Le premier sommet du G20 à Washington en novembre 2008

16 novembre 2008
01m 35s
Réf. 05021

Notice

Résumé :

Pour la première fois, un sommet du G20 réunit les chefs d'États et de gouvernements à Washington les 14 et 15 novembre 2008. Il est consacré aux marchés financiers et à l'économie mondiale. Les présidents français Nicolas Sarkozy et américain George W. Bush ainsi que le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn soulignent la dimension historique de ce sommet.

Date de diffusion :
16 novembre 2008
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

Les sommets internationaux apparaissent de plus en plus comme une nouvelle forme de gouvernance mondiale. Il s'agit de rencontres régulières entre les chefs d'États et de gouvernements des principaux pays de la planète. Ils s'y entretiennent des grands problèmes mondiaux, principalement économiques mais également diplomatiques.

Ces forums ont vu le jour en 1975 à Rambouillet à l'initiative du président français Valéry Giscard d'Estaing. Les dirigeants de six pays industrialisés (États-Unis, République fédérale d'Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Japon) s'y sont réunis du 15 au 17 novembre 1975 afin de discuter des conséquences du choc pétrolier. Cette réunion informelle a donné naissance au « G6 » (« Groupe des six »), devenu dès 1976 le « G7 » (« Groupe des sept ») avec l'intégration du Canada. Dès lors, chaque année un sommet réunit les chefs d'États et de gouvernements de ces sept puissances économiques. La Communauté économique européenne y est également représentée par le président de la Commission à partir de 1976. Avec l'intégration de la Russie en 1997, le G7 se transforme ensuite en « G8 » (« Groupe des huit »). Les pays membres sont à tour de rôle les hôtes des sommets annuels. La France les a par exemple accueillis à Versailles en 1982, à La Défense en 1989, à Lyon en 1996, à Évian en 2003 et à Deauville en 2011.

La montée en puissance économique et géopolitique des pays émergents a par ailleurs peu à peu rendu nécessaire leur participation aux grandes décisions internationales. Le « G20 », le « Groupe des vingt », a ainsi été créé en 1999 à l'initiative du ministre canadien des Finances Paul Martin après la crise financière asiatique. Aux huit pays du G8 et à l'Union européenne, il associe onze pays émergents : l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique et la Turquie. Dans un premier temps, seuls les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales ont participé aux réunions du G20. Mais à partir de 2008, à la suite de la crise économique et financière mondiale, le G20 réunit les chefs d'États et de gouvernements : leur premier sommet s'est tenu à Washington, les 14 et 15 novembre 2008. Le communiqué final a notamment appelé à une relance économique et au renforcement de la régulation des marchés financiers. Après ce premier sommet, d'autres ont eu lieu à Londres (Royaume-Uni) et Pittsburgh (États-Unis) en 2009, à Toronto (Canada) et Séoul (Corée du Sud) en 2010, à Cannes (France) en 2011, à Los Cabos (Mexique) en 2012 et à Saint-Pétersbourg (Russie) en 2013. La présidence du G20 est en effet tournante.

En rassemblant les dix-neuf pays les plus puissants et l'Union européenne, le G20 représente environ 85 % de la richesse mondiale et 65 % de la population de la planète. Plusieurs autres États y sont également invités, tout comme le Fonds monétaire international, l'Organisation mondiale du commerce, la Banque mondiale et l'Organisation internationale du travail.

Si le G8 continue de réunir chaque année les anciennes puissances industrielles, il s'efface désormais derrière le G20. Ce dernier symbolise un monde devenu polycentrique et le poids croissant des pays émergents. Toutefois, le G20 se contente surtout d'être un forum. Ses décisions n'ont en effet aucune valeur juridique. La déclaration finale de chaque sommet n'est qu'un texte issu du consensus entre ses participants. Le G20 ne constitue donc encore qu'un embryon de gouvernance mondiale. Il est pourtant considéré comme tel par les altermondialistes. Ceux-ci organisent alors des contre-sommets parallèles et des manifestations. Ces actions donnent quelquefois lieu à de violents heurts avec les forces de l'ordre, comme à Gênes en 2001 et à Évian en 2003.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Tourné à Washington le 15 novembre 2008 et diffusé le lendemain dans le journal télévisé de 20 heures de France 2, ce sujet a été réalisé par l'envoyé spécial de la chaîne Jean-Paul Chapel, journaliste spécialiste des questions économiques. Consacré au sommet du G20, il se compose entièrement d'images institutionnelles. Il alterne en effet les commentaires sur images des participants et les extraits de conférences de presse et d'interviews de deux chefs d'États (les présidents français Nicolas Sarkozy et américain George W. Bush) et du directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn.

Il présente des images de scènes coutumières des sommets internationaux : la table des négociations, les conférences de presse et les photographies de dirigeants. Toutefois, le reportage s'attache surtout à mettre en valeur la dimension historique de ce sommet du G20, première réunion des chefs d'États et de gouvernements des vingt pays les plus puissants. Cette dimension apparaît explicite dans les extraits des conférences de presse des présidents français et américain comme dans l'interview de Dominique Strauss-Kahn.

Elle est également visible à l'écran. Le sujet débute en effet par un plan en plongée sur la très grande table autour de laquelle sont installés les chefs d'États et de gouvernements. Ces images témoignent de la participation de dix-neuf États et de l'Union européenne à ce sommet : les dirigeants sont assis devant le drapeau de leur pays. Sur la même rangée sont ainsi placés côte à côte les représentants chinois, brésilien, américain, japonais et italien. Les images d'ouverture du reportage indiquent également que les chefs d'États et de gouvernements ne sont pas seuls autour de la table : ils sont accompagnés de conseillers. Le président des États-Unis George W. Bush est ainsi montré en gros plan au côté de son secrétaire au Trésor Henry Paulson.

Cette dimension de « gouvernement du monde », selon les mots de Jean-Paul Chapel, apparaît en outre dans le montage de plans qui présentent l'hôte du sommet, George W. Bush, photographié en compagnie d'autres dirigeants. Il est ainsi successivement montré avec le Premier ministre japonais Taro Aso, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre indien Manmohan Singh et le président sud-africain Kgalema Motlanthe. Rituel de toutes les rencontres internationales, la photographie de famille des dirigeants qui clôt le sujet apparaît également emblématique de cette nouvelle forme de gouvernance mondiale que se veut être le G20. Après une vue générale de tous les participants, un zoom avant s'attarde sur quelques-uns d'entre eux, parmi lesquels on peut distinguer Nicolas Sarkozy, George W. Bush, le Premier ministre britannique Gordon Brown, le roi d'Arabie Saoudite Abdallah, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ou Angela Merkel.

La dimension de club des puissants est en outre figurée sur le logo choisi pour ce sommet. Il représente en effet le globe terrestre entouré de l'intitulé « Summit on Financial Markets and the World Economy » (« Sommet sur les marchés financiers et l'économie mondiale »). Ce logo apparaît omniprésent dans le reportage : il est placé au centre de la table de négociations mais aussi en arrière-plan de la photographie de famille et sur les pupitres des conférences de presse des dirigeants.

Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
C’est un peu le gouvernement du monde qui vient de faire ses tout premiers pas. Pour la première fois, pays riches et pays émergents se sont réunis au plus haut niveau. Les 20 chefs d'Etat veulent coopérer pour sauver l’économie mondiale.
Nicolas Sarkozy
C’est historique qu’ici, aux Etats-Unis, l’administration américaine accepte de faire mouvement sur des sujets où, historiquement (ce n’est pas une question de républicains ou de démocrates), historiquement, toutes les administrations américaines avaient refusé de faire mouvement.
Journaliste
Désormais, plus aucun domaine de la finance ne doit échapper à une forme de contrôle ou de surveillance. C’est la fin du laisser-faire. Même les plus libéraux ont dû s’y résoudre.
George W. Bush
Vous savez que j’ai toujours défendu l’économie de marché, jusqu’à ce qu’on me dise que si l’on ne prend pas de mesures drastiques, notre pays risque d’entrer dans une dépression encore plus grave que la grande dépression.
Journaliste
Plus de concertation aussi dans les politiques économiques. Les 20 leaders se sont mis d’accord également pour un plan d’urgence. Une relance budgétaire plus ou moins coordonnée.
Dominique Strauss-Kahn
La quasi-totalité d’entre eux ont soutenu la proposition du FMI d’utiliser l’arme budgétaire et donc la relance budgétaire coordonnée pour obtenir des plus grands résultats. Du coup, la situation dans laquelle nous sommes est vraiment une situation qui change.
Journaliste
Les 20 ont promis de se retrouver au mois d’avril, sans doute à Londres, pour vérifier que les principes décidés aujourd'hui ont bien engendré des résultats concrets.

Les enseignants de l'Éducation nationale disposent d'un accès gratuit à la version intégrale de Jalons depuis le portail Éduthèque.

Se connecter:

eduthèque