L'écoquartier BedZED au Royaume-Uni

26 novembre 2007
02m 25s
Réf. 05210

Notice

Résumé :

Au Royaume-Uni, l'écoquartier BedZED a été aménagé dans la ville de Sutton. Une habitante présente son logement écologique. Cet écoquartier respecte en effet les objectifs du développement durable. Une visite est organisée pour faire découvrir BedZED.

Date de diffusion :
26 novembre 2007
Personnalité(s) :

Contexte historique

La prise en compte du développement durable dans l'aménagement des villes est devenue une préoccupation croissante dans les pays du nord. Plusieurs écoquartiers ont ainsi vu le jour en Europe à partir des années 1990. Il s'agit de quartiers de villes aménagés avec des objectifs de développement durable. Ces écoquartiers se caractérisent par de l'habitat durable. Ils cherchent par conséquent à améliorer les bilans énergétiques en réduisant fortement la consommation d'énergie et d'eau et en diminuant la quantité des déchets produits. Ils visent également à promouvoir les déplacements en transports en commun et les mobilités douces. Ils cherchent aussi à impliquer les habitants autour d'équipements collectifs. Certains écoquartiers tentent en outre de développer la mixité sociale : ils réservent une partie de leurs logements aux familles à revenu modeste.

La ville allemande de Fribourg-en-Brisgau a été pionnière dans ce domaine. Aménagé en 1993 sur le site d'une ancienne caserne occupée par les Forces françaises stationnées en Allemagne, l'écoquartier Vauban est constitué de bâtiments à haute performance énergétique dans lesquels vivent 4 000 habitants. La place de l'automobile y est par ailleurs très réduite. D'autres écoquartiers ont été créés en Europe : Hammarby à Stockholm (Suède), Bo01 à Malmö (Suède), EVA-Lanxmeer à Culemborg (Pays-Bas) ou Kronsberg à Hanovre (Allemagne).

L'écoquartier BedZED, au Royaume-Uni, fait plus particulièrement figure de modèle. Situé à Sutton, à 20 kilomètres au sud de Londres, il a été inauguré en 2002 sur le site d'une ancienne décharge. Il a été aménagé par Peabody Trust, association spécialisée dans l'habitat, l'ONG BioRegional et l'architecte Bill Dunster. Il comprend 82 logements pour 250 habitants. Il comporte également des commerces, des bureaux, des espaces verts, et différents équipements collectifs, dont un jardin potager commun et une salle de spectacles. La moitié des logements sont subventionnés et réservés à des familles à revenu modeste.

BedZED signifie Beddington Zero (fossil) Energy Development. De fait, la grande spécificité de cet écoquartier est l'absence de recours à l'énergie fossile et d'émission de gaz à effet de serre. Les logements ne sont ainsi pas chauffés. Ils bénéficient en effet d'une exposition au sud et sont équipés de panneaux photovoltaïques. Leur isolation est également excellente. Composés de brique et de laine de mouton, leurs murs extérieurs ont plus de 50 centimètres d'épaisseur. Les toits sont quant à eux recouverts de végétation et les fenêtres sont équipées d'un triple vitrage. En outre, ces logements ont été en grande partie construits avec des matériaux naturels (bois, briques), qui proviennent de la région. L'eau de pluie est par ailleurs récupérée dans des bacs. Enfin, des produits biologiques approvisionnent cet écoquartier.

Le coût de l'aménagement de BedZED a été élevé : il a coûté au total 22 millions d'euros. Toutefois, ses habitants ont diminué leur empreinte écologique de moitié. Leur consommation de chauffage a effectivement été réduite de 90 % par rapport à la moyenne britannique, celle d'électricité de 60 % et celle d'eau de 50 %. Les habitants de BedZED n'utilisent plus que 76 litres d'eau par jour et par personne contre 150 litres au Royaume-Uni. En outre, la quantité des déchets a diminué de 75 %. BedZED sert ainsi de modèle et attire de nombreux visiteurs.

Des écoquartiers se développent par ailleurs progressivement aussi en France. Un label national ÉcoQuartier a même été créé en 2012. L'écoquartier de Bonne, dans le centre-ville de Grenoble, a été le premier aménagé en France. Inauguré en 2008, il est implanté sur le site d'une ancienne caserne militaire de 815 hectares. Il comprend 850 logements et de nombreux bâtiments commerciaux, tous construits selon des critères de haute performance énergétique.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Consacré à l'écoquartier BedZED, situé dans la ville anglaise de Sutton, dans la banlieue sud de Londres, ce reportage a été diffusé dans le journal télévisé de France 3 Centre, le 26 novembre 2007. Le choix de l'antenne régionale de France 3 de la région Centre de s'intéresser à cet écoquartier anglais paraît à première vue surprenant. Les rédactions régionales de la troisième chaîne française ne réalisent en effet habituellement pas de reportages à l'étranger. De fait, les journaux télévisés régionaux se composent presque exclusivement d'actualités locales. Et lorsqu'ils s'intéressent à un événement international c'est le plus souvent à travers un prisme local. Or, ce n'est pas le cas ici : à aucun moment dans le sujet l'écoquartier BedZED n'est par exemple comparé à des villes du Centre. En revanche, on peut aisément imaginer qu'un sujet précédent portait sur l'aménagement durable de ces villes et que l'entretien avec l'invité présent sur le plateau concernait cette question.

La rédaction de France 3 Centre a donc envoyé au Royaume-Uni deux envoyés spéciaux, la journaliste Carole Collinet et le journaliste reporter d'images Dominique Pierre, afin d'enquêter sur le modèle que constitue BedZED. Leur sujet est principalement didactique : ils souhaitent donner à voir le fonctionnement de cet écoquartier. Aussi ont-ils construit leur sujet en partant du particulier pour aller vers le général.

La première partie du reportage est ainsi composée par une séquence concrète centrée sur une habitante de BedZED. L'équipe de France 3 Centre la suit à travers le quartier puis dans son logement qu'elle fait visiter. Après avoir présenté cet exemple particulier, les journalistes de France 3 Centre élargissent leur propos : ils s'intéressent à BedZED dans son ensemble. Des images des bâtiments et des rues illustrent le commentaire de la journaliste et donnent à voir cet écoquartier.

Dans une dernière séquence, le reportage dépasse le simple cadre de BedZED. Il insiste d'abord sur le modèle constitué par ce quartier atypique : un groupe de visiteurs participe à une visite guidée. De fait, BedZED ne cesse d'attirer les curieux, les membres d'associations ou les élus venus de toute l'Europe. Enfin, la conclusion élargit encore davantage le propos du sujet. Elle rapproche en effet BedZED des villes françaises. Ce ne sont étonnamment pas des images de villes de la région Centre qui servent d'illustration aux propos de la journaliste mais des plans d'un chantier de construction à Paris sur lequel aucune précision n'est fournie. Le choix de présenter en gros plan la Basilique du Sacré Cœur de Montmartre apparaît encore plus incongru : absolument rien ne rattache ce monument à la question des écoquartiers.

Christophe Gracieux

Transcription

Présentateur
Alors, avant d’aller plus loin, je vous propose de partir en Angleterre. Là-bas, on a construit un quartier à plus grande échelle, c’est Bedzed. On regarde le reportage de Carole Collinet et on se retrouve juste après.
Journaliste
Sutton, ville résidentielle au sud-est de Londres, à quelques encâblures du centre urbain, se dressent des cheminées colorées devenues aujourd’hui l’emblème de l’habitat durable en Angleterre. Bienvenue à Bedzed, un quartier sans émission de CO2, qui s’inscrit dans la lignée des engagements pris par le Royaume-Uni dans le cadre des Accords de Kyoto.
Loanda Cullen
Ces fenêtres viennent du Danemark, elles ne sont pas en double mais en triple vitrage.
Journaliste
Loanda s’est installée à Bedzed voilà 4 ans, elle a quitté son Colorado natal pour venir vivre ici avec sa mère. Toutes deux voulaient une maison écologique à l’architecture novatrice, à Bedzed, Loanda a non seulement trouvé ce qu’elle cherchait mais aussi un mode de vie plus communautaire.
Loanda Cullen
C’est sûr, il y a plus d’interaction entre les gens dans ce genre de lieu. Les bâtiments sont construits de façon à favoriser les relations entre les habitants. Nous avons un pavillon communautaire, nos jardins sont situés les uns à côté des autres, et puis nous avons un petit square où nous nous retrouvons pour discuter.
Journaliste
Loin d’être réservé à une élite, Bedzed rassemble une centaine de logements dont la moitié est occupée par des familles à revenus modestes. Tout a été pensé pour réduire l’impact sur l’environnement. Un quartier sans voiture, un système d’auto partage renforcé par les transports publics, des maisons solaires et une chaufferie qui fonctionne par combustion de copeaux de bois, Bedzed veille aussi à la maîtrise de la consommation d’eau.
Ben Gill
Les douches et les robinets, ils ne poussent pas seulement l’eau mais aussi ils poussent l’air. Donc ils donnent l’impression de pression mais utilisent moins d’eau.
Journaliste
Si elles emboîtent aujourd’hui le pas de leurs voisines européennes, les villes françaises accusent néanmoins un sérieux retard en matière d’habitat durable. Construire ou réhabiliter un quartier sans dégrader l’environnement, plus qu’un acte politique, une nécessité face aux enjeux climatiques de la planète.

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