La France et les projets d'éoliennes en mer

11 juillet 2011
01m 43s
Réf. 05508

Notice

Résumé :

Dans cet extrait du journal de 20h de France 2, le journaliste Nicolas Chateauneuf, présent sur le plateau, propose une explication rapide du grand projet français d'installation d'éoliennes en mer à l'aide d'images de synthèse et de quelques images réelles.

Date de diffusion :
11 juillet 2011
Source :
A2 (Collection: 20 heures )
Lieux :

Contexte historique

En 2008, les pays de l'Union européenne prennent l'engagement d'accroître la production d'énergie provenant de ressources renouvelables. En France, cet engagement prend la forme d'un objectif chiffré : la consommation intérieure d'énergie devra provenir à 23% de ressources renouvelables à l'horizon 2020. On considère qu'une ressource énergétique est renouvelable lorsqu'elle est exploitable sans limite de durée à l'échelle humaine. Les éoliennes en mer produisent de l'électricité à partir du vent qui fait tourner les pales de ce dispositif, le vent est une ressource exploitable sans limite de durée, elles produisent donc une énergie que l'on pourra qualifier de renouvelable dans le langage courant. Leur emplacement particulier possède des avantages et des inconvénients. En effet, bien que les coûts de construction soient plus élevés en mer que sur terre, l'éolien en mer ou offshore permet d'avoir un rendement plus important car la vitesse du vent y est plus importante et plus régulière.

En 2011, la production primaire d'énergies renouvelables (électriques et thermiques) s'élève à 14,0% de la production énergétique nationale. L'éolien (uniquement terrestre en 2011 en France) y contribue à hauteur de 1,1 Mtep sur 139 Mtep. En 2011, la France décide d'investir dans l'éolien en mer à la suite d'autres pays du Nord de l'Europe. Nous pouvons citer parmi les plus grands parcs éoliens en mer celui de Anholt (Danemark) ou celui de Thorntonbank (Belgique), mais c'est le Royaume-Uni qui dispose en 2013 (deux ans après le tournage de cette édition du 20h) de la plus grande capacité d'éoliennes offshore avec une puissance installée de 2948 MW, ce qui correspond à une énergie convertie de l'ordre de 2 Mtep par an.

Remarque : L'unité conventionnelle de l'énergie est le Joule (J), mais lorsqu'il est question de consommation ou de production d'énergie au niveau d'un pays, les quantités sont très importantes, il est donc plus aisé d'utiliser comme unité la tonne équivalent pétrole (tep). 1tep correspond à l'énergie produite par la combustion d'une tonne de pétrole, elle est équivalente à 41,86 GigaJoule. On utilise aussi Mtep qui correspond à un million de tonnes équivalent pétrole. On utilise aussi pour toutes les productions d'électricité le Wattheure de symbole Wh. La conversion de tep en Wh qui est aussi appelé Whélectrique dépend du processus de conversion utilisé, en première approximation et hors nucléaire et géothermie nous pouvons considérer que 1TWh électrique correspond à 86 ktep.

Fatima Rahmoun et Sophie Edouard

Éclairage média

Dans cette vidéo extraite du journal de 20h de France 2 de juillet 2011, et alors que la France vient de lancer son premier appel d'offre de grande ampleur sur l'éolien en mer, le journaliste Nicolas Chateauneuf répond aux trois grandes questions formulées par le présentateur David Pujadas. Ces trois questions structurent cette vidéo.

La première question est : « Où seront installées ces éoliennes ? ». La réponse du journaliste est accompagnée d'une carte de France située derrière lui où le nom des cinq sites concernés par l'appel d'offre apparaissent sur la carte. Le propos se veut très pédagogique, on peut souligner le chiffre de 600 éoliennes qui, à un moment du reportage, prend toute la place sur la carte. Le journaliste insiste même sur l'importance de ce projet en précisant qu'il évoluera l'année prochaine pour 1 200 éoliennes. Ce chiffre est-il là pour faire oublier que la France, en 2011, ne compte aucun parc éolien en mer en fonctionnement, contrairement à ses voisins immédiats comme le Royaume-Uni ou la Belgique ?

La deuxième question est « De quel type d'engins s'agit-il ? ».

Là encore, le journaliste apparaît en incrustation sur une très belle image de synthèse où les pales des éoliennes tournent lentement et régulièrement, les informations sont précises et le commentaire audio suit le défilement des images à l'écran, même pour la comparaison avec la Tour Eiffel. Puis nous passons à des images réelles qui donnent la vraie mesure de ces géantes. Le journaliste évoque les avantages comme la plus grande puissance et régularité du vent, et les inconvénients, en particulier le coût de l'entretien. La dernière image de cette partie où on voit un bateau-grutier à proximité de l'éolienne symbolise bien ce propos.

La dernière question est « Est-ce que tout cela est rentable ? ».

Nous revenons sur la très belle image de synthèse des éoliennes qui continuent de tourner tranquillement, et le journaliste propose des pistes de réponse qui, comme dans la première partie, s'affichent à l'écran. Il rappelle que, de toute façon, la France n'a pas vraiment le choix pour atteindre l'objectif des 23% d'énergie renouvelable qu'elle s'est fixé pour 2020 : sans l'éolien offshore, ce chiffre paraît difficile à tenir.

Le reportage se termine par une image de ligne d'éoliennes offshore dans le brouillard et par un commentaire du journaliste sur le fait que l'éolien offshore suscite moins de polémique que l'éolien terrestre... Ce dont on peut raisonnablement douter.

Fatima Rahmoun et Sophie Edouard

Transcription

David Pujadas
… Bonsoir Nicolas Châteauneuf, vous nous avez rejoints. D’abord, où seront installées ces éoliennes ?
Nicolas Châteauneuf
Alors pour l’instant, David, cinq sites ont été retenus, ils sont tous sur la façade atlantique ou dans la Manche. Vous en avez à Saint-Nazaire, à Saint-Brieuc, également à Fécamp, à Courseulles-sur-Mer et au Tréport. En tout, cela représente 600 éoliennes et le plus gros parc qui sera donc au Tréport comptera environ 150 éoliennes. Attention, ce n’est qu’une première étape. Dans un an, un deuxième appel d’offres sera lancé pour doubler cette capacité de 600 éoliennes à 1 200 éoliennes.
David Pujadas
De quel type d’engins s’agit-il ?
Nicolas Châteauneuf
Alors, les éoliennes en mer, David, sont des monstres, elles sont plus grandes que leurs petites sœurs à terre. Le mat peut faire jusqu’à 90 mètres de haut et les pales près de 60 mètres. Une éolienne off-shore pèse 815 tonnes et si on pouvait mettre la Tour Eiffel à côté, comme on l’a fait ici, hé bien, elles arriveraient à peu près à mi-hauteur. Alors, l’avantage, c’est qu’en mer, le vent est plus puissant et plus régulier, donc la production électrique est bien meilleure. L’inconvénient, c’est que leur installation et leur entretien coûtent également beaucoup plus cher.
David Pujadas
Dernière question précisément, est-ce que tout cela est rentable ?
Nicolas Châteauneuf
Alors ça, David, c’est vraiment une grande question, hein ! Il n’y a pas vraiment de réponse simple. Pour avoir un ordre de grandeur, ces 600 éoliennes vont coûter 10 milliards d’euros. Ce sera financé par le consommateur, vous et moi, sur la facture. Elles vont produire assez d’électricité pour alimenter 2 250 000 foyers, leur puissance installée sera équivalente à celle de deux réacteurs nucléaires [?]. Et puis, finalement, David, on n’a pas vraiment le choix. En 2020, la France s’est fixé comme objectif d’atteindre 23 % d’énergie renouvelable, impossible d’y arriver sans l’éolien. Or, à terre, les éoliennes sont de plus en plus contestées, alors qu’en mer, les choses sont, pour l’instant, un peu plus faciles.
David Pujadas
Merci, Nicolas, pour ces explications.