La baisse de la consommation d'énergie en image dans les années 80

04 octobre 1984
02m 42s
Réf. 05501

Notice

Résumé :

Au début des années 1980, après plusieurs années de baisse de la consommation énergétique française, Brice Lalonde explique en quoi la maîtrise de la consommation énergétique est importante.

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Date de diffusion :
04 octobre 1984
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Contexte historique

Remarque préalable : L'unité conventionnelle de l'énergie est le Joule (J), mais lorsqu'il est question de consommation ou de production d'énergie au niveau d'un pays, les quantités sont très importantes, il est donc plus aisé d'utiliser comme unité la tonne équivalent pétrole (tep). 1 tep correspond à l'énergie produite par la combustion d'une tonne de pétrole, elle est équivalente à 41,86 GigaJoule. On utilise aussi Mtep qui correspond à un million de tonnes équivalent pétrole.

Au cours de la période 1960-1973, la croissance de la demande d'énergie est étroitement liée à la croissance économique. Le pétrole, en plein essor, permet de faire face à la fois au développement industriel et au déclin du charbon auquel il se substitue. Entre 1973 et la fin des années 1980, les hausses de prix des chocs pétroliers remettent en cause les choix énergétiques, en incitant les pays à maîtriser les consommations et à les orienter vers d'autres sources.

En France, la mise en place du programme nucléaire permet un accroissement conséquent de la production nationale d'énergie primaire, passée de 44 Mtep en 1973 à 139 Mtep en 2011. La production nucléaire est passée dans l'intervalle de 4 Mtep à 115 Mtep, alors que l'extraction d'hydrocarbures (gaz naturel, pétrole) poursuit son déclin et que celle du charbon s'arrête en France en avril 2004. Les énergies renouvelables ont stagné jusqu'en 2005 avant de connaître une progression constante jusqu'en 2010.

Au cours de la période 1973-2011, la part de l'industrie (y compris la sidérurgie) dans la consommation d'énergie diminue fortement (36 % à 21 %), celle du secteur résidentiel-tertiaire gagne deux points, en passant de 42 % à 44 %, alors que le secteur des transports progresse significativement de 19 % à 32 %.

De nombreuses campagnes de communication sont lancées à partir de 1974 pour inciter les français à maîtriser leur consommation énergétique. On peut notamment citer en 1979, la « chasse au Gaspi » et le célèbre personnage de Bande Dessiné « Gaspi » qui explique aux français un certain nombre de gestes simples pour limiter sa consommation énergétique. Cette émission de télévision « une bonne nouvelle par jour » fait partie de cet ensemble de communication vers les Français. La baisse de la consommation énergétique de la France entre les années 1979 et 1983 ne sera pas poursuivie par la suite ; en 2011, la consommation est de 266 Mtep.

Fatima Rahmoun et Sophie Edouard

Éclairage média

Dans le lancement tout en couleur de ce reportage, nous voyons Brice Lalonde en incrustation sur une image assez naïve et très colorée de paysage de montagne avec un couple en tandem. Dès le début, tout est dit : en 1983, la consommation énergétique des Français diminue et ce depuis 4 ans.

C'est une communication positive où les efforts des Français sont pointés, on ne parle pas ici de choc pétrolier. Le mot pétrole est même totalement absent du reportage au point que l'unité souvent utilisé pour exprimer des énergies la tonne équivalent pétrole (tep) est remplacée dans le graphique et dans le commentaire par millions d'unités...Ce qui fait que nous avons du mal à suivre les informations. On devine Georges Pompidou sur la photographie représentant le gouvernement sur le graphique en bâtons.

Dans la deuxième partie du reportage, Brice Lalonde cible les progrès dans l'industrie et dans l'habitat en citant à chaque fois des chiffres et des gestes simples comme la pose des échangeurs de chaleur et l'isolation des bâtiments. C'est amusant de voir que l'industrie agroalimentaire a été symbolisée par une carotte. Il s'autorise même un trait d'humour sur le qualificatif « écolo » des patrons d'industrie. Comme dans le début du reportage, c'est l'effort des Français sur leur consommation qui est mis en avant. Les transports ne sont pas en reste avec des chiffres précis sur la consommation moyenne des voitures neuves qui a diminué d'1,5 litre en 10 ans. On peut noter qu'en 2011, elle est de 5,6 litres/100 km.

La dernière partie du reportage tente de continuer la pédagogie et surtout de mettre en avant l'impact du progrès dans cette baisse de la consommation qui paraît surtout liée à la récession économique. Les chiffres de 2011, avec une consommation énergétique française de 266 Mtep, comparés aux 193 Mtep de 1993, ne donnent pas raison à Brice Lalonde.

Fatima Rahmoun et Sophie Edouard

Transcription

(Bruit)
Présentateur
Vous savez quoi ? Les Français consomment moins d’énergie. Pour la quatrième année consécutive, la consommation d’énergie a baissé. En 1979, elle était de 194 millions d’unités, l’année d’après, elle est passée à 191, puis à 187, à 184 et l’année dernière à 177. Quand on pense qu’en 70 le gouvernement prévoyait d’arriver à 300, on mesure combien la France gaspille moins. Du même coup, notre taux d’indépendance énergétique est devenu voisin de 40 %. Nous n’avons pas besoin d’importer autant, c’est meilleur pour notre portefeuille, mais il y a encore du chemin à faire. La moitié des économies ont été réalisées dans l’industrie. Les patrons ont investi 3 milliards de francs par an pour que les usines deviennent plus sobres. Surtout dans la chimie, les papeteries, l’agroalimentaire qui consommaient vraiment beaucoup. Ils ont installé des échangeurs de chaleur, des chaudières nouvelles, des pompes à chaleur, des systèmes de régulation électronique, et cetera. Pas parce qu’ils sont devenus écolo, non, mais parce que l’énergie coûte chère et qu’ils savent compter. Après l’industrie c’est l’habitat, avec un tiers des économies réalisées et là c’est grâce au nouveau réflexe des Français qui se sont mis à traquer les calories. Pas plus de 19 degrés dans les locaux, remplacement des vielles chaudières poussives, isolation des bâtiments. Les logements neufs aussi sont mieux conçus, un pavillon chauffé au gaz construit en 1984 dépense deux fois moins d’énergie qu’un pavillon de même surface construit il y a dix ans. Reste les transports, là aussi on économise. Une voiture neuve ne consomme plus que 7 litres au 100 contre 8,5 litres en 1975. Même les avions s’y mettent, moins de 5 grammes de pétrole sont nécessaires aujourd’hui pour transporter un passager sur 1 kilomètre, alors qu’il y a dix ans, il en fallait plus de 7. En somme, la société est en train de s’adapter à l’après pétrole. D’accord… Mais c’est à cause de la crise, les usines ferment, tout le monde est au chômage, c’est facile dans ces conditions de consommer moins d’énergie. On préfèrerait peut-être en consommer davantage mais avoir du boulot. C’est vrai, le ralentissement de l’économie y est pour quelque chose, mais moins que le progrès, tout simplement. La preuve, en 1983, la production économique a augmenté tandis que la consommation d’énergie elle, elle a diminué. Donc, on peut produire plus avec moins d’énergie. D’ailleurs, les industries qui reculent sont précisément les industries qui étaient les plus gourmandes en énergie. Les techniques nouvelles, elles, elles ne consomment presque rien. Et puis, d’ici 1990, les programmes d’économie d’énergie auront créé 250 000 emplois. C’est bon à savoir !