Visite du musée national des arts asiatiques Guimet

15 janvier 2001
02m 10s
Réf. 05319

Notice

Résumé :

France 2 propose une visite en avant-première du musée national des arts asiatiques Guimet créé en 1881 par l'industriel Emile Guimet. Longtemps fermé pour rénovation, il rouvre ses portes entièrement repensé. Son directeur Jean-François Jarrige évoque les intentions de Guimet ainsi que certains enjeux liés à la fréquentation du musée.

Date de diffusion :
15 janvier 2001
Source :

Contexte historique

Le musée Guimet est l'oeuvre de l'industriel Émile Guimet (1836-1918). Fils d'un riche industriel fondateur de Pechiney, il reçoit dans son enfance une solide culture scientifique et artistique. Il fait figure de grand patron « social », créant pour ses ouvriers un fonds d'indemnisations des accidents du travail et de retraites.

Il développe en parallèle une vocation de chercheur, voyageant en Égypte, en Grèce, en Turquie, en Roumanie, en Algérie et en Tunisie, dont il rapporte des objets et observations ethnographiques. Il participe à Paris au premier congrès des Orientalistes (1873) et fait des voyages de plus en plus lointains. Il fait le tour du monde avec son ami le peintre Félix Régamey en 1876-1877, faisant halte au Japon, en Chine et en Inde. Il en rapporte de nombreux objets, initialement exposés au palais du Trocadéro à Paris.

Guimet se tourne ensuite vers l'étude des religions et l'archéologie et décide de créer une « usine scientifique » pour les objets qu'il a rapportés, un musée qu'il veut « musée des religions ». Le musée Guimet de Lyon est inauguré en 1879 mais, déçu de l'accueil de la municipalité, Guimet décide d'en construire un autre à Paris, inauguré en 1889. Le collectionneur fait alors don de ses collections à l'État. Il veut également que son musée soit un musée vivant des religions. Il organise donc des cérémonies bouddhiques à l'occasion du passage à Paris de moines japonais ou de lamas tibétains, fait venir à Paris des étudiants orientaux, organise des conférences et fonde la collection scientifique des Publications du musée Guimet.

Guimet voit une profonde continuité entre son travail de patron et son mécénat scientifique : « si j'ai fait de l'industrie, c'était pour être utile au peuple, [...] si j'ai fait des écoles, c'était pour l'instruire ; si j'ai subventionné des sociétés de secours mutuel, c'était pour le soulager dans ses tristesses, et je vais vous expliquer que si je me suis occupé de philosophie, si j'ai fondé le musée des Religions, c'était pour donner aux travailleurs le moyen d'être heureux. De sorte que ma vie, qui semble un peu éparpillée, a, je crois, une grande unité. Mon existence n'a eu qu'un seul but : aimer et servir les prolétaires. »

En 1927, le musée Guimet est rattaché à la Direction des Musées de France. Sa collection est régulièrement enrichie et spécialisée sur l'Asie par le transferts de collections. Il reçoit les pièces indochinoises du palais du Trocadéro en 1927, cède en 1945 ses pièces égyptiennes au Louvre en échange de la collection des arts asiatiques qu'il détient. Le musée se transforme en se dotant de bureaux et de réserves dans les années 1960, en changeant sa muséographie dans les années 1970. Enfin, d'importants aménagements sont prévus en 1993 et lancés en 1996 pour faire du musée un pôle de connaissance de l'art asiatique. Les architectes, Henri et Bruno Gaudin réorganisent l'espace du musée pour lui donner plus de clarté et de lisibilité. Cela n'empêche par le musée Guimet de connaître des difficultés du fait d'une fréquentation trop variable (les entrées payantes sont passées de plus de 300 000 en 2001 à moins de la moitié en 2011, mais à près de 250 000 en 2012).

Alexandre Boza

Éclairage média

Après trois ans de demi de travaux de rénovation (mais le commentaire du journaliste Georges Bégou signale cinq ans pour l'opération dans son ensemble), le musée Guimet est inauguré par le président de le République et amateur d'art asiatique Jacques Chirac. L'Asie, c'est la moitié de l'humanité et d'innombrables trésors selon le journaliste, et pourtant elle demeure une aire de civilisation méconnue.

Le musée Guimet contient depuis un siècle la plus grande collection mondiale d'art asiatique. Les travaux de rénovation et d'aménagement muséographique permettent de donner une seconde jeunesse aux œuvres et d'en présenter « sur quatre étages et treize milles mètres carrés les plus belles pièces ». Le musée y gagne de plus larges volumes, notamment dans la grande nef qui accueille le public sous son éclairage zénithal.

Son directeur Jean-François Jarrige, spécialiste en archéologie de l'Inde ancienne, rappelle que l'organisation muséale était importante pour le musée Guimet car il souhaitait présenter une collection d'iconographie à caractère religieux (bouddhisme et brahmanisme, taoïsme, confucianisme). Les aménagements élargissent le point de vue aux civilisations asiatiques et permettent de rendre compte des points communs au-delà des variations stylistiques et de matériaux (bois, pierre). La collection expose également de riches objets : porcelaines de Chine des différentes dynasties impériales, meubles laqués, estampes japonaises rares dont la célèbre Grande vague de Kanagawa de Katsushika Hokusai (1831) qui trouva un grand écho dans le travail des post-impressionnistes européens.

Jean-François Jarrige voit dans cette modernisation le moyen de relancer la fréquentation en berne du musée en proposant un espace modernisé à la hauteur du goût de la France pour la production culturelle asiatique.

Alexandre Boza

Transcription

Présentateur
Culture, 3 ans et demi de travaux ont été nécessaires pour entièrement rénover ce musée qui fut créé en 1881 par l’industriel Emile Guimet. Visite en avant-première accompagnée par George Bégou et Pascal Pueyo.
Journaliste
Le continent asiatique, à peu près la moitié de la population du globe. Un patrimoine artistique considérable et pourtant méconnu. Grâce à l’industriel Emile Guimet, la France possède depuis un siècle la plus riche collection mondiale d’art asiatique. Après 5 ans de travaux et un réaménagement architectural complet, voici aujourd’hui en majesté sur quatre étages, soit 13000 mètres carrés, les plus belles pièces de la collection.
Jean-François Jarrige
Emile Guimet était un homme qui attachait beaucoup d’importance à la rigueur des présentations. A son époque, le musée était avant tout un musée religieux, d’iconographie religieuse. Aujourd’hui, c’est les civilisations qui priment sur les phénomènes religieux.
(Musique)
Journaliste
Phénomènes religieux qui se perpétuent, du bouddhisme au brahmanisme par exemple, dans la civilisation indienne, Shiva aux bras multiples danse aussi bien en Inde qu’au Vietnam sous l’aspect d’un bois polychrome. Dans la mythologie bouddhique, l’éléphant a un caractère sacré puisque la légende veut que la mère du Bouddha ait été fécondée par un éléphant blanc. Légende que perpétuent jusqu’au fin fond de la Chine les disciples du Maître. Le Musée Guimet comblera les amateurs de porcelaines chinoises au bleu incomparable par une infinie variété de vases Qing, Ming, Tong ou Song. Une manière de faire défiler sous nos yeux, les trésors des dynasties impériales. Quant au Japon, il sort de ses tiroirs ses plus belles estampes qui influencèrent nos impressionnistes, un certain Toulouse-Lautrec ou un certain Van Gogh. Quel public attend-on sous la grande nef ?
Jean-François Jarrige
Nous attendons maintenant un très large public. Nous savons l’intérêt exceptionnel en France pour le cinéma asiatique, pour la littérature asiatique. Il n’y a donc aucune raison que les arts d’Asie ne bénéficient pas de ce même engouement.
(Musique)
Journaliste
Un challenge pour le musée, un voyage, un rêve pour le visiteur.

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