Les transformations du quartier des Halles à Paris

03 janvier 2011
02m 13s
Réf. 05336

Notice

Résumé :

A l'occasion de l'exposition en 2011 du projet de réaménagement du quartier des Halles à Paris, le reportage retrace l'histoire de ses aménagements successifs depuis le XIXe siècle. Des pavillons Baltard à l'échec urbanistique du centre commercial des Halles, il défend le nouveau projet prévu pour réconcilier les habitants avec les Halles.

Date de diffusion :
03 janvier 2011
Source :
A2 (Collection: 13 heures )

Contexte historique

Le quartier des Halles dans le centre de Paris est un condensé des difficultés à aménager un espace moderne et dynamique au cœur d'une ville.

Les transformations des années 1970 devaient faire entrer le cœur de Paris dans la modernité. Les Halles sont rasées et les commerçants transférés dans le cadre du « déménagement du siècle » décidé en 1960 vers le Marché d'Intérêt National (MIN) ouvert à Rungis et les halles de la Villette. La majorité des constructions de Baltard est détruite, mais leur classement au patrimoine conduit au démontage d'un des pavillons, ensuite transporté et remonté à Nogent-sur-Marne. L'Eglise Saint-Eustache, la Bourse de commerce et la Fontaine des Innocents sont préservés par les travaux.

Sur l'emplacement des Halles est décidée la création d'une « ville souterraine » ; le « trou des Halles » permet la construction d'une interconnexion de transports à vingt mètres sous la surface. Les pouvoirs publics ne souhaitent pas faire des Halles une gare et il est décidé d'aménager le sol en jardin, le sous-sol devant être dévolu à des équipements de commerce, de loisir et de culture. La galerie commerciale du Forum des Halles, dont les pavillons Willerval sont la partie visible, est conçue par les architectes Claude Vasconi et Georges Pencreac'h. Elle est inaugurée en 1979 par le maire de Paris Jacques Chirac.

Le reste du quartier connaît également de profonds changements. Le Centre Georges Pompidou, dont le projet est validé en 1969, est inauguré en 1977. L'architecture de Renzo Piano et Richard Rogers contraste brutalement avec le style haussmannien du quartier. Elle est encensée ou détestée. En marge du Centre et de la Piazza Beaubourg, le quartier de l'Horloge, ancien îlot insalubre, est reconstruit par l'architecte Jean-Claude Bernard pour retrouver le bâti médiéval tout en le repensant dans l'époque contemporaine.

Le Forum des Halles attire sur lui de nombreuses critiques (insécurité, vieillissement et étroitesse des lieux) et en 2004 la mairie de Paris organise un concours pour son réaménagement. Quatre équipes sont choisies pour proposer des projets de réhabilitation et le projet de David Mangin est retenu. Il propose l'idée d'un grand puit de lumière pour ouvrir la gare vers l'extérieur, des vitres et des percements pour plus de transparence. Le projet est abandonné sur la pression des riverains au profit de la canopée, en référence à la couverture végétale au contact du soleil. Patrick Berger et Jacques Anziutti remportent en 2007 le second concours spécifique pour leur projet de couverture. Il s'agit d'une structure de verre et d'acier de quatorze mètres de haut qui à partir de 2014 abrite des installations culturelles (conservatoire, bibliothèque) et un jardin. Le centre commercial réaménagé restera cantonné au sous-sol.

Alexandre Boza

Éclairage média

C'est un reportage sévère à l'encontre du quartier des Halles qui est proposé. Elise Lucet, la présentatrice, donne d'emblée le ton : « les Parisiens ne se sont jamais vraiment faits au quartier des Halles. [...] Ils préféreront surement le nouveau projet qui a été retenu : un toit écolo géant va recouvrir l'actuel centre commercial ». Très clairement l'ancien projet est rejeté au profit du nouveau.

L'occasion d'un bilan est offert par l'exposition de la maquette de la « canopée » au pavillon de l'Arsenal à Paris. Le reportage intègre de nombreuses vues en image de synthèse pour donner du volume et du réalisme au projet. Le numérique modifie la perception que les gens se font de l'espace et que la maquette seule ne suffit pas à restituer.

Pour huit cents millions d'euros, c'est « un jardin ouvert, une structure dorée en équilibre imaginée par l'architecte Patrick Berger. Un puit de lumière vers le centre commercial et la gare RER [Réseau Express Régional] ». Dominique Alba, directrice générale du pavillon de l'Arsenal, rappelle que le projet de canopée de Patrick Berger a remporté un concours. Sa légèreté, comme un voile en surplomb des Halles, lui vaut son surnom qui doit être mis « au service on l'espère d'un mieux-être et d'un mieux vivre pour l'ensemble des usagers de la métropole ».

Le contraste avec l'actuel bâtiment des Halles, qui voit transiter chaque jour 750 000 visiteurs, est saisissant. Le commentaire est très dépréciatif, signalant « l'inconfort et la saleté » des lieux qui pourtant accueillent de nombreux touristes. L'image de marque de la ville est altérée par la médiocrité de son centre.

Le reportage retrace rapidement l'histoire du quartier des Halles depuis le milieu du XXe siècle. C'est alors le lieu où viennent s'approvisionner les différents marchés de la capitale. Le bâtiment de verre, de fer et de fonte est innovant ; il devient ensuite typique de l'architecture industrielle de la seconde moitié du XIXe siècle. Conçu entre 1854 et 1870 par l'architecte français Victor Baltard, architecte en chef des travaux de Paris, le bâtiment composé de pavillons est « un bijou de l'architecture ».

Les pavillons Baltard sont rasés en 1971, « massacrés » selon le commentaire, pour faire place au « trou des Halles » en 1972. L'image est peu flatteuse et les bâtiments en forme de parapluie qui viennent le combler sont « controversés ». La fonction commerciale demeure mais s'adapte aux Trente Glorieuses. Le lieu devient un centre commercial en sous-sol et un nœud de transport pour l'agglomération parisienne à la jonction de plusieurs lignes de RER et de métro.

Mais « le tout vieillit prématurément » et 18 000 curieux viennent au pavillon de l'Arsenal découvrir le nouveau projet qui doit les réconcilier avec le quartier des Halles. Car pour l'un d'eux, « aller aux Halles c'est plutôt une galère, circuler à l'intérieur, donc le projet est plus aéré. Ca permet d'avoir des accès améliorés. » L'enjeu est important pour une capitale qui se targue d'être la plus belle ville du monde et doit penser son paysage urbain pour s'ancrer aussi dans la modernité.

Alexandre Boza

Transcription

Présentatrice
… demain. En France, les parisiens ne se sont jamais vraiment fait au quartier des Halles, rénové dans les années 70, ils préfèreront sûrement le nouveau projet qui a été retenu. Un toit écolo géant va recouvrir l’actuel centre commercial. La maquette de 65 mètres carrés attire déjà de nombreux curieux, visite guidée au Pavillon de l’Arsenal, Daniel Wolfromm, Florient Le Moal.
Journaliste
Au cœur de Paris, le Forum des Halles, le Centre de la capitale. Et voilà ce à quoi il va ressembler dans cinq ou six ans si tout va bien. Un jardin ouvert, une structure dorée en équilibre, imaginée par l’architecte Patrick Berger, un puits de lumière vers le centre commercial et la gare RER.
Dominique Alba
Voilà, le concours d’architecture a été donc gagné avec ce projet qu’on appelle La Canopée , parce qu’il flirte avec le niveau des arbres et qui vient comme ça épouser tout l’espace des Halles, au service, on l’espère, d’un mieux être et d’un mieux vivre pour l’ensemble des usagers de la métropole.
Journaliste
Parce que pour l’instant, ce n’est pas vraiment le cas. 750000 visiteurs, des parisiens, mais aussi des franciliens et des touristes transitent ici chaque jour, dans l’inconfort et la saleté. Ces pavillons seront donc rasés dans les prochaines semaines pour faire place à cette nouvelle architecture aérée. Mais Les Halles, ce fut d’abord et pendant plus d’un siècle les pavillons Baltard. Un bijou d’architecture massacré en 1971 pour faire place au fameux "trou des Halles", comblé peu à peu par les bâtiments controversés du forum et de ses équipements. L’affaire avait duré quinze ans, le tout vieillit prématurément. Au Pavillon de l’Arsenal à Paris, 18000 visiteurs en quelques jours pour cette exposition sur l’avenir des Halles.
Inconnu
Effectivement aujourd’hui, aller aux Halles, c’est plutôt une galère, circuler à l’intérieur, donc… Je trouve que le projet, il a l’air beaucoup plus aéré, ça permet d’avoir les accès améliorés, donc moi, j’ai plutôt hâte de voir à quoi ça va ressembler en vrai, quoi.
Journaliste
800 millions d’Euros pour rénover le tout, les jardins, le forum, le centre commercial, la gare RER, de ce qui est en fait devenu la porte centrale de la capitale.