Le nouveau terminal de l'aéroport de Pékin

29 février 2008
02m 11s
Réf. 05073

Notice

Résumé :

Un nouveau terminal, le plus grand au monde, ouvre ses portes à l'aéroport de Pékin en 2008. Le directeur de l'aéroport de Pékin justifie cette ouverture : elle doit permettre de répondre à la forte croissance du transport aérien chinois, croissance sur laquelle s'exprime aussi le vice-président de Boeing en Chine. La Chine manque cependant de pilotes d'avion.

Date de diffusion :
29 février 2008
Source :
A2 (Collection: 20 heures )
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Contexte historique

Si le trafic aérien n'augmente plus que lentement en Amérique du Nord et en Europe, il connaît au contraire une très forte croissance en Asie. La hausse du trafic de passagers y est essentiellement portée par le développement économique des pays émergents.

Avec 95,5 millions de passagers en 2012, l'aéroport d'Atlanta-Hartsfield occupe certes encore solidement le premier rang mondial du classement des aéroports mondiaux les plus fréquentés établi chaque année par le Conseil international des aéroports. Il continue en effet de profiter de la puissance de la plate-forme de la compagnie américaine Delta Air Lines. Les États-Unis comptent du reste encore quatre aéroports parmi les plus dix plus importants dans le monde : Chicago-O'Hare (cinquième mondial avec 67,1 millions de passagers), Los Angeles (sixième avec 63,7 millions de passagers) et Dallas-Fort Worth (huitième avec 58,6 millions de passagers).

La croissance des aéroports asiatiques apparaît toutefois exponentielle. Ainsi, en 2006 seuls deux des dix aéroports les plus fréquentés dans le monde étaient situés en Asie (Tokyo-Haneda quatrième et Pékin neuvième). Le continent ne comptait alors que quatre des vingt premiers aéroports mondiaux (Hong Kong et Bangkok s'ajoutaient à Tokyo et Pékin) contre onze pour les seuls États-Unis et cinq pour l'Europe.

Cependant, le paysage mondial du transport aérien a été profondément transformé en quelques années par la très forte augmentation du trafic dans les pays asiatiques. Quatre des dix aéroports mondiaux les plus fréquentés et huit des vingt premiers sont désormais établis en Asie : Pékin se situe à la deuxième place de la hiérarchie mondiale (avec 82 millions de passagers en 2012), Tokyo à la quatrième (67,8 millions de passagers), Jakarta à la neuvième (57,8 millions de passagers), Dubaï à la dixième (57,7 millions de passagers), Hong Kong à la douzième (56 millions de passagers), Bangkok à la quatorzième (53 millions de passagers), Singapour à la quinzième (51,2 millions de passagers) et Canton à la dix-huitième (48,5 millions de passagers). Ce sont les aéroports de Jakarta et de Dubaï qui ont connu la plus importante croissance ces dernières années : ils n'étaient respectivement classés qu'aux vingt-troisième et quinzième rangs des plates-formes aéroportuaires les plus fréquentées en 2009.

L'aéroport de Pékin est quant à lui devenu le deuxième aéroport mondial en 2010. La croissance de son trafic a été fulgurante. Il n'était en effet que le quinzième aéroport mondial en 2005 et ne figurait même pas au début des années 2000 parmi les trente premiers. Son ascension a notamment été accélérée par l'ouverture en février 2008 d'un troisième terminal, quelques mois avant que la capitale chinoise n'accueille les Jeux Olympiques d'été. Conçu par l'architecte britannique Norman Foster, il s'agit du plus grand terminal aéroportuaire du monde : il s'étend sur plus de 3 kilomètres et 98 hectares.

Plus largement, c'est l'ensemble du transport aérien chinois qui est en forte croissance. Celle-ci est essentiellement portée par le boom économique du pays, désormais deuxième puissance économique mondiale. De fait, les déplacements des Chinois au sein de leur pays, pour les affaires comme pour le tourisme, ont beaucoup augmenté. Le trafic aérien en provenance de l'étranger est également en hausse constante. Aussi le pays construit-il de nombreux aéroports. Doté de 175 aéroports en 2011, il prévoit d'en édifier 70 nouveaux d'ici 2015.

La croissance du trafic aérien chinois soulève néanmoins deux difficultés importantes. Les compagnies aériennes chinoises manquent tout d'abord de pilotes. En outre, les aéroports chinois souffrent de grands problèmes de ponctualité. Ainsi, en juin 2013, seuls 18 % des vols partaient à l'heure à l'aéroport de Pékin contre respectivement 96 % et 95 % aux aéroports japonais d'Osaka et de Tokyo.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Consacré à l'ouverture du troisième terminal de l'aéroport de Pékin le 29 février 2008, ce sujet a été réalisé le jour même dans l'aérogare par les correspondants permanents de France 2 en Chine. Le reportage se compose principalement d'images factuelles tournées à l'intérieur du nouveau terminal mais aussi à l'extérieur, devant les tarmacs. Ces images factuelles sont entrecoupées d'interviews d'un passager chinois, du directeur de l'aéroport et du vice-président de Boeing en Chine.

L'équipe de France 2 a pris le parti de décomposer son sujet en deux séquences. La première traite l'événement particulier qui fait l'actualité du jour : l'ouverture du nouveau terminal de l'aéroport pékinois. La seconde viser à replacer cette inauguration dans un contexte général, celui du transport aérien en Chine et de ses récentes mutations.

La première séquence du reportage a été entièrement filmée dans l'enceinte même du nouvel aérogare conçu par l'architecte britannique Norman Foster. Elle propose des images classiques des sujets tournés dans les aéroports, tels que des plans sur des passagers qui attendent devant les comptoirs d'embarquement des compagnies aériennes ou sur des écrans d'affichage des vols. Cette séquence vise surtout à faire prendre conscience aux téléspectateurs de l'immensité de ce nouveau terminal, désormais le plus grand au monde. Plusieurs plans donnent ainsi à voir les dimensions inégalées du bâtiment. Le commentaire insiste d'ailleurs sur celles-ci en accumulant une série de chiffres destinés à frapper les esprits.

Pascal Golomer, correspondant permanent de France 2 à Pékin, ne se contente toutefois pas de proposer un sujet factuel uniquement consacré à une inauguration aéroportuaire. Il replace également celle-ci dans un contexte plus général, celui du transport aérien en Chine. Cette deuxième partie a deux objectifs. Il s'agit d'une part de souligner la forte croissance du trafic aérien chinois. Il s'agit d'autre part de mettre en avant l'un des problèmes suscités par cet essor, celui du manque de pilotes. De façon logique, cette deuxième séquence est principalement illustrée par des plans filmés à l'extérieur du nouveau terminal : elle se compose d'images d'atterrissages d'avions, d'appareils stationnant sur le tarmac ou de plans d'ensemble de l'aéroport.

Christophe Gracieux

Transcription

Présentateur
C’est le plus grand terminal d’aéroport du monde. Il vient tout juste d’être achevé à Pékin. Les chiffres sont impressionnants à l’image de ce qui se passe en Chine. Là-bas, les besoins croissent plus vite que les moyens. Et c’est vrai aussi pour le trafic aérien. La Chine, par exemple, n’arrive pas à former assez de pilotes d’avion pour répondre à la demande. Il devrait en manquer 2000 d’ici à deux ans. Correspondance : Pascal Golomer, Adeline Cassier.
Pascal Golomer
Après 4 ans de travaux à peine et plus de 1 milliard et demi d’euros dépensés, l’aéroport de Pékin ouvre donc son troisième terminal. En termes de taille, c’est le plus grand du monde. Un million de m², 130 magasins, 60 restaurants, 200 000 passagers par jour. Mais ce matin, il sonnait encore un peu creux. 9 compagnies seulement ont investi les lieux pour une période test. Une vingtaine d’autres les rejoindront dans un mois.
Inconnu
En cette année olympique, cela permet à Pékin de montrer au monde entier une image de modernité, de réussite et de performance technique.
Pascal Golomer
Pékin avait, de toute façon, grand besoin de ce nouvel aérogare parce que les deux autres, prévus pour accueillir 35 millions de passagers par an, étaient devenus totalement saturés.
Tong Zhiyi
Nous tablons sur 60 millions de passagers cette année. Sans ce nouveau terminal, nous aurions dû limiter le nombre d’avions qui atterrissent ici. Et cela aurait pénalisé le développement économique de la région.
Pascal Golomer
Une croissance à l’image de tout le trafic aérien en Chine. Le pays prévoit de construire une cinquantaine de nouveaux aéroports d’ici à 2010. Les constructeurs aéronautiques, eux, se frottent les mains. Plus de 3000 avions devraient être vendus dans les 20 prochaines années.
John Bruns
A chaque fois que vous embarquez en Chine, vous verrez des passagers qui prennent l’avion pour la première fois. Et il y a énormément de Chinois qui n’ont jamais pris l’avion. Donc le potentiel encore inexploité est énorme.
Pascal Golomer
Seul problème, et il est de taille, le personnel manque cruellement pour prendre les commandes de ces nouveaux avions. Les centres de formation ont du mal à suivre le rythme. Et de plus en plus de compagnies embauchent à prix d’or des commandants de bord étrangers. Faute d’un nombre de pilotes suffisants, le gouvernement chinois ne veut autoriser aucune nouvelle compagnie jusqu'en 2010. Pourtant les candidats ne manquent pas, attirés par la croissance d’un marché que rien ne semble pouvoir arrêter.

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