Le système de navigation européen Galileo

24 octobre 2011
02m 39s
Réf. 05137

Notice

Résumé :

Les deux premiers satellites du système de navigation européen Galileo ont été lancés depuis le Centre spatial guyanais de Kourou le 21 octobre 2011. Destiné à concurrencer le GPS américain, Galileo doit permettre à l'Union européenne de devenir indépendante pour la navigation par satellite. Plusieurs spécialistes expliquent les avantages et les usages possibles de Galileo.

Date de diffusion :
24 octobre 2011
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

L'Union européenne a décidé de lancer son propre système de navigation par satellite, baptisé Galileo. La navigation par satellite permet de localiser avec grande précision la position d'une personne ou d'un appareil. Ses usages sont ainsi très nombreux, décuplés notamment par l'essor rapide des smartphones.

Décidé par la Commission européenne dès 1999, Galileo a pour principal objectif de concurrencer le système américain GPS (Global Positioning System), et dans une moindre mesure du GLONASS russe. Il s'agit avant tout pour l'Europe d'acquérir davantage d'indépendance. Galileo doit aussi offrir aux Européens un système plus fiable et précis que le GPS. D'après ses concepteurs, il sera capable de déterminer une localisation à moins de 1 mètre près contre 10 mètres pour son rival américain, et de fonctionner à n'importe quel endroit de la planète. Galileo sera en outre plus sécurisé. En effet, à la différence de ses concurrents américain et russe placés sous le contrôle des militaires, qui peuvent interrompre le signal à tout moment, le système de navigation européen sera entièrement contrôlé par les autorités civiles. Par-delà l'ensemble des applications déjà permises par le GPS, telles que la localisation par téléphone mobile ou en automobile, Galileo pourrait être utilisé dans le cadre d'opérations de secours et de sauvetage ou pour l'agriculture. Développé en collaboration par l'Union européenne et l'Agence spatiale européenne, ce programme a été entièrement financé par les fonds européens pour un coût total de 3,4 milliards d'euros.

Galileo a commencé à se déployer. Ses deux premiers satellites ont ainsi été lancés par la fusée Soyouz le 21 octobre 2011 depuis le Centre spatial guyanais de Kourou. Deux autres l'ont ensuite été le 12 octobre 2012 dans les mêmes conditions. En tout, l'Agence spatiale européenne a prévu le lancement de trente satellites. Dix-huit devraient être mis en orbite d'ici à fin 2014 afin de rendre opérationnel le système Galileo.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Consacré au système de navigation européen Galileo, ce sujet a été diffusé le 25 octobre 2011 à la suite du lancement réussi des deux premiers satellites, quatre jours auparavant. Réalisé par Nicolas Chateauneuf, journaliste spécialiste des questions scientifiques et environnementales, il ne s'agit pas d'un bref reportage. Il constitue en effet le « dossier » du journal télévisé de France 2 de ce soir-là. Moins lié à l'actualité immédiate, cette partie du journal télévisé permet généralement de traiter plus en profondeur une question particulière.

De fait, ce sujet propose une vue synthétique des enjeux essentiels de Galileo, qu'ils soient techniques, stratégiques ou économiques. Pour ce faire, il alterne les images factuelles, infographiques et numériques avec des interviews. Les images factuelles présentent notamment des scènes classiques de lancement de fusées. Elles n'ont cependant pas été filmées au Centre spatial guyanais de Kourou mais dans une salle de retransmission à Paris. Et contrairement à la plupart des reportages consacrés au lancement de fusées, le sujet ne montre aucune image d'applaudissements et cris de joie des ingénieurs. Ces scènes habituelles sont remplacées par l'interview de Bernard Mathieu, ingénieur du Centre national d'études spatiales.

Les infographies ont quant à elles surtout pour but d'établir une comparaison entre le système américain GPS et Galileo.

Trois spécialistes, Bernard Mathieu, Alain Cirou et Pascal Campagne, sont par ailleurs convoqués dans le sujet. Le premier, acteur du projet Galileo, laisse apparaître son stress puis son émotion pendant le lancement. Les deux autres jouissent quant à eux du statut d'experts : ils sont chargés d'éclairer les téléspectateurs du journal télévisé sur les raisons du lancement de Galileo et ses répercussions.

Christophe Gracieux

Transcription

Présentateur
Mais d’abord cette bataille aux enjeux considérables : la guerre des GPS. L’Europe vient de lancer son propre système Galileo censé concurrencer le GPS américain. Une première étape importante qui offrira, à terme, de nombreuses applications. Alors de quoi s’agit-il exactement ? La guerre des GPS, dossier signé Nicolas Châteauneuf, David Fossard.
Nicolas Châteauneuf
Dans la salle de retransmission, tout le monde retient son souffle. Officiels, militaires, patrons, tous regardent la fusée qui s’élève dans le ciel de Guyane, à 7000 kilomètres de là. A bord de la fusée, les 2 premiers satellites de la flotte Galileo, le GPS européen.
Bernard Mathieu
On était très stressé jusqu'à quelques minutes. Et maintenant, ça va mieux.
Nicolas Châteauneuf
Bernard Mathieu travaille sur ce projet depuis 15 ans. Mais pour lui, l’histoire ne fait que commencer.
Bernard Mathieu
On va avoir toute une série de lancements puisqu’il va y avoir 18 satellites au total qui seront lancé d’ici 2014, et ensuite 12 satellites supplémentaires pour arriver à la constellation complète de 30 satellites.
Nicolas Châteauneuf
Galiléo, c’est la réponse européenne au GPS américain qui a connu, depuis 16 ans, un énorme succès mondial. Des millions de voitures ou de téléphones portables en sont équipés. Mais peu d’utilisateurs savent qu’à l’origine, le GPS a été conçu par et pour les militaires américains.
Alain Cirou
Le problème du GPS est celui de l’indépendance de l’Europe. C'est-à-dire que nous recevons un signal américain de bonne qualité qui nous géo-localise. Sauf qu’il ne nous appartient pas, sauf que les Etats-Unis peuvent couper, fermer ce signal quand ils le décident et en particulier quand il y a un conflit. Et là, on se retrouve sourd, aveugle. Et c’est quand même gênant.
Nicolas Châteauneuf
Irak, Kosovo. Dans le passé, plusieurs incidents font état d’un brouillage du signal par les militaires américains. Pour garantir son indépendance, le système européen devrait aligner 30 satellites contre 24 pour le GPS. La précision sera d’un mètre contre 3 à 8 mètres. Le contrôle sera civil et non militaire. Sur le papier, ces performances inégalées devraient permettre d’améliorer l’efficacité du contrôle aérien ou encore la navigation maritime. Au sol, les agriculteurs pourront piloter avec précision leur tracteur. Les concepteurs de Galileo vont encore plus loin. Pour eux, ces relevés de position ou de temps seront tellement précis qu’ils pourraient servir de preuve devant la justice.
Pascal Campagne
On pourrait être sûr de la position ou de la datation qui est fournie. Donc l’horodatage ou le géopositionnement pourraient devenir une preuve légale devant les tribunaux.
Nicolas Châteauneuf
Le déploiement de Galileo aura coûté 3 milliards 400 millions d’euros d’investissement à l’Union Européenne. Le système sera opérationnel pour les particuliers et les entreprises à partir de 2014.

Les enseignants de l'Éducation nationale disposent d'un accès gratuit à la version intégrale de Jalons depuis le portail Éduthèque.

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