Une femme à l'Académie des Sciences

07 janvier 1980
02m 29s
Réf. 05603

Notice

Résumé :

Lors de la cérémonie de réception des 20 nouveaux membres de l'Académie des Sciences, élus quelques mois plus tôt, le reportage présente un nouveau membre très particulier : une femme. On peut suivre également une partie du discours du Président Giscard d'Estaing lors de la cérémonie, qui rappelle l'importance de la recherche scientifique pour la France.

Date de diffusion :
07 janvier 1980
Source :
A2 (Collection: JA2 20H )
Lieux :

Contexte historique

Yvonne Choquet-Bruhat est née en 1923. Elle obtient son baccalauréat en 1941 et reçoit le second prix du Concours Général de Physique la même année. En 1946, elle obtient l'agrégation de Mathématiques. Elle est d'ailleurs major de sa promotion (exclusivement féminine). Yvonne Choquet-Bruhat enseigne à l'Ecole Normale Supérieure à partir de 1946.

De 1949 à 1951, elle travaille au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et obtient son doctorat. Après un passage aux Etats-Unis à l'« Institute for Advanced Study » de l'Université de Princeton, elle devient, en 1953, maître de conférences à la Faculté des Sciences de Marseille. En 1958, elle obtient la Médaille d'argent du CNRS.

De 1958 à 1959, elle enseigne à la Faculté des Sciences de Reims. Elle est ensuite titulaire de la chaire de mécanique analytique et mécanique céleste de la Faculté des Sciences de Paris. En 1971, elle intègre l'Université Pierre et Marie Curie de Paris qu'elle quittera lors de son départ en retraite en 1992.

Elle est la première femme à avoir été élue membre de l'Académie des Sciences le 14 mai 1979. La première femme correspondante de l'Académie des sciences est Marguerite Perey en 1962. L'Académie refusa en particulier Émilie du Châtelet et Marie Curie (malgré son prix Nobel de physique en 1903).

De 1980 à 1983, Yvonne Choquet-Bruhat est présidente du Comité international de relativité générale et gravitation. En 1985, elle est élue membre de l'American Academy of Arts and Sciences. Elle est nommée Grand officier de la Légion d'honneur en 2008.

Les recherches d'Yvonne Choquet-Bruhat sont à la frontière entre la physique et les mathématiques. Elle a notamment réussi à faire avancer le calcul des ondes gravitationnelles émises lors de l'effondrement et la fusion de deux trous noirs.

Fatima Rahmoun et Sophie Edouard

Éclairage média

Le lancement plateau est un peu particulier. Des images extraites du reportage à venir sont projetées derrière le présentateur. A chaque fois que Patrick Poivre d'Arvor introduit une nouvelle personnalité, l'image change. Ce dispositif est destiné à aider le téléspectateur à suivre le résumé du journaliste.

Le journaliste explique que l'Académie des Sciences est peu connue du grand public mais qu'elle est au travail. Il semble donc que ce reportage cherche à montrer une Académie des Sciences ancrée dans la réalité et la modernité, réformée 4 années plus tôt. Donner sa place aux femmes au début des années 1980 semble pouvoir lui permettre d'atteindre son objectif. Et pourtant, la cérémonie semble venir d'un temps fort éloigné.

Le caméraman recherche Yvonne Choquet-Bruhat et la trouve. Ce mouvement de caméra n'est cependant pas très esthétique. Puis, c'est le moment de gloire pour Yvonne Choquet-Bruhat qui est très applaudie. On peut distinguer une rangée entière de femmes assistant à la cérémonie. On ne peut que se demander qui elles sont. Sont-elles des scientifiques ou des femmes de scientifiques ?

Le journaliste superpose son commentaire sur la présentation des recherches de la scientifique et nous empêche de bien comprendre la nature de ses travaux. Le journaliste considère que la situation familiale de la scientifique est plus importante que ses travaux, ce qui ne peut qu'exaspérer tout téléspectateur qui s'intéresse aux sciences.

Les seules questions posées à Yvonne Choquet-Bruhat par le journaliste concernent d'ailleurs ses enfants ! A la fin de cette interview, on aura droit à un gros plan sur la fille de la scientifique qui semble s'intéresser à la médecine, du haut de ses 13 ans.

Le plan suivant présente la magnifique coupole de l'Institut de France. Le reportage se termine sur une partie du discours du Président Giscard d'Estaing. Il demande à ce qu'un dialogue entre la science et la société s'instaure afin de permettre à la France de bien se développer dans les années à venir.

Ce reportage est très particulier dans sa manière de traiter les femmes et la science. Définitivement, nous ne sommes plus dans les reportages sur les icônes de la science comme Marie Curie ou sa fille Irène Joliot-Curie. Mais nous sommes encore très loin des reportages datant des années 2000 sur Claudie Haigneré (voir Claudie Haigneré se prépare à son second voyage spatial) ou Valérie Masson-Delmotte (voir Réchauffement climatique : la vision des chercheurs) où on montre des femmes scientifiques au travail, en laissant de côté leur vie privée.

Fatima Rahmoun et Sophie Edouard

Transcription

Patrick Poivre-d’Arvor
Une femme à l’Académie des Sciences, elle a fait son entrée aujourd’hui sous la Coupole avec 19 autres académiciens. Cette cérémonie s’est déroulée en présence du Chef de l’Etat, qui en a profité pour rendre hommage à ce qu’il appelle la première richesse de la France, c’est-à-dire l’intelligence. L’Académie des Sciences est parfois mal connue, mais elle travaille efficacement. Témoins, ces deux derniers rapports importants sur la biologie et sur l’accident de la centrale nucléaire américaine de Three Mile Island.
(Bruit)
Philippe Dumez
Il y a trois siècles environ que l’Académie des Sciences a été créée. Depuis sa réforme en 76, deux femmes avaient failli y rentrer. Madame Choquet-Bruhat, elle, a été élue le 14 mai dernier.
(Bruit)
Philippe Dumez
Dans tous les centres de recherches en France, les femmes côtoient les hommes avec autant de réussites, mais c’est la première fois que des scientifiques acceptent une femme dans leur académie.
Intervenant
Yvonne Choquet-Bruhat, Professeur à l’Université Pierre et Marie Curie, qui a marqué profondément la physique mathématique de son temps par l’obtention de résultats difficiles, notamment en relativité générale grâce à sa parfaite maîtrise...
Philippe Dumez
Cette femme brillante est aussi mère de famille. Une famille où la science tient une grande place.
(Bruit)
Yvonne Choquet-Bruhat
Oui, trois, trois enfants, deux filles et un garçon.
Philippe Dumez
Ils vont faire eux aussi également de la physique ?
Yvonne Choquet-Bruhat
Mon fils s’intéresse beaucoup à la physique. Ma fille a 13 ans, elle a 13 ans, elle est encore un peu jeune pour savoir ce qu’elle veut faire, elle pense à la médecine. Je pense que c’est quelque chose très passionnant également.
(Bruit)
Philippe Dumez
Sous la Coupole, le Président de la République est venu pour dire son attachement à la recherche pour l’avenir de la France, qui dépendra largement de ses capacités d’invention.
Valéry Giscard-d’Estaing
La prise en compte du futur scientifique et de la durée pour éclairer les décisions en matière de recherches ne suffit pas. Il faut aussi organiser le dialogue entre le développement spontané des sciences et des techniques et les principaux problèmes que la société et l’économie française auront à affronter au cours des prochaines années. C’est pourquoi il est nécessaire qu’un dialogue soit ouvert entre la science et la société, entre la recherche et le monde socio-économique.

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