La Journée de l'Europe célébrée à Strasbourg

09 mai 2006
02m 13s
Réf. 05144

Notice

Résumé :

La Journée de l'Europe est célébrée à Strasbourg le 9 mai 2006. Des lycéens venus de toute l'Union européenne assistent à une cérémonie devant le Parlement européen : la maire de Strasbourg Fabienne Keller prononce un discours, un détachement de l'Eurocorps défile au son de l'hymne européen avant une levée des couleurs du drapeau européen. Le soir, un festival de films européens est organisé dans un cinéma strasbourgeois.

Date de diffusion :
09 mai 2006
Source :

Contexte historique

L'Union européenne dispose de plusieurs symboles pour l'identifier. Ces symboles étaient évoqués dans l'article I-8 du traité établissant une Constitution de l'Europe, signé en 2004 mais jamais adopté en raison de son rejet par les électeurs français et néerlandais. Non mentionnés ensuite dans le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne adopté à Lisbonne en 2007, ces symboles sont au nombre de cinq : un drapeau, un hymne, une devise, une journée et une monnaie.

Le drapeau européen est un cercle de douze étoiles d'or sur fond bleu. Les douze étoiles symbolisent l'union et l'harmonie entre les peuples européens. Le chiffre douze évoque en effet la perfection et ne correspond pas au nombre d'États membres de l'Union. C'est le Conseil de l'Europe qui a d'abord adopté ce drapeau en 1955. Il n'est ensuite devenu l'emblème officiel de la Communauté économique européenne (CEE) qu'à partir de 1985, à l'issue du Conseil européen de Milan.

C'est lors de ce même Conseil que les chefs d'États et de gouvernements de la CEE ont adopté l'hymne européen. Ce dernier l'avait déjà été par le Conseil de l'Europe en 1972. L'hymne européen est tiré de l'Ode à la Joie, extrait de la Neuvième Symphonie composée par Ludwig van Beethoven qui avait mis en musique en 1823 un poème écrit par Friedrich von Schiller en 1785. Sans paroles, il met en avant l'idéal de fraternité.

L'Union européenne dispose également d'une devise : « Unie dans la diversité ». Adoptée en 2000, elle a été choisie à l'issue d'un concours qui a rassemblé quelque 80 000 lycéens européens.

En outre, une Journée de l'Europe est célébrée chaque année le 9 mai dans tous les États membres de l'Union européenne. Décidée comme le drapeau et l'hymne européens lors du Conseil européen de Milan en 1985, cette journée commémore la déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950. Ce jour-là, le ministre français des Affaires étrangères avait proposé la création d'une Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), première pierre de la construction européenne. Il jugeait en effet indispensable de créer une « solidarité de production » entre les deux ennemis séculaires, la France et l'Allemagne, afin de rendre toute guerre entre elles « non seulement impensable, mais matériellement impossible ». Un an après, le 18 avril 1951, la CECA voyait le jour à Paris. La Journée de l'Europe célèbre donc les débuts de la construction européenne ainsi que la paix et l'unité de l'Europe.

Enfin, le dernier symbole qui représente l'Union européenne est sa monnaie, l'euro. Mise en circulation le 1er janvier 2002, cette monnaie unique est toutefois un symbole imparfait. Seuls dix-huit des vingt-huit États membres de l'Union européenne l'auront ainsi adoptée en 2014, après l'entrée de la Lettonie dans la zone euro. Dix pays conservent encore leur monnaie nationale : la Bulgarie, la Croatie, le Danemark, la Hongrie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni et la Suède.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Consacré à la célébration de la Journée de l'Europe qui a eu lieu le 9 mai 2006 à Strasbourg, ce sujet a été diffusé dans le journal régional de France 3 Alsace. L'intérêt pour l'Europe est une particularité de l'antenne alsacienne de la troisième chaîne nationale. La présence du Parlement européen à Strasbourg la conduit à proposer régulièrement des sujets portant sur les questions européennes.

Celui-ci se compose de deux séquences bien distinctes, commentées chacune par un journaliste différent. La première, la plus longue, rend compte des cérémonies qui se sont déroulées dans la journée sur le parvis du Parlement européen. La seconde s'intéresse à un festival de films européens, programmé le soir même à l'UGC Ciné Cité de Strasbourg. Elle se contente de proposer des plans de fiches de films proposés et des drapeaux de pays européens disposés dans le hall du cinéma ainsi qu'une brève interview de celui qui semble être le directeur de cette manifestation.

La première partie du sujet présente les principaux moments de la cérémonie de la Journée de l'Europe : un discours de la maire de Strasbourg Fabienne Keller prononcé devant des lycéens européens, un défilé d'un détachement de l'Eurocorps et une levée des couleurs. Dans cette séquence, les différents symboles de l'Union européenne apparaissent omniprésents. Les soldats de l'Eurocorps portent ainsi le drapeau européen. Ce drapeau cerclé de douze étoiles d'or sur fond bleu est également hissé. En outre, le défilé militaire et la levée des couleurs se déroulent au son de l'hymne européen, L'Ode à la Joie. La caméra s'attarde également sur des parapluies aux couleurs du drapeau européen. La maire de Strasbourg elle-même en tient un pendant son discours. Le dernier symbole européen sur lequel le sujet insiste particulièrement est la présence dans le public de 800 lycéens originaires de toute l'Union européenne. Le commentaire omet toutefois de préciser qu'ils ont participé au programme Euroscola. Ce programme permet à des lycéens de tous les pays membres de l'Union de simuler une session plénière du Parlement européen pendant une journée. De manière très surprenante, aucun de ces lycéens n'est ici interviewé alors qu'un Écossais âgé est interrogé.

Les deux séquences de ce sujet diffèrent également beaucoup par leur ton. Le commentaire de la première séquence se veut en effet humoristique, contrairement à celui de la deuxième séquence. Le journaliste insiste ainsi lourdement sur l'omniprésence des symboles de l'Union européenne au cours de la cérémonie : « la pluie est européenne », « le discours est européen », « le corps militaire était européen, l'hymne était européen, le drapeau était européen et la levée des couleurs était européenne ». Il fait même à deux reprises des allusions et des jeux de mots qui apparaissent en complet décalage avec la cérémonie. Ainsi, fait-il ce jeu de mots peu fin en commentant l'image d'un spectateur écossais en kilt : « alors c'est pour kilt l'Europe ? ». De même, la musique de la série télévisée Mission impossible retentit sans aucun lien avec la Journée de l'Europe, mais simplement parce que le journaliste a expliqué que « vendre l'Europe ce n'est pas mission impossible ». Beaucoup plus sobre, le ton du commentaire la deuxième séquence du sujet contraste ainsi nettement avec celui de la première séquence.

Christophe Gracieux

Transcription

(Silence)
Journaliste
La pluie est européenne. La journée est européenne. Le discours est européen.
Intervenante
Comme vous le savez, aujourd'hui, c’est la fête de l’Europe. C’est l’anniversaire du discours de Robert Schuman.
Journaliste
C’était le 9 mai 1950, l’appel à la mise en commun des productions de charbon et d’acier, une déclaration fondatrice pour la construction européenne, 5 ans seulement après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et du coup, aujourd'hui, au parlement européen, le corps militaire était européen, l’hymne était européen, le drapeau était européen et la levée des couleurs était européenne.
(Musique)
Journaliste
Cette cérémonie s’est déroulée devant 800 élèves venus de tous les pays européens plus la Bulgarie et la Roumanie, tous unis quoique différents. Alors c’est pour « kilt », l’Europe ? C’est pour ceux qui l’aiment !
Inconnu
Nous autres, Ecossais, nous sommes plus intelligents que nos cousins Anglais. Et nous nous sentons vraiment vraiment européens.
Journaliste
Toutes ces petites étoiles qui brillent dans les yeux, c’est encore l’Europe. Comme quoi, vendre l’Europe, ce n’est pas mission impossible.
Journaliste 2
Non, non, non ! Pas de mission impossible. On vous a dit, en tout cas, pas à l’affiche de l’UGC. Parce que ce soir, la programmation est… Devinez ? Européenne, bravo. 25 films européens en simultané ou presque, en VO ou presque. Et ça lui fait déjà 2 ans à cette petite idée pour fêter l’Europe. Elle est née à Bruxelles, mais à Strasbourg, c’est une grande première.
Intervenant
Je crois qu’on est toujours surpris quand on monte des opérations un petit peu ambitieuses comme celle-ci, c’est que les gens y répondent. Je crois que les gens, ils sont en attente de choses un petit peu européennes.
Journaliste 2
Découvrir la diversité du cinéma européen, c’est toute la philosophie de cette soirée. Mais dans la diversité, faut choisir, parce que ce soir, chaque séance démarre à 20 heures.
(Silence)

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