La biomasse, une ressource énergétique renouvelable

02 décembre 2008
02m 38s
Réf. 05506

Notice

Résumé :

A la suite du sommet de 2008, ce reportage fait un rapide tour d'horizon de ce qu'en 2008 on définit par « biomasse », ce qui correspond à la valorisation des déchets urbains et des déchets liés à l'industrie du bois.

Date de diffusion :
02 décembre 2008
Source :
A2 (Collection: 20 heures )
Lieux :

Contexte historique

Une remarque préalable : l'unité conventionnelle de l'énergie est le Joule (J), mais lorsqu'il est question de consommation ou de production d'énergie au niveau d'un pays, les quantités sont très importantes, et il est donc plus aisé d'utiliser comme unité la tonne équivalent pétrole (tep). 1tep correspond à l'énergie produite par la combustion d'une tonne de pétrole, elle est équivalente à 41,86 GigaJoule. On utilise aussi Mtep qui correspond à un million de tonnes équivalent pétrole.

En 2008, les pays de l'Union européenne prennent l'engagement d'accroître la production d'énergies renouvelables. A cette époque, il est fixé qu'elle devra atteindre 20% de la consommation intérieure brute de l'Union Européenne à l'horizon 2020. Une ressource énergétique renouvelable est exploitable sans limite de durée à l'échelle humaine.

La France est riche en ressources énergétiques renouvelables. Avec la première forêt d'Europe occidentale et un fort potentiel hydraulique, éolien et géothermique, elle est, en 2011, le second producteur et le second consommateur d'énergies provenant de ressources renouvelables en Europe, derrière l'Allemagne. On peut classer les ressources énergétiques renouvelables en six grandes catégories : les biocarburants, le bois-énergie (le bois utilisé comme chauffage), les déchets renouvelables, l'éolien, l'hydraulique et une rubrique autre qui permet de classer les petites productions comme la géothermie. La biomasse est une ressource énergétique qui nécessite un peu plus d'explications que l'éolien ou l'hydraulique.

D'un point de vue énergétique, on peut considérer que la biomasse correspond à une ressource énergétique où l'énergie est stockée dans divers organismes sous forme d'énergie chimique. L'homme récupère cette énergie par combustion. Dans la liste ci-dessus, on assimilera donc à la biomasse : le bois et les déchets divers utilisés pour le chauffage, ainsi que les biocarburants utilisés pour le transport.

La biomasse peut-être considérée comme une ressource renouvelable à condition de ne pas l'exploiter de manière trop intensive et donc de laisser le temps aux végétaux de se redévelopper, ce qui implique notamment la gestion durable des forêts.

En 2011, à partir de la répartition de la consommation d'énergie primaire en France métropolitaine, on peut observer que sur une consommation globale de 266 Mtep la filière bois-énergie correspond à 3,7%, les biocarburants à 0,9% et les déchets urbains renouvelables à 0,5%. L'utilisation des déchets urbains renouvelables telle que présentée dans le reportage est en faible augmentation depuis le début du XXIe siècle mais reste en dessous de l'utilisation du bois-énergie ou de l'hydraulique (1,5%). Ceci n'est pas le cas dans tous les pays du monde, nous pouvons citer le cas du Brésil où la part de la biomasse dans la production d'énergie est de 31,6%.

Fatima Rahmoun et Sophie Edouard

Éclairage média

David Pujadas, le présentateur du 20h de France 2, se veut très didactique pour le lancement plateau de ce reportage. En effet, la biomasse n'est pas une ressource énergétique qui est facilement compréhensible. En 2008 et dans ce reportage, la définition se limite au recyclage des différents déchets - alors qu'en 2014 une définition plus large incluant l'utilisation du bois-énergie et les agro-carburants est généralement acceptée.

La biomasse est une ressource renouvelable au même titre que l'éolien ou le solaire même si le journaliste emploie le terme « alternatif » mais elle n'est pas connue du grand public. Le journaliste choisit de parler de recyclage des déchets pour évoquer l'énergie produite par la combustion de cette biomasse, il n'évoque pas l'aspect énergétique ni celui de conversion d'énergie.

La première partie de ce reportage s'intéresse à la valorisation des eaux usées dans une grande station d'Ile-de-France, le mécanisme de fabrication des granulés est décortiqué et là encore la journaliste évoque l'idée de recyclage des boues qui deviennent une « matière première ». C'est l'interview d'un responsable de cette usine d'assainissement qui va expliquer le rôle important de ces granulés : remplacer le charbon, le fioul ou le gaz dans les chaudières des industriels à hauteur de 20 à 30%. Ces granulés vont libérer de l'énergie chimique par combustion, ce qui va permettre de récupérer de la chaleur.

Dans la seconde partie du reportage, la journaliste s'intéresse aux déchets dégagés par les scieries dans le traitement du bois. On voit à l'écran les « montagnes » de déchets qu'évoque le responsable et qui correspondent à 30% de l'arbre à peu près. De même ici, la valorisation en granulés prêts à être utilisés dans les chaudières est présentée à l'écran par le responsable de la société.

Pour une toute première présentation de la biomasse, ce reportage se veut très visuel ; montrant à l'image des personnes avec des balais lorsque le commentaire sonore évoque le nettoyage des eaux usées, ou illustrant la part impressionnante de déchets générés dans les scieries par des montagnes de sciure.

Fatima Rahmoun et Sophie Edouard

Transcription

David Pujadas
L’environnement avec la suite du sommet de Poznan en Pologne, on l’évoquait hier, sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Lorsqu’on évoque les énergies alternatives, on pense à l’éolien, on pense au solaire, mais il y a aussi la biomasse. De quoi s’agit-il ? Du recyclage de nos déchets. Lesquels ? Tout ce qui est issu du vivant. Epluchures, eaux usées, sciures de bois, tout est recyclable, des déchets qui deviennent du combustible. Explications Florence Mavic, Frédéric Capron.
Florence Mavic
Aux portes de Paris, d’immenses bassins recueillent 24 heures sur 24 les eaux usées déversées par une partie des habitants de l’Ile-de-France.
Michel Riotte
Environ 600 000 mètres cubes/jour sont traités ici, soit 2 millions équivalents habitants, et l’ensemble de ces 2 millions produisent une biomasse que nous valorisons en énergie.
Florence Mavic
Traditionnellement, les stations d’épuration, ça nettoie les eaux polluées avant de les rejeter dans les rivières. Aujourd’hui, les plus importantes recyclent les boues chargées d’impuretés. Ce qui était un déchet devient une matière première. Séchées, déshydratées, ces boues liquides se solidifient en granulés. Ils trouveront preneurs chez les industriels du bâtiment pour alimenter leurs chaudières.
Michel Riotte
[..teries]Elles s’en servent de carburant, et ça leur permet d’économiser soit du gaz naturel, quand elles chauffent au gaz naturel, soit du fioul, lorsqu’elles chauffent au fioul.
Florence Mavic
Et dans nos maisons, cette biomasse pourrait-elle arriver à nous chauffer ?
Michel Riotte
Je crois qu’on peut l’imaginer, puisqu’on a déjà fait quelques essais. On mélange sur des chauffages urbains qui utilisent du charbon, on mélange environ 20 % de boue, et on a absolument le même résultat qu’avec le charbon.
Florence Mavic
Mais le réservoir de biomasse le plus important, c’est ici qu’on le trouve, dans la forêt française, et plus précisément, dans les scieries. Entre l’arbre et la planche, des montagnes de sciures et de copeaux s’accumulent.
André Celle
Dans un arbre, il faut savoir qu'il y a à peu près, hé bien, je dirais 30 % de déchets, 30 à 40 % de déchets qu’on peut réutiliser.
Florence Mavic
Dans ce village de Haute-Loire, la scierie revend ses déchets à l’usine de transformation voisine. Là aussi, on a choisi le granulé pour valoriser cette ressource.
Bernard Chapon
On a un combustible qui est effectivement prêt à être utilisé et qui va permettre une grande performance, un très bon rendement très rapidement.
Florence Mavic
Une partie du village a troqué le chauffage au fioul contre ce type de combustible. La facture énergétique est divisée par deux. Et dans un futur proche, nos voitures pourraient même rouler avec un biocarburant de deuxième génération issu du bois.