La piraterie dans le golfe d'Aden

27 mars 2009
02m 45s
Réf. 05088

Notice

Résumé :

Les actes de piraterie se multiplient dans le golfe d'Aden, au large de la Somalie. Les pirates utilisent de petites embarcations rapides. La frégate française le Nivôse participe à une opération de surveillance contre la piraterie dans ces eaux de l'océan Indien.

Type de média :
Date de diffusion :
27 mars 2009

Contexte historique

Les actes de piraterie se sont multipliés sur les mers de la planète depuis les années 1990. C'est le golfe d'Aden, au large de la Somalie, qui constitue le principal foyer de ces attaques. 237 bateaux ont ainsi été attaqués dans les eaux somaliennes en 2011 contre une cinquantaine en 2007.

L'essor de la piraterie au large de la Corne de l'Afrique est principalement dû à la situation politique de la Somalie. Ravagée par la guerre civile, elle est dépourvue d'un État organisé. Les pirates somaliens sont par ailleurs généralement des pêcheurs pauvres. Néanmoins la plupart appartiennent désormais à des organisations criminelles.

Leurs attaques suivent généralement le même mode opératoire. Les pirates embarquent à bord de skiffs, petits bateaux en bois très rapides que les radars ne peuvent souvent pas détecter. Armés de fusils d'assaut et de lance-grenades, ils prennent d'assaut les navires qui passent par le golfe d'Aden sur la route maritime entre l'Europe et l'Asie. Ils s'emparent alors des objets de valeur qu'ils peuvent trouver. Surtout, ils prennent en otage les membres de l'équipage afin d'obtenir une rançon. Ainsi, en 2008, les passagers du voilier de croisière français Le Ponant pris en otages par des pirates n'avaient été libérés que contre le versement d'une rançon. En 2011, les otages étaient en moyenne détenus neuf mois par les pirates somaliens, tandis que la rançon moyenne versée s'élevait à 5 millions de dollars.

La recrudescence de la piraterie au large de la Somalie a poussé les acteurs du commerce maritime international et les États à prendre des mesures. Les armateurs des navires ont d'une part fait appel à des sociétés privées de sécurité pour se protéger contre les attaques. D'autre part, une opération militaire antipiraterie, baptisée Atalante, a été lancée par l'Union européenne depuis décembre 2008. Elle rassemble une vingtaine de bâtiments, dont la frégate française le Nivôse, et 1 800 militaires. Elle a d'abord pour objectif de dissuader les actes de piraterie au large des côtes somaliennes : il s'agit de protéger les navires marchands qui passent par la Corne de l'Afrique ainsi que les navires affrétés par le Programme alimentaire mondial à destination de la Somalie. Les forces militaires de l'opération Atalante peuvent également recourir à l'usage de la force pour faire cesser des actes de piraterie et récupérer des otages. Par exemple, en 2011, trois bâtiments militaires européens ont intercepté un skiff de pirates qui avaient pris en otages un couple de Français sur un voilier au large du Yémen. De même, en 2008, certains des pirates qui avaient attaqué Le Ponant ont été arrêtés par l'armée française en Somalie avant d'être jugés en France.

Ces actions militaires ont fait diminuer les actes de piraterie dans le golfe d'Aden. Selon le Bureau maritime international, seuls 75 bateaux y ont été attaqués en 2012. En tout dans le monde, ce sont 297 navires qui ont cette année-là été la cible de pirates contre 439 en 2011.

Toutefois, si elle a baissé dans le golfe d'Aden, la piraterie a connu une augmentation dans d'autres régions du monde. Elle s'est ainsi beaucoup développée dans le détroit de Malacca, entre la Malaisie et l'Indonésie. Le golfe de Guinée, au large de l'Afrique de l'Ouest, est lui aussi devenu une zone privilégiée de piraterie. Selon le Bureau maritime international, 427 attaques s'y sont produites entre 2003 et 2013. Les pirates du golfe de Guinée cherchent surtout à s'emparer de la cargaison des bâtiments qu'ils attaquent pour la revendre ensuite. Ils prennent également des membres d'équipage en otages : 206 personnes l'ont été dans le golfe de Guinée en 2012 dont 5 ont été tués. Ces otages leur servent cependant surtout à protéger leur fuite. Dès lors, la marine française effectue également des missions de surveillance dans le golfe de Guinée afin de protéger les navires bâtant pavillon français.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet est extrait d'un reportage diffusé dans Thalassa, le magazine de la mer sur France 3 le 27 mars 2009. Thalassa est l'une des émissions les plus anciennes de la télévision française. Créée en 1975 par Georges Pernoud qui en a d'abord assuré le commentaire avant d'en devenir le présentateur à partir de 1980, elle est consacrée à la mer et à tous les sujets qui la concernent. Mensuelle de 1975 à 1980, Thalassa a ensuite vu sa périodicité devenir hebdomadaire. Très regardée, elle est diffusée en première partie de soirée depuis 1989.

Portant sur la piraterie dans le golfe d'Aden, le présent sujet a été intégré à une émission entièrement consacrée à celle qui sévit sur les mers de la planète. Cette émission était en effet composée de quatre reportages sur différents aspects de la piraterie maritime : la piraterie dans le golfe d'Aden, celle dans le détroit de Malacca, les mesures prises par les armateurs et les pirates somaliens. Ces sujets étaient entrecoupés de plateaux avec un invité, Jean-François Daguzan, directeur adjoint à la Fondation pour la recherche stratégique.

Le reportage sur les actes de pirateries au large des côtes somaliennes est le premier à avoir été diffusé dans l'émission de Thalassa du 27 mars 2009. Ce choix se justifie par le fait que le golfe d'Aden est la principale zone de piraterie dans le monde. Il a été réalisé dans ses eaux par une équipe de Thalassa conduite par la journaliste grand reporter Isabelle Billet. Ici, il s'agit d'un bref extrait de ce reportage qui dure en tout plus d'une quarantaine de minutes.

Cet extrait se compose de deux séquences. La première sert de présentation générale du phénomène de la piraterie dans le golfe d'Aden. Elle comporte ainsi uniquement des images d'illustration qui appuient le commentaire de la journaliste : ce sont des vues aériennes de bateaux naviguant dans les eaux du golfe d'Aden et de skiffs somaliens dont certains transportent peut-être des pirates.

La deuxième séquence vise quant à elle à rendre concrète la lutte contre la piraterie. L'équipe de Thalassa a embarqué à bord de la frégate française le Nivôse. Il s'agit de montrer de quelle manière ce navire participe à l'opération européenne Atalante de lutte contre la piraterie dans le golfe d'Aden. Cette séquence alterne les images d'illustration de la frégate avec le suivi d'une mission de surveillance et une interview d'un des marins français.

Christophe Gracieux

Transcription

(Bruit)
Journaliste
Golfe d’Aden, novembre 2008. Les attaques de pirates s’enchaînent à une fréquence encore jamais constatée. 118 navires pris d’assaut pour cette seule année dont 3 français, plus de 40 retenus en otage. L’Océan Indien devient le point le plus chaud de la planète.
(Bruit)
Journaliste
De leurs minuscules embarcations, les pirates frappent où ils veulent et quand ils veulent. Leur audace défie toutes les autorités et menace l’ensemble du trafic maritime de la région. Les bandits viennent du nord-est de la Somalie. Par petits groupes, ils écument le golfe d’Aden à la recherche d’une proie et ils ont l’embarras du choix. Chaque année, 16 000 navires empruntent ce couloir maritime situé entre l’Afrique de l’est et la péninsule arabique.
(Bruit)
Journaliste
Depuis quelques semaines, les autorités très inquiètes tentent de reprendre le contrôle de cette zone de non-droit. Quelques bâtiments de guerre patrouillent. Et parmi eux, une frégate française, le Nivôse.
(Bruit)
Inconnu
Reçu. Je répète la position. 13' 49'' Nord. 47' 44'' Est.
Journaliste
Les pirates sont déjà à bord ?
Inconnu
2. 2 a priori.
Journaliste
Avec certitude ?
Inconnu
Non, de toute manière, c’est une information qui n’est toujours pas corrélée. C’est une interception sur la fréquence. Il y a une semaine, quand on était dans la zone, il y a un bateau qui s’est fait attaquer 8 fois par des pêcheurs sur la fréquence. Il a même envoyé un message de détresse comme quoi il était attaqué. Et en fait, ce n’étaient que de simples pêcheurs. Donc il faut que l’information soit corrélée.
Journaliste
Depuis qu’ils ont quitté Djibouti, les militaires français ne cessent d’intercepter des appels comme celui-ci : annonces d’attaques non confirmées, signalement de bateaux suspects. Des messages qui en disent long sur l’insécurité qui règne dans le golfe.
(Musique)
Journaliste
Le navire de guerre français a pour mission d’accompagner et de protéger des navires de commerce qui doivent traverser ce corridor situé entre la Mer Rouge et l’Océan Indien. Et en cette fin d’année, la tension est à son comble dans la région. Les pirates s’en donnent à coeur joie. 15 attaques en novembre dont 4 réussies. La traversée s’annonce houleuse.

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