Réserves de pétrole et de gaz dans l'Arctique

06 septembre 2011
02m 19s
Réf. 05228

Notice

Résumé :

L'exploration des ressources d'hydrocarbures dans l'océan Arctique a commencé. Les pays riverains installent des plateformes de forage dans leur zone économique. L'importance des réserves et un prix du baril en hausse attisent les appétits des Russes, des Américains et des sociétés pétrolières.

Date de diffusion :
06 septembre 2011
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

L'Arctique, d'une superficie de 14 M de km2, est couvert par la banquise à 80 % en hiver ; en été, celle-ci se rétracte pour atteindre 5 à 4 M de km2. Les technologies modernes et le réchauffement climatique tendent à faire de cet océan une mer intérieure disputée par les pays riverains pour des raisons géopolitiques et économiques. On se souvient que la Russie avait envoyé un sous-marin planter un drapeau russe à la verticale du pôle nord, malgré les protestations du Canada et de la Norvège. Avec ce dernier pays, la Russie a négocié en 2010, un partage de la mer de Barents par un tracé de la frontière maritime qui va de l'Est du Spitzberg à l'Ouest de Mourmansk. Ce traité accorde aux Russes la propriété du gisement pétrolier de Chtokman et aux Norvégiens ceux de Havis et Skrugard.

L'exploitation des hydrocarbures aux latitudes arctiques n'est pas nouvelle. Les Américains et les Canadiens valorisent les ressources de la mer de Beaufort depuis des décennies. Les champs pétrolifères de Prudhoe bay en Alaska (voir ce document) sont exploités depuis 1968. Les Russes sont présents sur les côtes sibériennes dans la péninsule de Yamal (voir ce document). Les Norvégiens puisent le gaz de Snovhit au large de la Laponie.

Les conditions naturelles, bien que difficiles, sont rarement un obstacle pour l'exploitation des gisements. Les eaux de l'océan Arctique, sauf dans sa partie centrale, sont assez peu profondes (150 mètres en moyenne) et la disparition de la banquise pendant de longs mois facilite le transport. Les tempêtes et la dérive des icebergs sont en revanche de sérieux obstacles. Les Norvégiens, à travers la société StatOil, disposent d'une avance technologique dans les domaines des forages à partir de plates-formes offshore dont elle est le leader mondial. La société russe Gazprom qui n'est pas aussi performante a fait appel à StatOil et Total pour exploiter le gaz du gisement de Chtokman distant de 600 km des côtes. Les réserves estimées sont équivalentes à 10 ans de consommation française.

L'évaluation des réserves de gaz et de pétrole dans l'Arctique est difficile à établir, à cause de la marge d'erreur possible. D'après les experts américains du bureau géologique (USGS), il y aurait 90 milliards de barils de pétrole à découvrir au-delà du cercle polaire arctique, la plupart étant situés en mer. Si l'on rapporte ces calculs à l'échelle mondiale, l'Arctique contiendrait 13 % du pétrole à découvrir et 30 % du gaz naturel. Cette estimation est très optimiste, StatOil parle plutôt de 1/5e des réserves mondiales. Il ne se passe pas d'année sans qu'un champ d'hydrocarbure soit localisé. En 2012-2013, les Ecossais et les Norvégiens ont repéré un gisement dans la mer de Baffin proche du Groenland. Les grandes sociétés pétrolières mondiales sont sur les rangs mais l'exploitation de ces ressources reste coûteuse et n'est pas sans risque. Les Américains sont en retrait depuis l'extraction du gaz de schiste. Il faudrait un prix du baril largement supérieur à 100 $ pour assurer une rentabilité continue des investissements. L'ONG Greenpeace fait valoir que le risque d'une marée noire est élevé, compte tenu des icebergs, d'autant que l'éloignement et les conditions climatiques augmenteraient le coût d'une intervention, voire la rendraient impossible pendant de longs mois. Une marée noire par fuite d'hydrocarbures sous la banquise serait un cauchemar.

Claude Robinot

Éclairage média

Ce sujet du journal télévisé sur les ressources énergétiques en Arctique prend appui sur une actualité récente, un accord russo-américain de coopération pour l'exploration de l'océan Arctique signé entre Exxon et Rosneft dont on voit les images. Il s'agit d'un partenariat stratégique pour créer un institut de recherche (ARC) qui doit procéder à des échanges de technologies et mettre au point les conditions d'exploitation des hydrocarbures en milieu polaire. Cet accord, comme d'autres, font partie des « grandes manœuvres » que les géants de l'énergie entreprennent pour se garantir l'accès aux ressources en milieu polaire. La phase d'exploitation industrielle est encore prématurée. On voit donc dans ce sujet tous les acteurs qui interviennent sur cet espace comme le Stena Don, une plateforme semi submersible qui se déplace en mer pour des forages exploratoires. Les écologistes de Greenpeace mènent une action commando sur une plateforme d'exploitation proche du Groenland, un de ces nouveaux espaces d'exploration. L'ONG veut attirer l'attention des médias sur les risques de l'exploitation des hydrocarbures en Arctique. Tout le monde est dans son rôle. Les industriels prennent des positions, les écologistes mettent en garde. Le reportage n'insiste peut-être pas assez sur le fait que tout cela est virtuel. Les conditions économiques pour une exploitation rentable ne sont pas encore réunie,s bien que les solutions techniques soient étudiées.

Claude Robinot

Transcription

Présentateur
L’environnement maintenant, avec le début des grandes manœuvres au Pôle Nord. Un accord au sommet entre les géants russe et américain vient d’être signé. Il s’agit de lancer l’exploration à grande échelle. Nicolas Chateauneuf, Dominique Bonnet, Nathalie Gallet.
Journaliste
L’Océan Arctique, ici, l’humanité n’a pas encore imprimé sa marque. Mais pour combien de temps encore ? A l’ouest du Groenland, on peut régulièrement croiser en été des plateformes de forage comme celle-ci. Financée par un groupe écossais à coût de millions de Dollars, la traque de l’or noir a commencé au grand dam des écologistes. Cet été, plusieurs militants de Greenpeace ont réussi à escalader cette plateforme, à 180 kilomètres des côtes du Groenland. Leur but, dénoncer les risques de l’exploitation du pétrole en Arctique. Selon eux, par exemple, aucune plateforme ne pourrait résister à une collision avec un iceberg.
Anne Vallette
Les compagnies pétrolières nous disent ce n’est pas un souci parce que nous, on arrive à détourner les icebergs. L’année dernière pourtant, un iceberg de la taille de Manhattan s’est détaché d’un glacier, donc, on se demande comment. Et en cas de marée noire, il faut savoir que le pétrole pourrait rester coincé sous la glace pendant plusieurs années !
Journaliste
Pour tous les spécialistes, une marée noire en Arctique serait catastrophique pour l’environnement tout en étant très compliquée à nettoyer. Mais voilà, selon des estimations, l’Arctique représente 30 % des réserves mondiales de gaz, 13 % des réserves de pétrole. Déjà, plusieurs sites sont exploités surtout en Alaska, en Norvège, en Russie. D’autres sont en développement et les projets d’exploration se multiplient. Il y a quelques jours, deux géants pétroliers ont signé un accord. Avec le soutien de Vladimir Poutine, l’américain ExxonMobil et le russe Rosneft vont investir plus de 2 milliards d’Euros pour explorer l’Arctique, les grandes manœuvres commencent.
Francis Perrin
L’Arctique est très probablement la dernière frontière majeure de découvertes très importantes de pétrole et de gaz pour les compagnies pétrolières. Celles-ci le savent et s’efforcent de prendre position dans les zones où ceci est possible et il y a déjà une forte concurrence.
Journaliste
L’exploitation du pétrole et du gaz en Arctique peut coûter jusqu’à deux fois plus cher aux grandes compagnies. Mais avec un baril de pétrole qui atteint actuellement des sommets, elles ont aujourd’hui les moyens de faire du monde blanc la nouvelle contrée de l’or noir.

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