 chefs d'entreprises se rassemblent alors afin de réfléchir aux défis de l'internationalisation pour l'économie européenne. Dès lors, ce forum va se tenir chaque année. Il prend en 1987 le nom de « Forum économique mondial » (« World Economic Forum »). D'abord dédié aux dirigeants d'entreprises, il s'est progressivement élargi à d'autres catégories, à commencer par les hommes politiques à partir de 1974.

Davos devient donc chaque dernière semaine de janvier le lieu où se rencontrent dirigeants politiques, chefs d'entreprises, intellectuels, journalistes et même artistes. Ils se rassemblent tous pour débattre de grands problèmes dans le but d'« améliorer l'état du monde ». Ainsi, en 2013, quelque 2 500 personnes venues de 100 pays ont participé à la quarante-troisième édition du sommet de Davos. 1 500 patrons y assistaient dont ceux d'Unilever, Renault, Goldman Sachs ou Yahoo. De nombreux chefs d'États et de gouvernements, parmi lesquels les Premiers ministres britannique David Cameron, russe Dmitri Medvedev, allemand Angela Merkel et italien Mario Monti étaient également présents. Les dirigeants des grandes institutions internationales également, tels Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international, ou Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l'ONU. Des artistes se rendent aussi dans les Alpes suisses, à l'instar de l'actrice américaine Sharon Stone. Assistant à un débat sur la pauvreté en Afrique en 2005, elle avait été émue par l'évocation du paludisme en Tanzanie et avait organisé une collecte spontanée qui avait réuni un million de dollars destiné à l'achat de moustiquaires.

Doté d'un budget de 100 millions d'euros, le Forum économique mondial est une organisation non gouvernementale installée à Genève. Il est notamment financé par 1 000 entreprises membres qui versent chacune 35 000 euros de cotisation annuelle. Si Davos constitue de loin sa manifestation la plus emblématique, elle n'est néanmoins pas la seule. Il organise en effet plusieurs forums régionaux en Asie, en Amérique latine, au Proche-Orient et en Afrique. Il distingue également chaque année des jeunes leaders mondiaux.

Parce qu'il rassemble les décideurs de la planète, le Forum de Davos est devenu l'un des symboles de la mondialisation et par là-même l'une des cibles privilégiées des altermondialistes. Ceux-ci le considèrent en effet comme l'un des principaux lieux de décision de la mondialisation libérale qu'ils abhorrent. En réaction, ils ont instauré un rassemblement annuel, le Forum social mondial. Organisé à partir de 2001 à Porto Alegre, dans le sud du Brésil, il a lieu chaque année la même semaine que celui de Davos dont il se veut le contrepied. Doté d'un slogan emblématique, « Un autre monde est possible », il a connu un grand succès : quelque 135 000 personnes ont par exemple participé à son édition de 2009 dans la ville brésilienne de Belém. Il s'est délocalisé à plusieurs reprises, comme à Mumbai, en Inde, en 2004 ou à Dakar, au Sénégal, en 2011.

Le Forum social mondial a du reste poussé son concurrent à se saisir de thèmes sociaux et environnementaux qu'il n'abordait pas auparavant. De nombreux débats et conférences sont ainsi désormais organisés dans la station des Grisons sur des sujets très divers : la lutte contre la pauvreté et la faim dans le monde, le sida en Afrique, le changement climatique, les inégalités d'accès à l'éducation ou la fracture numérique.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage, tourné à Davos, a été diffusé dans le journal télévisé de 20 heures de France 2 le 29 janvier 2005, jour de la clôture du Forum économique mondial.

Il donne en premier lieu à voir le cadre et l'organisation de ce rassemblement. Plusieurs plans présentent ainsi les rues et les immeubles de Davos, station suisse de ski de luxe, où le rassemblement est organisé chaque année. D'autres montrent le lieu même de la réunion, le Centre des congrès de la ville, théâtre des colloques et des conférences. Le reportage laisse également deviner que le Forum ne se déroule pas seulement dans l'enceinte du Centre des congrès mais aussi dans des salons privés. Un déjeuner rassemble par exemple des chefs d'entreprises français autour de l'actrice Carole Bouquet et du ministre français de l'Économie Hervé Gaymard.

Le sujet montre en effet bien la spécificité du Forum de Davos qui chaque année réunit les élites mondiales venues de tous les horizons. Ainsi apparaissent à l'écran aussi bien des stars du cinéma et de la chanson (les acteurs Sharon Stone, Angelina Jolie, Richard Gere et Carole Bouquet ; Bono, le chanteur du groupe de rock irlandais U2) que des dirigeants politiques (Hervé Gaymard, le président de la Tanzanie Benjamin Mkpa) et des PDG (le patron de Microsoft Bill Gates, celui de Renault Louis Schweitzer ou la présidente du comité stratégique mondial du cabinet d'avocats Baker & McKenzie Christine Lagarde). Le reportage montre que le Forum de Davos pratique le mélange des genres : ces personnalités ne se contentent pas de se côtoyer mais se rencontrent et s'entretiennent. Cela donne lieu à des scènes assez étonnantes. En plein milieu d'un débat sur la pauvreté en Afrique qui réunissait le président tanzanien Benjamin Mkpa, Bill Gates ou le ministre britannique des Finances Gordon Brown, l'actrice américaine Sharon Stone se lève ainsi pour improviser une récolte de fonds en faveur de la lutte contre le paludisme en Tanzanie. On peut également voir Bono et Hervé Gaymard répondre ensemble aux questions de journalistes. Autre exemple illustrant le mélange des genres pratiqué à Davos : celle de patrons français qui déjeunent avec Carole Bouquet.

D'une certaine manière, ce sujet accrédite l'image d'un microcosme des élites mondiales véhiculée par les altermondialistes. Il vise cependant également à montrer que le Forum de Davos, concurrencé à la même période de janvier par le Forum social mondial depuis 2001, aborde désormais des thèmes sociaux et humanitaires qui ne le font plus apparaître seulement, selon les mots du journaliste, comme « un club de riches égoïstes ».

Christophe Gracieux

Transcription

Béatrice Schönberg
Le rendez-vous de Davos. Le forum économique mondial s’achève ce soir. On retiendra, bien sûr, la solidarité mondiale prônée par Jacques Chirac et Tony Blair. Mais restera aussi l’image de stars hollywoodiennes comme Sharon Stone faisant appel à la générosité des grands capitaines d’industrie. Jean-Paul Chapel sur place.
Jean-Paul Chapel
Sharon Stone a fait sensation à Davos. En plein forum, elle a pris la parole et offert 10 000 dollars pour combattre le paludisme en Tanzanie. Invitant les patrons présents à faire un geste avec elle, en quelques minutes, elle a collecté des promesses de don atteignant un million de dollars. La lutte contre la pauvreté, c’est le sujet de cette année. Et pour en parler, de nombreux artistes ont fait le déplacement. Sharon Stone, Angelina Jolie, Richard Gere, chaque vedette défend une cause humanitaire. Davos soigne son image. L’heure n’est plus à l’autosatisfaction. Plus question d’apparaître comme un club de riches égoïstes. Pour le ministre français de l’économie, l’occasion de défendre l’idée de Jacques Chirac, une taxe internationale pour financer le développement.
Hervé Gaymard
Comme on parle beaucoup de sujets très importants, cette année, comme le développement et la responsabilité du monde, je trouve que c’est extrêmement intéressant.
Jean-Paul Chapel
Et lui aussi va sympathiser avec des artistes militants, comme le chanteur Bono engagé dans l’aide à l’Afrique.
Bono
Ça fait du bien de rencontrer des ministres comme lui qui savent lire les bilans financiers mais savent aussi lever les yeux pour regarder les gens.
Jean-Paul Chapel
Mais à Davos, les bons sentiments n’empêchent pas de faire des affaires. A table, 60 patrons venus du monde entier ont déjeuné avec Carole Bouquet pour promouvoir l’image de la France. Objectif : encourager les entreprises étrangères à investir chez nous.
Hervé Gaymard
L’année dernière au minimum 40 000 emplois ont été créés dans notre pays grâce aux investissements étrangers et il y a tout ce travail de promotion de notre pays à faire.
Jean-Paul Chapel
Avant de repartir, entretien avec Bill Gates. L’homme le plus riche du monde a, lui aussi, créé une fondation humanitaire. A Davos, cette année, le capitalisme veut montrer qu’il a du coeur.

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