Le tourisme de court séjour

14 mars 2002
01m 23s
Réf. 05131

Notice

Résumé :

Les courts séjours touristiques se multiplient grâce à un contexte favorable : diminution du coût des transports, réduction du temps de travail. Les villes européennes et de la Méditerranée sont particulièrement recherchées pour des vacances hors saison. 

Date de diffusion :
14 mars 2002
Source :

Contexte historique

Le tourisme de masse, en Europe, a longtemps été une activité réservée à la période des « grandes vacances », celles des mois d'été. Tous les Européens bénéficient au minimum de 20 jours de congés payés. Ce temps de repos est dans certains pays augmenté de jours fériés supplémentaires qui portent la moyenne européenne à 23 jours selon Eurostat. En France, depuis le milieu des années soixante-dix, plus de la moitié des Français déclarent partir en vacances, c'est-à-dire passer plus de 4 nuits hors de leur domicile pour des raisons non professionnelles. Ce taux était d'environ 75 % entre 2005-2012. Le terme de vacances englobe aujourd'hui des durées et des activités très diverses dont le tourisme n'est qu'un aspect. Les vacances se fractionnent en séjours de durées variables qui vont du week-end à la semaine, et que l'on multiplie dans l'année. En 2012, la durée moyenne du séjour en France était d'un peu plus de 5 nuitées, un peu plus dans les stations balnéaires ou de sports d'hiver, un peu moins, de trois à quatre nuitées, pour le tourisme urbain. Les causes du changement de durée sont connues. La cinquième semaine de congé payé (1981) et la réduction du temps de travail consécutif aux 35 heures (2000) ont contribué à accélérer la multiplication des « petites vacances ». Le déclin de l'emploi industriel au profit des activités tertiaires plus souples, associé à la baisse des coûts de transport favorisent les départs hors périodes traditionnelles. Les professionnels du tourisme, depuis plus de dix ans, ont mis en avant le concept de « court séjour » qui correspond à une part croissante de leur activité. En France, 60 % des séjours effectués correspondent à cette formule entre le week-end et la semaine. Les anglo-saxons appellent ces vacances le shortbreak. Cette expression traduit à elle seule le changement des habitudes et du mode de vie. Le nouveau tourisme est marqué par la volonté de rompre quelques jours avec le stress de l'activité professionnelle. Le portrait de l'amateur de courts séjours renouvelés 3 à 4 fois dans l'année est établi depuis les années 90. Il est urbain, plutôt francilien, ayant peu ou pas d'enfants. Un jeune actif, plutôt cadre ou profession libérale, disposant d'un revenu et d'un niveau culturel supérieur à la moyenne. Aujourd'hui, ce portrait doit être nuancé, d'autres catégories sociales manifestent des tendances identiques. Le court séjour se démocratise. Les agences de voyages et les transporteurs offrent des destinations et des produits variés. Le Thalys et l'Eurostar sont bien placés sur ce marché en desservant des grandes capitales (Paris, Londres, Bruxelles, Amsterdam, Cologne) ; toute l'année ils proposent des offres promotionnelles, couplées à de l'hébergement et des spectacles à l'occasion d'événements culturels.

Les sites web consacrés à ce type de tourisme occupent une place de plus en plus importante dans le choix de la destination et des réservations. 46 % des européens déclarent préparer leurs séjours sur la toile. La multiplicité des offres s'y combine avec les réservations de dernière minute.

Du côté des bénéficiaires, l'Europe a renforcé sa place de première destination touristique mondiale. L'ouverture à l'Est du continent a élargi l'offre ; des villes comme Prague ou Budapest en ont particulièrement profité. Pour les courts séjours, La France arrive en tête, suivie de l'Espagne. Mais on trouve aussi dans le peloton de tête l'Autriche, l'Italie et l'Allemagne. Les villes sont les principales bénéficiaires de ce tourisme. Paris attire des touristes étrangers autant par sa réputation de ville romantique que pour ses monuments ou encore pour Eurodisney qui est le site le plus visité du pays. Le court séjour s'est adapté aux nouvelles formes de consommation qui valorisent l'originalité, la mobilité, le gain de temps et les services individuels.

Claude Robinot

Éclairage média

Ce sujet du journal télévisé consacré au tourisme a été diffusé en mars 2002, à l'occasion de l'ouverture du salon du tourisme. Ce rendez-vous professionnel qui se tient au début du printemps, au début de la saison touristique, est l'occasion pour les professionnels de présenter leurs nouvelles destinations et produits. Pour éviter un reportage qui ferait la part belle à la promotion de certaines enseignes au détriment d'autres, les journalistes ont décidé de mettre l'accent sur le développement des courts séjours. Le propos est illustré par un petit reportage à Roissy-CDG qui donne la parole à des vacanciers français en partance pour Prague. La destination comme les personnes présentes sont choisies pour donner un peu de corps à l'analyse développée dans le commentaire : un voyage à destination d'une ville touristique que l'on peut atteindre en moins de trois heures par moyen courrier, des employés du secteur tertiaire dans la tranche d'âge 35-49, une période hors congés d'été, un séjour rendu possible par l'utilisation de jours de RTT. C'est la configuration idéale pour parler des « courts séjours ». D'autres destinations fréquentes comme Marrakech où Amsterdam sont aussi montrées en quelques plans banals. Le commentaire souligne que ces voyages ont en général lieu au printemps, période propice au tourisme urbain ou aux escapades vers des destinations exotiques proches pour bénéficier d'un climat agréable et de tarifs attractifs. David Pujadas lance le sujet en parlant d'engouement et fait allusion aux attentats du 11 septembre 2001. L'actualité politique exerce une forte influence sur le tourisme. A cette époque, les professionnels constatent un repli de l'activité et des voyages transcontinentaux. En revanche, ils s'aperçoivent que cette tendance renforce l'intérêt des Européens pour leur continent et des destinations moins risquées. Les opérateurs s'adaptent à cette situation en offrant des voyages dans les capitales européennes. La loi des 35 heures, qui s'est mise en place entre 1998 et 2000, est un phénomène nouveau qui dégage du temps de loisir pour les salariés. L'offre de produits touristiques tient compte de cette nouvelle donne.

Claude Robinot

Transcription

(Silence)
Présentateur
Economie : l'ouverture du salon du tourisme à Paris. Tendance 2002 (elle n'est pas nouvelle mais elle s'accentue) : l'engouement pour les courts séjours. Un week-end ou à peine plus. 11 septembre oblige, c'est l'Europe qui est à la mode. Isabelle Quintard, Philippe Jasselin.
(Bruit)
Journaliste
Les bagages, les prospectus, rien ne manque pour ce week-end entre amis.
Hélène Touitou
Nous partons à Prague. On a pris des jours de congé. Avec la RTT, ça nous a permis de pouvoir prendre ces 3 jours supplémentaires en dehors de nos jours de congé.
Journaliste
Partir du mercredi au samedi, soit 4 jours, à Prague, Amsterdam ou encore Marrakech, ça n'est plus tout à fait un week-end et pas encore des vacances: c'est un court séjour, ce que les voyagistes appellent "l'effet 35 heures".
Jean-Pierre Mas
Le temps de loisir est beaucoup plus grand. L'essentiel de la vie d'un homme n'est plus consacré au travail. Il y a 50 ans, 20% de l'espérance de vie était consacré au travail. Aujourd'hui, 9% de l'espérance de vie d'un Français est consacré au travail.
Philippe Sangouard
Donc on a créé des voyages à thèmes, que ce soit sur Paris, sur des régions de France, et sur l'Europe notamment, dans les capitales européennes, où des expositions et des voyages culturels se sont créés grâce à ces typologies de clients nouveaux.
Journaliste
Depuis 20 ans, le nombre de courts séjours a doublé, et aujourd'hui avec les 35 heures, le marché explose. L'année dernière, il s'est ainsi vendu plus de voyage en avril qu'en été.
(Musique)

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