Le Sommet de la Terre « Rio+20 » en 2012

20 juin 2012
02m 01s
Réf. 05234

Notice

Résumé :

Le Sommet de la Terre « Rio+20 » s'est ouvert à Rio de Janeiro en présence de chefs d'État et de gouvernement. Le président français François Hollande défend une taxe sur les transactions financières. Le président des Maldives Mohamed Waheed Hassan annonce la transformation de son pays en réserve marine. Des Indiens d'Amazonie et des membres d'ONG manifestent en marge du sommet.

Date de diffusion :
20 juin 2012
Source :
A2 (Collection: JT NUIT )

Contexte historique

Des sommets internationaux consacrés au développement durable sont régulièrement organisés sous l'égide de l'Organisation des Nations unies (ONU). La première Conférence des Nations unies sur l'environnement a ainsi eu lieu à Stockholm, en Suède, en 1972, suivie d'une deuxième à Nairobi, au Kenya, en 1982. C'est toutefois à partir de la publication, en 1987, du rapport Brundtland, élaboré par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement de l'ONU, que la question du développement durable émerge véritablement sur la scène mondiale. Ce rapport définit en effet pour la première fois le développement durable : c'est un « développement qui répond aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »

Le troisième Sommet de la Terre organisé par l'ONU à Rio de Janeiro, au Brésil, en juin 1992, prend alors beaucoup plus d'ampleur que les précédentes rencontres. Il pose en effet les bases d'une politique de développement durable à l'échelle de la planète. Les 178 pays qui y sont représentés signent une série de conventions dans le but de parvenir à harmoniser les législations nationales sur l'environnement. Ils se mettent également d'accord sur une Charte de la Terre qui comprend 27 principes fondamentaux de sauvegarde de la planète. Par la suite, un quatrième Sommet de la Terre est organisé à Johannesburg, en Afrique du Sud, en 2002.

Outre les Sommets de la Terre, d'autres rencontres réunissent les acteurs de la gouvernance mondiale du développement durable sous l'égide de l'ONU. Ses États membres ont par exemple adopté en 2000, à son siège new-yorkais, lors la Conférence du Millénaire, huit Objectifs du Millénaire pour le développement : réduire l'extrême pauvreté et la faim, assurer à tous une éducation primaire, promouvoir l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, lutter contre les grandes maladies, assurer un environnement humain durable et construire un partenariat mondial pour le développement. En outre, l'ONU organise régulièrement des conférences sur le climat, comme à Kyoto, au Japon, en 1997 ou à Copenhague en 2009.

C'est de nouveau à Rio de Janeiro que le cinquième Sommet de la Terre, ou Conférence des Nations unies sur le développement durable, se tient, du 20 au 22 juin 2012. Dit « Rio+20 », il commémore le vingtième anniversaire du sommet fondateur qui avait eu lieu dans la même ville. 191 pays y sont représentés et 88 chefs d'État et de gouvernement y prennent part, dont le tout nouveau président de la République française François Hollande. Il est toutefois l'un des rares grands dirigeants à être présents puisque ni le président américain Barack Obama, ni le Premier ministre britannique David Cameron, ni la chancelière allemande Angela Merkel n'y participent.

Le bilan de « Rio+20 » est pour le moins restreint. La déclaration finale, intitulée « L'avenir que nous voulons », ne prévoit que très peu de mesures concrètes. Ainsi, si la décision a été prise de reconnaître le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) comme autorité mondiale en matière d'environnement, aucune précision n'est donnée sur son renforcement. De même, si le sommet « Rio+20 » institue des Objectifs du développement durable qui doivent se substituer aux Objectifs du Millénaire pour le développement à partir de 2015, il n'en définit pas du tout le contenu. Enfin, le projet d'une agence mondiale de l'environnement, défendu par l'Union européenne et les pays africains, n'a pas vu le jour.

Cet échec de « Rio+20 », venant après plusieurs autres dont celui de la conférence de Copenhague sur le climat en 2009, témoigne d'une réelle paralysie de la gouvernance du développement durable provoquée par de profondes divergences entre les États.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Consacré à la Conférence des Nations unies sur le développement durable, « Rio+20 », qui s'est ouverte le jour même à Rio de Janeiro, ce reportage a été diffusé en ouverture du journal télévisé de la nuit de France 2 le 20 juin 2012. Ce sujet présente la particularité de ne pas avoir été réalisé sur place par la journaliste Jamila Mimouni, qui assure le commentaire depuis la rédaction de France 2, à Paris. Il est très probablement constitué en grande partie d'un montage d'images « EVN » (Eurovision News), c'est-à-dire d'images tournées par d'autres télévisions européennes. L'EVN est une banque d'échanges d'images tournées par les chaînes de télévisions européennes et à laquelle elles peuvent toutes s'alimenter pour illustrer leurs reportages lorsqu'elles n'ont pas envoyé de journaliste sur place.

Ce bref sujet se veut le plus exhaustif possible sur le sommet de Rio. Il traite en effet aussi bien des aspects institutionnels que de la contestation suscitée par cette rencontre. Il se compose principalement d'images institutionnelles très ritualisées. Elles sont semblables à celles que l'on peut retrouver dans la plupart des reportages consacrés à des sommets internationaux. Ce sujet s'ouvre ainsi sur la traditionnelle photographie de famille des chefs d'État et de gouvernement présents à ce sommet. Cette photographie constitue un passage obligé de toutes les rencontres internationales. Une autre scène est familière de ces rencontres diplomatiques : celle de la poignée de main échangée entre l'hôte du sommet et d'autres chefs d'Etat. Ici, c'est la présidente brésilienne Dilma Rousseff qui serre la main de ses invités avant de prendre place au centre du groupe au côté du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Ce dernier est lui aussi au centre car il représente l'organisation sous l'égide de laquelle a lieu le sommet.

Le sujet donne également à voir le fonctionnement d'un sommet international. Il montre que les dirigeants internationaux se succèdent à la tribune pour prononcer des discours dans lesquels ils peuvent proposer des mesures concrètes. Dans le cas présent, le choix de la journaliste de France 2 qui a réalisé ce sujet à partir des images EVN s'est porté sur le président des Maldives Mohamed Waheed Hassan. Celui-ci a en effet profité du sommet de Rio pour exposer un projet de transformation de son pays en réserve marine. Le sujet donne également à voir un autre passage obligé de ces sommets : les conférences de presse des chefs d'Etat et de gouvernement. Chaque sommet donne lieu à des séances de questions posées aux dirigeants par les journalistes de la presse internationale. Comme c'est habituellement le cas, seule la conférence du responsable du pays dont est originaire la chaîne de télévision est prise en compte. Un extrait de la conférence de François Hollande, élu quelques semaines auparavant à la présidence de la République française, est ainsi inséré dans le sujet.

La dernière séquence de ce sujet apparaît nettement moins institutionnelle. Elle est en effet consacrée aux manifestants qui défilent en marge du sommet et plus particulièrement à des Indiens d'Amazonie. Toutefois, même ces scènes apparaissent désormais rituelles lors des sommets internationaux. En effet, depuis le sommet de l'Organisation mondiale du commerce à Seattle en 1999, toutes les rencontres de dirigeants internationaux sont l'occasion de démonstrations de rue altermondialistes et de contre-sommets.

Christophe Gracieux

Transcription

(Musique)
Journaliste
Trois jours à Rio, une centaine de Chefs d’Etat ou de Gouvernement se sont donnés rendez-vous. Baptisé Rio + 20, 20 ans après le premier sommet de la Terre au Brésil qui avait imposé l’environnement comme thème mondial. Le projet de déclaration finale suscite déjà des critiques pour son manque d’ambition. François Hollande, s’il le considère comme une avancée, a regretté deux points. L’incapacité de créer une agence spécialisée pour le développement qu’il avait proposé d’installer à Nairobi en Afrique et l’échec sur le financement par une taxe.
François Hollande
Je milite depuis longtemps, et je le fais cette fois-ci comme Président de la République française pour la création d’une taxe sur les transactions financières. Et je m’engage une nouvelle fois à ce que les recettes de cette taxe soient, pour une grande partie, reversées aux objectifs de développement.
Journaliste
Le Président des Iles Maldives, Mohammed Waheed, a annoncé que son pays, directement touché par le réchauffement climatique, deviendrait d’ici à 5 ans le premier pays à devenir une réserve marine.
Mohammed Waheed
On pourra le faire sur une période courte, en 5 ans, et ce sera la plus grande réserve marine du monde.
Journaliste
Certains dirigeants brillent par leur absence, le Président américain Barack Obama, le Premier Ministre britannique David Cameron, la Chancelière allemande, le Président russe Vladimir Poutine, n’ont pas fait le déplacement. En marge du sommet, des tribus indigènes brésiliennes manifestent contre la déforestation et les projets de grands barrages hydrauliques en Amazonie.
Inconnu
On veut récupérer notre terre. Nous avons été massacrés et nos indiens emprisonnés. On ne quittera pas ces terres sauf si Dilma les détruit.
(Musique)
Intervenant
Organisations de la société civile, militants écologistes, ont défilé pour appeler les Chefs d’Etat à des engagements plus courageux.
(Musique)

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