Les 20 ans d'Erasmus

10 mars 2007
03m 21s
Réf. 05145

Notice

Résumé :

Le 20ème anniversaire du programme Erasmus est l'occasion de revenir sur l'origine et le fonctionnement de ce vaste réseau d'échanges universitaire né en 1987. Ce programme est une initiative européenne dont le succès et la popularité auprès des étudiants, des professeurs et du grand public s'est continuellement renforcé.

Date de diffusion :
10 mars 2007
Source :

Contexte historique

Traditionnellement, l'éducation est un domaine réservé des Etats et ne donne pas lieu à une politique communautaire. Ce qui explique l'apparition tardive du programme Erasmus en 1987, sous l'ère de Jacques Delors, au moment où l'acte unique européen souffle l'esprit de Maastricht. Pourtant les échanges universitaires étaient une tradition et un besoin réclamé par les universités et les associations d'étudiants européens. Depuis 1973, la commission européenne finançait des « Joint study programs » qui contribuent à la mise en place de réseaux universitaires transnationaux. Cette initiative renforcée en 1983 par le financement de la mobilité étudiante et la volonté d'établir des correspondances entre les cursus et les diplômes européens va servir de base au programme ERASMUS dont le nom est à la fois un acronyme anglais (EuRopean Action Scheme for the Mobility of University Students) et une référence au philosophe hollandais qui entretenait un vaste réseau d'échange et de correspondances avec les humanistes de l'Europe de la Renaissance.

Le programme est une incitation à la mobilité des étudiants dans le cadre de leurs études. Le séjour, qui peut être aussi un stage, dure de 3 mois à un an. Une bourse dont le montant moyen est de 250 € par mois est attribuée pour subvenir aux besoins des étudiants. Erasmus est aussi ouvert aux universitaires et au personnel non enseignant des universités qui bénéficient d'échange et de formation. Quant aux établissements universitaires, c'est un aspect moins connu, ils peuvent s'organiser en réseau et travailler sur des programmes communs d'éducation.

Le succès rencontré par Erasmus dépasse largement le monde universitaire. En 1987, 3244 étudiants de 11 pays en ont bénéficié, en 2012 ils étaient 250 000 originaires de 33 pays. 80 % d'entre eux jugent l'expérience positive sur le plan éducatif ou personnel. La notoriété du programme touche aussi le grand public qui le voit comme un phénomène générationnel, porté à l'écran en 2001, par le film L'auberge espagnole.

La réussite d'Erasmus se mesure aussi aux effets qu'il a engendrés. Le programme s'est ouvert aux échanges universitaires entre l'Europe et les pays tiers sous le nom d'« Erasmus mundus ». D'autres actions, regroupées sous l'intitulé « Education et formation toute la vie » sont inspirées du modèle Erasmus. Les programmes financés pour la période 2007-2013 sont : Commenius pour les échanges scolaires, Leonardo Da Vinci pour la formation professionnelle et Gruntvik pour la formation des adultes. Pour la période 2014-2020, ils seront regroupés sous le label Erasmus+ avec un budget de 16 milliards d'euros.

Le programme Erasmus suscite aussi des critiques, il est jugé comme une qualification insuffisante dans la recherche d'emploi, il donne tout au plus une idée des compétences linguistiques et de l'aptitude à la mobilité. On lui reproche aussi son coût élevé. En 2012, il manquait 90 millions d'euros pour boucler le budget. Les critiques venaient des libéraux qui voulaient diminuer le budget européen et diminuer les contributions nationales. Devant l'émotion et les protestations provoquées par une remise en cause d'Erasmus, le parlement européen avait voté des crédits nécessaires à son fonctionnement.

Claude Robinot

Éclairage média

L'anniversaire du programme Erasmus est décliné dans le 19/20 de France 3 Nord-Pas-de-Calais sous l'angle régional. L'échange présenté ici est très spécifique. Il s'agit d'un étudiant de l'Université de Durham qui vient faire sa troisième année à l'école des Mines de Douai. Les diplômés étrangers représentent 15 % des étudiants de cette école d'ingénieurs. Douai et Durham sont deux régions qui partagent le même passé industriel, le charbon et la mécanique y ont connu leur heure de gloire mais aussi les aléas de la reconversion.

Le reportage a tendance à présenter le stage Erasmus comme une expérience et une démarche personnelle de l'étudiant ; certes il est volontaire, mais la branche de spécialisation choisie par le jeune britannique (génie civil et BTP) exige parfois de s'expatrier au gré des chantiers. L'aptitude à la mobilité et une expérience acquise à l'étranger est la bienvenue. Le reportage se poursuit avec le responsable des relations internationales, un poste qui existe dans toutes les grandes institutions et écoles universitaires. Les échanges d'étudiants et d'enseignants se font dans le cadre contraint d'une convention qui a été négociée entre les établissements. La compétence linguistique n'est pas le seul problème à envisager, il faut aussi tenir compte du contenu des programmes et de l'équivalence des diplômes. On le voit, on est assez loin de l'image idyllique et des clichés inspirés par le film de Cédric Klapisch L'auberge espagnole qui clôture le reportage avec l'étudiant jouant de la guitare, buvant un coup avec ses copains dans le couloir et rêvant de Paris.

Claude Robinot

Transcription

Présentatrice
Le temps passe vite. Erasmus a déjà 20 ans. L’Europe des étudiants, on en connaît le principe : un vaste programme d’échange via une bourse pour aller étudier quelques mois dans un autre pays. Les examens sont validés des deux côtés de la frontière. L’exemple de Philip, jeune anglais à l’école des mines de Douai. Marie-Agnès Bourgain et Bruno Espalieu.
Marie-Agnès Bourgain
Depuis septembre, Philip est étudiant en 3ème année à l’école des mines de Douai. Originaire de Leeds, en Angleterre, il s’est très vite adapté malgré les différences notables avec le système anglais.
Philip Ladd
Les cours durent 4 heures. Moi, j’ai d’habitude des cours de 1 heure. C’est un peu différent. On a des examens pendant toute l’année. En Angleterre, en fait, on a tous les examens à la fin de l’année. Parfois c’est pas le Français qui est le problème. C’est l’engineering.
Marie-Agnès Bourgain
Philip a suivi ses deux premières années d’ingénieur à l’université anglaise de Durham. Il est le quatrième étudiant de sa fac admis en génie civil à Douai.
Eric Garcia-Diaz
Il y a une sélection en amont qui est faite au niveau de l’université. On discute avec mon homologue de Durham des programmes d’enseignement. Et donc en général, les étudiants qui viennent ont déjà des rudiments de français, ont les pré-requis par rapport aux matières qu’ils vont suivre chez nous.
Marie-Agnès Bourgain
Philip est un bon étudiant en Angleterre et il connaît la plus-value indéniable qu’apporte le label Erasmus sur un CV.
Philip Ladd
C’est quelque chose de très bien pour les entreprises parce qu’ils cherchent quelqu’un qui peut s’adapter bien au nouveau expérience surtout dans une langue étrangère.
Marie-Agnès Bourgain
Cela fait 15 ans que l’école des mines participe au programme Erasmus. Chaque année, une vingtaine d’étudiants douaisiens partent dans des facs européennes et une quinzaine d’étrangers viennent étudier ici, comme Philip.
Amélie Guille
C’est un plus. C’est parce qu’il nous donne sa façon de vivre en Angleterre. Il nous explique aussi les différents cours qu’il peut avoir là-bas. Et c’est vrai que nous, on a aussi un échange universitaire avec Durham. Donc l’année prochaine, on peut aussi y aller.
Emmanuel Dequeker
Ça permet effectivement, donc, à nos élèves, de pouvoir s’internationaliser, y compris en étant à Douai sur le campus. Et ça nous permet également, par ailleurs, de créer des liens durables avec les universités partenaires que nous avons choisies dans le cadre de ce programme Erasmus, puisque le programme Erasmus permet l’échange d’enseignants chercheurs également et pas seulement d’étudiants.
Marie-Agnès Bourgain
Comme tous ses condisciples, Philip vit à Douai sur le campus réservé à l'école des mines. Il est le seul Anglais ici et a tout de suite sympathisé avec les autres Français ou étrangers.
Philip Ladd
En fait, je fais le séminaire de 4ème année, la semaine prochaine.
Marie-Agnès Bourgain
Et même si le mal du pays se fait parfois sentir, il a su trouver ses marques.
Philip Ladd
Je me sens très bien, comme chez moi, ici, maintenant. Les étudiants sont très accueillants. Les premiers temps, ils étaient en train de prendre un verre dans le couloir et m’ont invité de prendre un verre avec eux. Et ça se passe souvent, c’est très convivial. Quand ça arrive la fin d’année, ça va être triste, je crois.
(Musique)
Marie-Agnès Bourgain
Retour à Leeds fin avril pour Philip avec sa guitare et beaucoup de souvenirs. En septembre, il retrouvera l’université de Durham pour sa 4ème et dernière année d’ingénieur.