Le diagnostic de performance énergétique

30 juin 2007
02m 22s
Réf. 05505

Notice

Résumé :

Ce reportage présente le diagnostic de performance énergétique qui, après avoir touché les ventes de biens immobiliers, devient obligatoire lors de la location. Nous suivons un expert et un agent immobilier lors de la mise en œuvre de ce diagnostic dans une maison puis un appartement.

Date de diffusion :
30 juin 2007
Source :
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Contexte historique

Plusieurs campagnes ont tenté depuis le choc pétrolier de sensibiliser les Français au gaspillage énergétique (voir le sujet La baisse de la consommation d'énergie en image dans les années 80). On peut citer notamment l'expérience en direct au journal télévisé de Roger Gicquel en 1977 qui demande à tous les Français devant leur poste de télévision d'éteindre toutes les lumières inutiles chez eux pour mesurer leur impact sur la consommation énergétique du pays.

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est un document qui présente la performance énergétique d'un logement en estimant sa consommation énergétique et son taux d'émission de gaz à effet de serre. Il doit être réalisé dans tous les logements sauf ceux destinés à être occupés moins de 4 mois par an.

Le DPE doit être effectué par le vendeur du logement ou le bailleur et doit être réalisé avant la mise en vente ou location du logement et être remis à l'acheteur ou au locataire. Il doit être réalisé par un professionnel certifié.

Ce dernier doit utiliser 2 étiquettes. La première appelée « énergie » renseigne sur la consommation énergétique annuelle du logement sur une échelle allant de A (consommation faible, inférieure à 51 kWh/m²) à G (consommation importante, supérieure à 450 kWh/m²). La seconde appelée « climat » renseigne sur l'impact annuel de cette consommation énergétique sur les émissions de gaz à effet de serre sur une échelle allant de A (émission faible, inférieure à 6 kilogrammes d'équivalent carbone/m²) à G (émission importante, supérieure à 80 kilogrammes d'équivalent carbone/m²).

Les résultats du DPE sont envoyés à l'Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) qui est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), créé en 1991.

Fatima Rahmoun et Sophie Edouard

Éclairage média

Le reportage s'ouvre sur une scène un peu loufoque : une personne regarde une autre personne taper sur le mur d'une maison. La journaliste utilise alors une analogie : le spécialiste qui met en œuvre le Diagnostic de Performance Energétique (DPE) est qualifié de médecin. La journaliste continuera son analogie plus loin dans le reportage en comparant la maison à un corps humain.

Le reportage crée quelque confusion au niveau du vocabulaire : la journaliste déclare que le spécialiste DPE « calcule la surface des portes et des fenêtres » alors qu'il est en train de mesurer à l'aide d'un laser la hauteur de la fenêtre. Or un calcul et une mesure sont deux choses différentes.

La maison est donc assimilée au corps humain dans le sujet. Il faut bien isoler le toit avant de faire quoi que ce soit d'autre. L'analogie fonctionne assez bien puisqu'en hiver, un être humain doit mettre un bonnet pour ne pas avoir froid aux mains. En effet, le cerveau est l'organe prioritaire dans le corps humain. Pour le protéger, tout le reste du corps va passer au deuxième plan. Mais mettre des gants est efficace aussi... comme pour la maison : le diagnostiqueur parle d'isoler les parties inférieures du logement.

Les logements français sont en moyenne assez mal notés lors d'un DPE. La mise en place de ce diagnostic ne semble pas bouleverser profondément les habitudes françaises. Ce diagnostic semble être une nouvelle étape, un peu timide, vers une meilleure gestion énergétique des logements. Si la France réussit à gaspiller moins et à multiplier la nature des ressources qu'elle utilise, elle arrivera peut-être à relever le défi que représente aujourd'hui la gestion raisonnée de l'énergie.

Fatima Rahmoun et Sophie Edouard

Transcription

Laurent Delahousse
Cette nouvelle obligation pour les propriétaires, maintenant. Dès demain, 1er juillet, toute location d’un logement devra s’accompagner d’un diagnostic énergétique, un bilan déjà en place pour la vente, et qui doit permettre de déboucher sur des économies d’énergie. Laetitia Legendre et Bernie Meriaux.
Laetitia Legendre
Jean-Pierre Seron est en quelque sorte un médecin du logement. Il ausculte les maisons, les appartements et depuis six mois, estime leur performance énergétique. Un contrôle des isolations de la cave au plafond.
Jean-Pierre Seron
Par contre, l’isolant, il n’est pas passé de façon totale sous toute la surface du plancher du rez-de-chaussée.
Laetitia Legendre
Cet expert calcule la surface des portes, des fenêtres. Ici, les propriétaires ont investi dans du double vitrage mais ce n’est pas forcément suffisant pour une bonne isolation. C’est comme pour le corps humain ?
Jean-Pierre Seron
Exactement. Si on met uniquement des gants et des chaussettes en hiver, on a froid si on ne s’habille pas autrement, donc c’est exactement pareil. On doit toujours isoler en premier le toit, et en second, on isole les parties inférieures.
Laetitia Legendre
Chauffage au gaz ou à l’électricité, production d’eau chaude, tout est passé au crible. Ce diagnostic permet d’évaluer les consommations en énergie et les productions de gaz à effet de serre. Une classification de A à G, semblable à celle des appareils électroménagers. Cette maison, mal isolée, obtient une mauvaise note.
Jean-Pierre Seron
Les logements français sont à 70 % environ classés entre E et G.
Laetitia Legendre
C’est terrible !
Jean-Pierre Seron
Cela veut dire que… Non, c’est pas terrible mais il y a une marge de progression.
Laetitia Legendre
Dans certaines maisons individuelles, des travaux peuvent réduire la consommation d’énergie de moitié. En collectivité, c’est beaucoup plus compliqué. Valable dix ans, cette expertise purement informative, n’a aucune influence sur le montant du loyer mais elle peut motiver le choix de certains locataires.
Christophe Henninot
Donc là, on a…
Jean-Pierre Seron
4 millimètres.
Christophe Henninot
Le même appartement qui aura un double vitrage avec une parfaite isolation et le même, si nous prenons celui-là, en simple vitrage avec des vitres de 4 millimètres et des huisseries qui ferment très mal, effectivement, peut-être à 50 euros près ou même 30 euros près, le choix sera vite fait.
Laetitia Legendre
Compter, selon la taille du logement, 100 à 300 euros pour ce diagnostic énergétique. Il faudra quelques générations et investir dans de nouveaux modes de construction pour qu’un jour, l’obtention de la note A devienne la norme.