L'Europe des Quinze

02 janvier 1995
01m 46s
Réf. 05114

Notice

Résumé :

Le 1er janvier 1995, l'Union européenne connaît le quatrième élargissement de son histoire : l'Autriche, la Finlande et la Suède y adhèrent officiellement, la faisant passer de douze à quinze membres. Les trois nouveaux membres sont successivement présentés.

Date de diffusion :
02 janvier 1995
Source :
FR3 (Collection: Alsace Soir )

Contexte historique

Le 1er janvier 1995, l'Autriche, la Finlande et la Suède adhèrent à l'Union européenne (UE), qui compte dès lors quinze membres. La Communauté européenne avait connu trois précédents élargissements : les six membres fondateurs du Marché commun européen (France, République fédérale d'Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) avaient été rejoints en 1973 par la Grande-Bretagne, l'Irlande et le Danemark, puis en 1981 par la Grèce et enfin en 1986 par l'Espagne et le Portugal.

C'est la fin de la guerre froide qui provoque le quatrième élargissement de l'UE. En effet, trois des quatre pays qui se portent candidats à l'adhésion, l'Autriche, la Suède et la Finlande, avaient adopté une politique de neutralité pendant la guerre froide qui empêchait leur entrée dans la Communauté européenne. La disparition du « rideau de fer » et de l'URSS rendent désormais possible leur candidature à la construction européenne, déposée avant même la chute du mur de Berlin par l'Autriche, en juillet 1989. Par la suite, la Suède demande à y adhérer en juin 1991, suivie notamment par la Finlande en mars 1992 et la Norvège en septembre 1992. Tous ces États sont membres de l'Association européenne de libre-échange. Quant à la Norvège, elle est la seule à avoir déjà refusé d'entrer dans la Communauté européenne, en 1972.

Les négociations d'adhésion débutent en février 1993 avec l'Autriche, la Suède et la Finlande, et en avril 1993 avec la Norvège. Les quatre pays candidats obtiennent une série de dérogations pour leur entrée dans l'UE. La Norvège se voit accorder l'exclusivité de la pêche dans ses eaux au nord du 62e parallèle pendant trois ans et les agriculteurs des régions arctiques peuvent continuer à être fortement subventionnés par l'État. La Finlande et la Suède reçoivent également d'importantes aides communautaires pour leur agriculture. L'Autriche obtient pour sa part le maintien de la limitation du transit de poids lourds sur son réseau routier pendant onze ou douze ans.

Au terme des négociations, les traités d'adhésion sont signés à Corfou le 25 juin 1994. Les quatre États candidats choisissent de les ratifier par la voie du référendum populaire avant le vote des différents parlements. À quelques jours de la signature officielle de Corfou, l'Autriche approuve nettement l'entrée dans l'UE, le 12 juin 1994. Le « oui », qui y recueille 66,4 % des voix, est également victorieux en Finlande le 16 octobre 1994 (56,9 %) et en Suède le 13 novembre suivant (52,2 %).

Jugée la moins favorable à l'adhésion, la Norvège est la dernière à devoir se prononcer. De fait, pour la deuxième fois, le royaume rejette l'Europe lors du référendum des 27 et 28 novembre 1994 : le « non » l'emporte par 52,2 %, avec une participation massive de 88,4 %, la plus élevée jamais enregistrée. Comme lors du premier référendum de 1972, l'intégration dans l'UE a été rejetée par les régions rurales, les pêcheurs et les agriculteurs. Ces deux dernières catégories craignaient la concurrence et la politique commune européenne. Les Norvégiens ont également refusé l'adhésion à l'UE au nom de leur bonne situation économique, assise sur les immenses ressources du pétrole et du gaz de la mer du Nord, exploitées depuis les années 1970.

À la suite du refus de la Norvège, l'Union européenne s'élargit officiellement le 1er janvier 1995 : avec l'adhésion de l'Autriche, de la Finlande et de la Suède, elle est désormais composée de quinze États membres et compte 370 millions d'habitants. Le Parlement de l'Europe des Quinze est quant à lui dorénavant composé de 626 députés, dont 22 pour la Suède, 21 pour l'Autriche et 16 pour la Finlande.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Diffusé dans le journal télévisé régional de France 3 Alsace, « Alsace Soir », le 2 janvier 1995, ce sujet est consacré à l'entrée dans l'Union européenne de l'Autriche, de la Finlande et de la Suède qui a eu officiellement lieu la veille.

Il paraît à première vue très étonnant qu'une chaîne de télévision régionale ait pu s'intéresser à cette question. En effet, les journaux télévisés régionaux se composent presque exclusivement d'actualités locales. Et lorsqu'ils s'intéressent à un événement international c'est le plus souvent par le biais d'un prisme local. Or, ce n'est pas le cas ici : à aucun moment du sujet les conséquences de l'élargissement de l'Union européenne sur l'Alsace ne sont par exemple évoquées. En fait, cet intérêt pour l'Europe est une particularité de l'antenne alsacienne de France 3. La présence du Parlement européen à Strasbourg la conduit à proposer régulièrement des sujets consacrés aux questions européennes, sans toujours les relier à l'Alsace.

Ce bref sujet, qui n'est pas constitué de plans tournés pour l'occasion mais qui prend la forme d'un montage alternant images d'illustrations et infographies, apparaît très didactique. Il vise à présenter succinctement les caractéristiques principales des trois nouveaux membres de l'Union européenne. Le commentaire livre ainsi des informations sur la population, le produit intérieur brut et les spécificités de la Suède, de l'Autriche et de la Finlande, appuyées par des images d'illustrations. Cet aspect didactique est du reste manifeste dès le lancement plateau. La présentatrice du journal télévisé précise en effet les nouvelles limites géographiques de l'Union européenne à la suite des trois adhésions.

Une seule chose détonne quelque peu dans ce sujet clair et bien construit : les différents plans sur le Conseil de l'Europe, situé dans le Palais de l'Europe à Strasbourg. Il paraît en effet pour le moins surprenant d'avoir choisi des images du Conseil de l'Europe pour illustrer le quatrième élargissement de l'Union européenne. De fait, bien qu'installé dans la capitale alsacienne comme le Parlement européen, le Conseil de l'Europe n'est, lui, absolument pas lié à l'Union européenne : fondé en 1949 par le traité de Londres, soit deux ans avant la Communauté économique du charbon et de l'acier, et huit ans avant la Communauté économique européenne, il rassemble tous les États d'Europe et se concentre essentiellement sur les questions des droits de l'homme et les valeurs démocratiques. Il aurait ainsi été beaucoup plus pertinent d'illustrer l'élargissement de l'Union européenne par des images du Parlement européen. Ce dernier est en effet, contrairement au Conseil de l'Europe, une institution de l'Union européenne.

Christophe Gracieux

Transcription

Présentatrice
Le 1er janvier 95 a scellé également l’Europe des 15, 12+3, les derniers arrivants étant l’Autriche, la Finlande et la Suède. Cela signifie aussi un nouvel espace géographique qui s’étend du Péloponnèse au cercle polaire et de l’Atlantique à la frontière hongroise. Des explications de Remedios Sanchez Pascual.
Remedios Sanchez Pascual
C’est la quatrième fois depuis le traité de Rome en 1957 que la communauté européenne s’élargit. Avec les entrées de l’Espagne et du Portugal en 1986, c’était l’Europe des 12. Avec l’arrivée de la Suède, l’Autriche et la Finlande, c’est maintenant l’Europe des 15. Cette nouvelle Union Européenne est ainsi la première puissance économique au monde. Un marché de 370 millions de consommateurs. Qui sont ces 3 nouveaux adhérents ? La Suède, 8,7 millions d’habitants. Un produit intérieur brut le plus élevé de l’union européenne. Un pays très avancé dans les domaines de la protection sociale et de l’environnement. L’Autriche, 7,8 millions d’habitants qui produisent quasiment autant de richesses que les 55 millions de Français. Une agriculture de montagne pour laquelle Vienne a demandé et obtenu des concessions de ses partenaires. La Finlande enfin. Seulement 5 millions d’âmes mais le 4ème pays sur 15 en matière de PIB par habitant. Helsinki a également obtenu des aides communautaires massives pour son agriculture sur les territoires les moins peuplés, près du cercle polaire. Avec l’arrivée de ces trois pays, les 15 nourrissent de vastes ambitions. Une véritable union européenne dotée d’une politique étrangère et de sécurité commune et une monnaie unique avant la fin du siècle conformément au traité de Maastricht.
Présentatrice
Et 5 candidats officiels frappent également à la porte de l’Europe : Chypre, Malte, la Hongrie, la Pologne et la Turquie.

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