L'usine de dessalement de l'eau de mer de Barcelone

19 juillet 2011
02m 58s
Réf. 05227

Notice

Résumé :

La plus grande usine d'Europe de dessalement de l'eau de mer est installée près de Barcelone, en Espagne. Elle transforme l'eau salée en eau douce potable. Elle a été construite après la sécheresse qui a frappé la Catalogne en 2008. De nombreux pays produisent de l'eau dessalée. Ce procédé est cependant coûteux en énergie selon le directeur de l'Office international de l'eau, Jean-François Donzier.

Date de diffusion :
19 juillet 2011
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

L'eau est une ressource surexploitée. Or, l'augmentation des prélèvements d'eau expose un nombre croissant de régions dans le monde à la pénurie, c'est-à-dire à une disponibilité en eau inférieure à 1 000 m3 par habitant par an.

Diverses techniques hydrauliques sont ainsi mises en place afin de limiter la surexploitation des ressources en eau mais aussi d'en obtenir davantage. Le dessalement de l'eau de mer est la technique qui connaît le plus grand développement en dépit d'un coût financier et énergétique important. Il consiste à transformer l'eau de mer en eau douce. L'eau dessalée est principalement destinée à la consommation puis à l'industrie.

Si les pays du Moyen-Orient, d'une grande aridité, ont été parmi les premiers à recourir au dessalement de l'eau de mer, ce procédé connaît un grand essor sur la planète. 15 988 usines de dessalement sont ainsi en fonctionnement dans le monde selon l'Association internationale de désalinisation. Elles produisent 77,4 millions de m3 d'eau potable par jour et alimentent quelque 300 millions de personnes dans le monde. De la sorte, 8 % de l'eau potable dans le monde provient du dessalement de l'eau de mer.

Les principaux pays producteurs d'eau dessalée sont l'Arabie Saoudite, les États-Unis, les Émirats arabes unis, l'Espagne et le Koweït. Pays le plus sec au monde, l'Australie a également construit plusieurs usines de dessalement d'eau de mer. Celle de Wonthaggi, inaugurée en 2012, peut ainsi produire 450 000 de m3 d'eau potable par jour. De même, l'Algérie a lancé un programme de construction de 13 usines de dessalement d'eau de mer pour une capacité totale de 2,7 millions de m3 par jour.

L'Espagne est quant à elle le premier producteur d'eau dessalée en Europe. Un vaste plan de dessalement a en effet été mis en place à partir du milieu des années 2000 afin de remédier au manque structurel d'eau du littoral méditerranéen. Ainsi, la plus importante usine de dessalement d'eau de mer en Europe a été aménagée dans la banlieue sud de Barcelone, à El Prat del Llobregat. Construite à partir de 2007, elle a été inaugurée en 2009. Sa capacité quotidienne est de 200 000 m3 d'eau potable. Sur 100 litres d'eau de mer, 45 litres peuvent être transformés en eau douce potable. Le reliquat est ensuite renvoyé dans la mer Méditerranée après avoir été adouci par une station d'épuration.

Cette usine de dessalement peut par conséquent alimenter en eau 20 % de la population de Barcelone et de son agglomération, où vivent 4,5 millions de personnes. Toutefois, elle sert surtout à compléter l'eau stockée par les six barrages sur les fleuves Ter et Llobregat. Son objectif principal est de réduire les pénuries d'eau qui affectent régulièrement Barcelone et la Catalogne. La sécheresse de 2008 avait notamment provoqué une importante pénurie d'eau. Barcelone avait alors même dû recourir à des livraisons d'eau potable par bateau citerne.

Le dessalement de l'eau de mer n'est cependant pas sans poser de problème. En premier lieu, son coût demeure élevé. L'usine de Barcelone a par exemple coûté 230 millions d'euros, financés à 75 % par l'Union européenne. Ce coût empêche les pays en développement de se doter d'usines de ce type. Le dessalement a par ailleurs des conséquences notables sur l'environnement. Il nécessite d'abord beaucoup d'énergie. Il entraîne en outre des rejets d'eau saumâtre qui peuvent altérer le milieu marin.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Diffusé le 19 juillet 2011, ce reportage est entièrement consacré à l'usine de dessalement de l'eau de mer installée dans la banlieue de Barcelone. Il ne traite pas d'une actualité immédiate, ce qui explique son positionnement dans la toute dernière partie du journal télévisé de 20 heures de France 2. De fait, l'usine de dessalement de l'eau de mer avait été inaugurée deux ans auparavant, en juillet 2009. La décision de la rédaction de France 2 de s'y intéresser est toutefois liée à la période estivale. C'est en effet à ce moment que la sécheresse et la pénurie d'eau frappent les pays méditerranéens.

La plupart des séquences de ce reportage ont été réalisées par le journaliste Gilles Marinet et le journaliste reporter d'images Vincent Barral dans l'usine de dessalement d'El Prat de Llobregat et dans ses alentours. Seule l'avant-dernière séquence n'a pas été tournée en Catalogne mais à Paris, sans que ce dernier lieu ne soit précisé par une incrustation à l'écran ou par le commentaire : elle a été filmée dans le bureau de Jean-François Donzier, directeur de l'Office international de l'eau, une association engagée dans la gestion et la protection de l'eau dont le siège est installé dans la capitale française.

Cependant, une autre séquence n'a pas été tournée pour l'occasion. Il s'agit d'images d'archives filmées en mai 2008 à Barcelone par des envoyés spéciaux de France 2. Un reportage avait alors été réalisé pour parler de la sécheresse qui menaçait la capitale catalane et sa région d'une pénurie d'eau. Toute cette séquence est encadrée par un liseré blanc semblable à celui d'un album de photographies : il s'agit de faire comprendre aux téléspectateurs qu'elle se constitue exclusivement d'images d'archives.

Ce reportage se veut en effet très didactique. Il cherche essentiellement à décrire et à expliquer le procédé de désalinisation de l'eau de mer et le fonctionnement de l'usine d'El Prat de Llobregat. Illustrant le commentaire, de nombreux plans présentent l'intérieur de l'usine et les installations qui permettent de filtrer l'eau de mer. Un plateau en situation de Gilles Marinet y a même été tourné : le journaliste se met en scène, buvant de l'eau traitée par l'usine. L'extérieur de l'usine est également montré par des plans des bassins de stockage de l'eau restante avant son rejet à la mer.

Le reportage recourt en outre aux interviews pour mieux faire comprendre aux téléspectateurs la technique de la désalinisation de l'eau de mer. Trois spécialistes interrogés, dont deux responsables de l'usine catalane, complètent ainsi le commentaire de Gilles Marinet.

Enfin, le souci didactique de ce sujet est amplifié par l'utilisation de l'infographie. Celle-ci a pour but de présenter des données chiffrées ou cartographiques simplifiées. Dans le cas présent, deux infographies ont été créées par ordinateur. La première est une animation sur le pompage de l'eau de mer vers l'usine de dessalement. La deuxième est un planisphère où sont indiqués les cinq premiers producteurs mondiaux d'eau dessalée avec leur production.

Christophe Gracieux

Transcription

Présentatrice
C’est l’un des procédés les plus efficaces pour lutter contre la sécheresse, la désalinisation ou dessalement, oui, oui, les deux termes sont corrects, consiste à transformer l’eau de mer en eau douce et potable. C’est en Espagne qu’a été construite la première grande usine, c’était il y a près de 40 ans. Il y en a aujourd’hui plus de 15000 dans le monde et la plus grande se situe tout près de Barcelone. C’est le dossier de cette édition, il est signé Gilles Marinet et Vincent Barral.
Journaliste
Boire l’eau de la Méditerranée, c’est possible. A condition bien sûr d’ôter les 32 grammes de sel contenus dans chaque litre. Loin des baigneurs, dans les environs de Barcelone, à 2 kilomètres 200 du rivage, une canalisation pompe l’eau de mer à 25 mètres de profondeur pour l’envoyer jusqu’à l’usine de dessalement. Une forêt de tubes et de citernes où l’eau est d’abord filtrée pour la débarrasser de ses impuretés, puis vient la séparation du sel obtenue dans cette série de cylindres bleus.
Carlos Miguel
L’eau de mer est injectée sous haute pression. Elle traverse des membranes très fines, des filtres, qui ne laissent passer que des molécules d’eau. C’est comme ça qu’on obtient de l’eau potable, sans sel.
Journaliste
Le dessalement, c’est la réponse à l’une des pires sécheresses qui ait frappé la Catalogne. Printemps 2008, la ville de Barcelone est à sec. Les 5 millions d’habitants sont ravitaillés en eau douce par bateau depuis Marseille. Pour ne pas revivre pareille situation, la région se lance dans la construction d’une usine de dessalement d’eau de mer. Aujourd’hui, c’est la plus importante d’Europe.
José-Luis Armenter
Cette usine peut produire jusqu’à 200 millions de litres par jour. Cela permet d’approvisionner 20 % de la population de Barcelone et de sa région.
Journaliste
De l’eau destinée uniquement au robinet pour la consommation humaine. Une eau parfaitement buvable, mais pour en produire 1 litre, il a fallu traiter 2 litres d’eau de mer. Alors, que devient l’eau qui reste, et surtout, le sel qu’elle contient ? L’eau restante est mélangée à de l’eau douce, non potable, pour faire baisser son taux de sel avant d’être rejetée à la mer. L’Espagne n’est pas seule à dessaler l’eau de mer. Dans le monde, les usines se multiplient. Les cinq premiers producteurs sont l’Arabie Saoudite, 7,7 millions de mètres cubes par jour, les Etats-Unis 7,5, les Emirats Arabes Unis 6,1, l’Espagne 3,4, le Koweït 2,3. Partout, le long des côtes où les nappes phréatiques diminuent, le dessalement apparaît comme une solution malgré un inconvénient.
Jean-François Donzier
Le seul problème qui subsiste est celui de l’alimentation en énergie électrique, parce que ces usines sont voraces en énergie et lorsque c’est l’énergie qui devient le facteur limitant, là, on a effectivement des problèmes.
Journaliste
Une usine de dessalement consomme en effet 10 fois plus d’énergie qu’une station d’épuration. Le coût des installations n’est pas non plus à la portée de tous les pays. L’usine de Barcelone a coûté 230 millions d’Euros.

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