L'usine de traitement des eaux de Valenton

20 mai 2006
02m 08s
Réf. 05243

Notice

Résumé :

À Valenton, dans le Val-de-Marne, l'usine d'assainissement « Seine Amont » traite 600 000 m3 d'eaux usées par jour. Les eaux sales y sont lavées et les déchets dégrillés. Puis l'eau est stockée dans de grands bassins où les dernières impuretés sont éliminées par décantation. L'usine est ouverte aux visiteurs à l'occasion du Festival de l'Oh !

Date de diffusion :
20 mai 2006
Source :

Contexte historique

L'accès à l'eau est très inégal dans le monde. Cette inégalité reflète celle du développement. Les populations des pays du Sud n'ont ainsi pas toujours un accès à l'eau potable. Et lorsqu'elles en disposent, il est rarement continu. Dans la plupart des cas, ce sont les habitants des quartiers riches qui sont connectés au réseau d'approvisionnement en eau potable. À l'opposé, les pays du Nord disposent d'un accès continu à l'eau potable. L'eau qu'ils produisent est par ailleurs de bonne qualité et abondante : toutes les habitations sont alimentées par cette eau.

Les inégalités entre pays riches et pays pauvres sont également criantes en matière d'assainissement de l'eau. Celui-ci concerne l'ensemble des moyens de collecte, de transport et d'épuration des eaux usées. Les eaux usées se répartissent en trois grandes catégories : les eaux domestiques, issues des cuisines, salles de bain et toilettes, les eaux industrielles et les eaux pluviales et de ruissellement. Dans le monde, la moitié des eaux usées seulement sont ensuite traitées. Ainsi, dans les pays du Sud, l'assainissement demeure bien souvent un problème majeur. La plupart des villes y manquent cruellement de systèmes de traitement des eaux usées. Par exemple, en Inde, seules 160 municipalités sur 8 000 en sont équipées selon une étude conduite par les autorités du pays en 2011. Par conséquent, la grande majorité des eaux usées ne sont pas traitées. D'après un rapport publié en 2012 par la Banque mondiale, presque toutes les villes africaines sont quant à elles dépourvues de système d'assainissement. À Harare, la capitale du Zimbabwe, seules 5 % des eaux usées sont par exemple traitées. Rejetées, les eaux usées des villes des pays du Sud polluent par la suite les nappes phréatiques, les cours d'eaux et les mers. Ainsi, à Luanda, capitale de l'Angola, toutes les eaux usées sont reversées directement dans l'océan Atlantique.

En outre, les pays du Sud manquent d'installations sanitaires améliorées, soit essentiellement des latrines et des toilettes à chasse d'eau. 2,5 milliards de personnes n'ont toujours pas accès à un équipement sanitaire dans le monde, dont 625 millions en Inde, selon les Nations unies. Plus de 2 millions de personnes meurent par conséquent chaque année de maladies liées à l'absence ou à la mauvaise qualité de l'eau. 4 000 enfants décèdent chaque jour des suites de diarrhées après avoir bu une eau non potable.

À l'inverse, les pays du Nord possèdent des systèmes d'assainissement modernes et efficaces. En France, près de 19 000 stations d'épuration traitent ainsi les eaux usées des communes. Par exemple, l'Ile-de-France dispose de trois grandes usines de retraitement des eaux usées : celle de Valenton pour le secteur Seine amont, celle d'Achères pour le secteur Seine aval et celle de Noisy-le-Grand pour le secteur Marne aval. La station d'épuration d'Achères, créée dès 1940, est la plus grande d'Europe : dotée d'une capacité de traitement de 1 700 000 m3, elle traite 70 % des eaux de l'agglomération parisienne.

L'usine de Valenton, dans le Val-de-Marne, a quant à elle été mise en service en 1987. S'étendant sur une superficie de 80 hectares, sa capacité de traitement est de 600 000 m3 par jour. Cette capacité peut même être augmentée à 1 500 000 m3 par temps de pluie. L'usine d'assainissement « Seine amont » possède ainsi deux chaînes de dépollution parallèles : Seine amont 1 traite les eaux usées et Seime amont 2 les boues.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage a été diffusé dans l'édition régionale du journal télévisé « 19/20 » de France 3 destinée à l'Ile-de-France, le 20 mai 2006. Le « JT Soir 3 Paris Ile-de-France » couvre toute l'actualité de la région. Dans le cas présent, il porte entièrement sur l'usine d'assainissement d'eau « Seine amont » située à Valenton, dans le Val-de-Marne. Ce sujet s'inscrit dans le contexte du « Festival de l'Oh ! » : il s'agit de festivités de deux jours consacrées à l'eau et organisées chaque année au mois de mai par le Conseil général du Val-de-Marne. La rédaction de France 3 Paris Ile-de-France a ainsi choisi d'illustrer ce festival en traitant d'un exemple concret, l'usine d'assainissement des eaux usées de Valenton.

Réalisé dans l'enceinte même de l'usine, ce reportage est avant tout technique. Il s'emploie principalement à présenter le fonctionnement de l'usine et donne par là-même un aperçu du processus de traitement des eaux usées. La plus grande partie du sujet présente en effet les différentes étapes de l'assainissement, du dégrillage des déchets à l'élimination des dernières impuretés par décantation. Le journaliste décrit ainsi de manière didactique ces étapes qui sont montrées à l'écran par des images d'illustration filmées dans l'usine de Valenton. Ce commentaire est complété par l'intervention du directeur général du Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne, Daniel Duminy. Ce dernier se prête en effet lui aussi à des explications in situ : il est interrogé devant les installations qu'il décrit.

Seule la dernière séquence de ce reportage ne comporte aucune dimension technique. Elle rappelle l'origine de la réalisation du sujet, l'organisation du Festival de l'Oh !, par des plans de visiteurs venus découvrir l'usine de Valenton. L'interview du directeur du festival a quant à elle pour but d'élargir davantage encore le propos en insistant sur la nécessité de sensibiliser à la préservation de l'eau.

Christophe Gracieux

Transcription

Présentatrice
De l’eau comme s’il en pleuvait. Depuis six ans, pour célébrer l’eau comme richesse, le Festival de l’Oh! multiplie ses propositions dans tout le Val-de-Marne, des croisières, des spectacles, des animations. Mais le rendez-vous se veut aussi pédagogique, exemple à Valenton où l’on peut découvrir comment l’eau se lave dans l’une des usines d’assainissement, la plus moderne d’Europe. Reportage Louis Pialat et Isabelle Eudin.
Journaliste
Pas de doute, ces eaux sont sales et l’assainissement indispensable, l’usine d’épuration de Seine Amont à Valenton traite 600000 m3 d’eaux usées par jour. Première étape, le dégrillage pour isoler les gros déchets.
Daniel Duminy
Ici, on enlève toutes les particules supérieures à 20 millimètres avec ces grosses machines qui, en permanence, 24 heures sur 24, vont enlever, vont dégriller en fin de compte. Ces produits sont compactés, mis dans des containers et partent en incinération.
Journaliste
Les eaux arrivent sur le site via les égouts, à droite des graisses - des bulles d’air, à gauche, les font flotter pour les récupérer plus facilement avant incinération. Dans le même temps, cette structure métallique, un racleur, récolte les sables qui se déposent au fur et à mesure dans le fond des bassins. Qui dit assainissement dit mauvaises odeurs, d’où la présence de ces tours de lavage, pour laver quoi, et bien de l’air.
Daniel Duminy
Comment on lave de l’air ? En fait, on collecte tout l’air de l’usine, après on le passe dans les tours de lavage que vous voyez derrière moi, avec des produits chimiques. Et au final, avec du chlore, de l’eau de javel, on lave de l’air.
Journaliste
Tout cet équipement a un coût, un tiers de notre facture d’eau, surtout que l’usine tourne sept jours sur sept. Le festival de l’Oh! est l’occasion pour les val-de-marnais de la découvrir. Petit train obligatoire, le site s’étend sur 80 hectares, et visite à distance de ces grands bassins où les dernières impuretés sont éliminées par décantation.
Olivier Meïer
Il faut que chacun prenne conscience aussi qu’il est responsable face à une ressource qui est fragile, qui est précieuse ; et que donc, chacun soit attentif non seulement à économiser l’eau, mais à ne pas rejeter n’importe quoi dans les égouts. Et je pense que le Festival de l'Oh! en général, et puis la visite de l’usine en particulier, contribuent à sensibiliser à cette préservation de la ressource.