La préparation des Jeux Olympiques de Séoul

03 juillet 1987
02m 44s
Réf. 05090

Notice

Résumé :

Séoul se prépare à accueillir les XXIVe Jeux Olympiques d'été en 1988. Un membre du Comité d'organisation estime que les manifestations de masse en faveur de la démocratisation de la Corée du Sud qui se sont déroulées en juin 1987 ne remettent pas en cause la tenue des Jeux. Plusieurs installations sportives sont déjà achevées, notamment le stade de tennis et le stade olympique.

Date de diffusion :
03 juillet 1987
Source :
FR3 (Collection: Lorraine soir )
Personnalité(s) :
Lieux :

Contexte historique

C'est en 1981 que Séoul a été désignée par le Comité international olympique (CIO) pour accueillir les XXIVe Jeux Olympiques d'été en 1988. Avec le choix de la capitale de la Corée du Sud, le CIO présidé par Juan Antonio Samaranch accordait à l'Asie pour la deuxième fois les Jeux Olympiques après ceux de Tokyo en 1964, avant que Pékin ne les obtienne à son tour pour 2008.

Cette désignation validait les transformations de la Corée du Sud. L'économie du pays s'est en effet fortement modernisée à partir des années 1960. Cette modernisation a été portée par un taux de croissance économique très élevé, proche de 10 % chaque année entre 1962 et 1990. L'économie sud-coréenne a par ailleurs profité de la préparation des Jeux Olympiques de Séoul, son taux de croissance atteignant les 12 % annuels entre 1986 et 1988.

Les Jeux Olympiques de Séoul ont également constitué une étape décisive dans l'établissement de la démocratie en Corée du Sud. Plus d'un an avant leur ouverture, des manifestations de masse en faveur d'une démocratisation se sont en effet déroulées dans le pays en juin 1987. La proximité des Jeux Olympiques, vitrine internationale pour la Corée du Sud, força le pouvoir à faire d'importantes concessions démocratiques. Ainsi, le président de la République Chon Tu-hwan et son successeur désigné Roh Tae-woo annoncèrent la mise en place de l'élection du président au suffrage universel et le rétablissement des libertés fondamentales. Une nouvelle Constitution démocratique fondant une Sixième République fut alors adoptée puis Roh Tae-woo fut élu président en décembre 1987.

La désignation de Séoul comme ville hôte des Jeux Olympiques ne favorisa en revanche pas une réconciliation entre les deux Corées. Depuis l'armistice du 27 juillet 1953 qui avait mis fin à la guerre de Corée, la Corée du Sud et la Corée du Nord étaient en effet séparées par une zone démilitarisée le long du 38e parallèle. De fait, la Corée du Nord a décidé de boycotter les Jeux Olympiques de Séoul. Elle motiva ce boycott par le rejet de sa demande d'accueillir la moitié des épreuves. À la suite du régime de Pyongyang, six pays ont également refusé de participer aux Jeux : Cuba, l'Albanie, l'Éthiopie, Madagascar, le Nicaragua et les Seychelles.

Les Jeux Olympiques de Séoul furent ainsi les quatrièmes consécutifs à subir un boycott. En 1976 ceux de Montréal avaient été boycottés par 28 pays africains opposés à la participation de la Nouvelle-Zélande après la tournée de son équipe de rugby dans l'Afrique du Sud de l'apartheid. Puis en 1980 une cinquantaine de pays dont les États-Unis boycottèrent les Jeux de Moscou pour protester contre l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS en 1979. Enfin, en 1984, l'URSS et 14 pays alliés ne se rendirent à leur tour pas à Los Angeles.

Malgré le boycott de sept nations, les Jeux Olympiques de Séoul, organisés du 17 septembre au 2 octobre 1988, virent la participation record de 159 pays dont celle des deux Grands réunis pour la première fois depuis 1976. 23 sports faisaient partie du programme olympique. Parmi eux le tennis réapparaissait pour la première fois depuis 1924 et le tennis de table faisait son entrée officielle.

Le principal événement de ces Jeux fut la disqualification pour dopage aux anabolisants du sprinter canadien Ben Johnson trois jours après sa victoire et son record du monde sur 100 mètres. Premier athlète de haut niveau à être éliminé pour dopage, il laissa sa médaille d'or au tenant du titre américain Carl Lewis. Avec 132 médailles dont 55 en or, l'URSS sortit vainqueur des Jeux de Séoul devant la République démocratique allemande (102 médailles dont 37 en or), les États-Unis (94 médailles dont 36 en or) et le pays hôte (33 médailles dont 12 en or).

Le succès de l'organisation des Jeux de Séoul marqua la consécration internationale de la Corée du Sud. Il fut prolongé en 1990 par la signature d'un traité de réconciliation entre les deux Corées qui permit l'admission simultanée des deux pays à l'ONU.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage a été diffusé le 3 juillet 1987 dans « Lorraine soir », le journal télévisé quotidien de FR3 Lorraine. Portant sur la préparation des Jeux Olympiques d'été de Séoul organisés en 1988, il a été réalisé dans la capitale de la Corée du Sud par les envoyés spéciaux de l'antenne régionale de FR3. Ce choix paraît surprenant. Peu coutumières des sujets sur des événements internationaux, les rédactions régionales de FR3 envoient très rarement des envoyés spéciaux à l'étranger.

La décision de la rédaction de FR3 Lorraine de consacrer un sujet aux Jeux Olympiques d'été de Séoul plus d'un an avant leur tenue paraît à première vue également étonnante. Il s'agit en fait d'aller constater sur place l'état d'avancement des préparatifs pour cette grande compétition sportive. Ainsi, l'essentiel du reportage se constitue d'images de Séoul et des installations sportives édifiées pour les Jeux sur lesquelles sont incrustées à deux reprises des infographies basiques. Les vues de la capitale de la Corée du Sud, qu'elles soient filmées depuis les airs ou dans la rue, visent à illustrer la modernisation et l'expansion de Séoul. Quant aux images de quelques-unes des infrastructures sportives – le stade de tennis, le stade olympique et le parc olympique –, elles attestent de l'état avancé de la préparation de Séoul pour les Jeux Olympiques.

Si FR3 Lorraine a envoyé une équipe à Séoul plus d'un an avant l'ouverture des Jeux Olympiques, c'est également pour y observer les conséquences du mouvement démocratique populaire qui vient de se dérouler sur leur organisation. De fait, peu avant le tournage de ce reportage, des manifestations massives en faveur de la démocratisation et de la libération se sont déroulées dans toute la Corée du Sud pendant une grande partie du mois de juin 1987. Le présent sujet n'en propose ni image ni analyse mais il fait malgré tout allusion à ces événements : c'est l'objet principal de l'interview de Lee Jae-hong, membre du Comité d'organisation des Jeux Olympiques de Séoul chargé des relations avec les médias, interrogé devant le siège de celui-ci.

Christophe Gracieux

Transcription

Présentatrice
Après Los Angeles en 84, Séoul, la capitale de la Corée du Sud, aura le privilège d’accueillir les 24ème Jeux Olympiques. Ce sera la seconde ville d’Asie à obtenir l’organisation des jeux après Tokyo en 1964. On attend près de 300 000 visiteurs en septembre 88 car il semble bien que les dernières décisions prises par le pouvoir politique ont levé les quelques doutes qui pesaient encore sur l’organisation des jeux. Au cours de leur périple en Corée, Gérard Clavel et Jean Haussa ont donc pu faire le tour des équipements olympiques déjà installés.
Journaliste
Pour les 40 millions de Coréens, la décision en 1981 d’attribuer à Séoul l’organisation des jeux de la 24ème olympiade a été une date historique. Pour ce pays montagneux dont la densité dépasse 400 habitants au kilomètre carré, tout ce qui peut concourir à porter très loin la renommée de cette nation, 5 fois plus petite que la France, est accueilli avec reconnaissance. Séoul, 10 millions d’habitants, s’apprête donc à accueillir du 17 septembre au 2 octobre 88 9000 athlètes qui concourront dans 23 sports totalisant 237 épreuves. Au siège du comité d’organisation à Séoul, on affiche une tranquille sérénité face à l’agitation qui a marqué ces dernières semaines.
Jae Hong Lee
Il n’y a pas de problème à propos de l’organisation des jeux de 88. Je suis sûr que les bons compromis politiques seront décidés entre les parties concernées. Et à propos des jeux de Séoul, il faut savoir que le peuple coréen est derrière nous. Je suis sûr que les JO de l’an prochain seront un grand succès.
Journaliste
Ces propos optimistes du comité olympique sont renforcés par la décision prise par le président coréen [Sheng] d’ouvrir le processus vers une démocratisation des institutions. Ces jeux seront probablement un grand succès car des disciplines comme le tennis, boudées jusqu’à présent par le mouvement olympique à cause des millions de dollars qu’ils mettent en jeu, le tennis, donc, fait une entrée remarquée à Séoul. Le superbe stade de 15 000 places édifié pour la circonstance verra donc les Lendl, Becker et autre Noah s’affronter pour le prestigieux titre de champion olympique. Le stade olympique de 100 000 places servira de cadre aux épreuves d’athlétisme. Le total des recettes provenant des droits de retransmission payés par les chaînes de télévisions du monde entier dépasseront 2 milliards 400 millions de francs. Un véritable pactole qui contribuera à équilibrer le budget des jeux. Le parc olympique de Séoul est un gigantesque chantier. Les 35 lieux de compétition sont en voie d’achèvement. Les Coréens mobiliseront plus de 70 000 personnes pour assurer le bon déroulement des épreuves. De nouvelles disciplines font…

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